Echos de Paris / Quartiers « Château d’eau – Saint Denis – Château rouge » Cette semaine à Paris, l’annonce du massacre à l’arme blanche de nos compatriotes du Sud-Kivu, a suscité une émotion telle que dans les « Nganda » et autres salons de coiffure, les discussions politiques ont enfin repris le dessus sur les traditionnels débats autour de nos artistes musiciens. Ce regain d’intérêt pour la chose publique, se fait au détriment du Président Kabila et du gouvernement dans son ensemble. En effet, parmi nos compatriotes, nombreux sont ceux qui dénoncent les atermoiements du pouvoir central, notamment par rapport aux forces négatives qui sévissent dans cette partie du territoire national. La position du gouvernement ne cesse d’osciller entre une offensive militaire d’envergure et une sortie de crise négociée. Il n’en fallait pas davantage pour voir resurgir le débat sur les prétendues origines rwandaises et pour dénoncer les accointances supposées ou réelles avec les autorités du Rwanda. Sous le coup d’un mandat d’arrêt international, laurent Nkunda tue, viole, sème désolation et terreur dans les terres des hauts plateaux. Le Rwanda voisin fournit toute la logistique, tout comme il met à disposition également ses experts militaires au service de cette rébellion qui couve sur le territoire congolais. Nos compatriotes de la diaspora s’interrogent sur la véritable stratégie des autorités de Kinshasa, par rapport à la situation qui prévaut à l’est. - Une stratégie qui manque de lisibilité : De la fermeté du départ « pas de négociation avec un rebelle sous mandat d’arrêt international » a succédé des tractations entre émissaires du gouvernement et le dirigeant rebelle à Kigali, sous l’égide d’un drôle de parrain, en la personne de James Kabarebe. Le compromis politique qui en résultera, conduira au départ des brigades brassées des FARDC au profit des troupes « mixées ». - Deux poids deux mesures : Nos compatriotes se posent la question de savoir pourquoi lorsqu’il a fallu ramener Jean-Pierre Bemba à des meilleurs sentiments, le gouvernement a fait preuve d’une fermeté sans précédent. Pour mater la manifestation du mouvement « Bundu dia Kongo », le gouvernement a su montrer sa poigne de fer, Alors que le même gouvernement tergiverse face à un dirigeant rebelle qui tue et sème la désolation au Kivu et qui défie de manière constante, le pouvoir central. Il n’en fallait pas davantage pour voir ressurgir la thèse d’un complot ourdi de longue date, entre Kabila et les autorités du Rwanda et qui consisterait en la cession pure et simple des hauts plateaux du Kivu au Rwanda voisin. Cette thèse réactive par la même occasion, les discours autour des origines supposées douteuses du Président Kabila. La diaspora ne comprend pas non plus comment le Chef de l’état peut-il abandonner toute une province qui a voté si massivement en sa faveur lors de deux tours du scrutin présidentielle Echos de Paris / Quartiers « Château d’eau – Saint Denis – Château rouge »