Environ un mois et demi après la conférence de presse du Palais de la Nation, le remaniement de l’équipe gouvernementale annoncée tarde à venir. Les nominations dans les Entreprises Publiques aussi. Parmi les raisons avancées à la présidence de la République, la guerre au Nord-Kivu, l’intense activité diplomatique du Chef de l’Etat, les conclusions de l’évaluation de l’action du Gouvernement, etc. Des sources ont confirmé à La Prospérité que ce sera chose faite dès le retour de Joseph Kabila de Washington où il rencontre demain vendredi son homologue américain, Georges Bush. C’est demain vendredi 26 octobre que le Président congolais, Joseph Kabila, sera reçu par son homologue américain Georges W. Bush. Un communiqué du ministère rd-congolais des Affaires Etrangères annonce que les deux hommes auront à aborder des questions liées au « succès du Gouvernement de la RDC depuis les élections de 2006 et aux défis à relever pour un Congo futur ». Des questions relatives à la sécurité, à la réforme et au développement de l’économie seront aussi abordées. Certaines sources ont laissé entendre que Joseph Kabila profiterait de son déplacement de Washington pour poser le problème de la levée de l’embargo sur les armes qui frappe la RDC depuis près d’une décennie. En politique intérieure, l’opinion se souvient des affirmations du Président lors de sa conférence de presse du 13 septembre au palais de la Nation. Joseph Kabila avait levé l’équivoque sur la question du réaménagement technique ou du Gouvernement ainsi que celle des nominations très attendues dans les Entreprises Publiques et Régies financières. Toutes ces questions étaient liées aux conclusions de l’évaluation des animateurs. Plus d’un mois et demi s’est écoulé et le Président n’y est plus revenu. A la présidence, on ne manque pas de justificatifs. La guerre au Nord-Kivu en est pour beaucoup, dit-on. Joseph Kabila a par deux fois séjourné à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Un Conseiller du Président a précisé que la question de l’insécurité à l’Est du pays est tellement importante que le Chef de l’Etat s’y occupe personnellement. Comme si cela ne suffisait pas, il y a eu ce crash d’Antonov 26, le 4 octobre à Kingasani ya Suka, fauchant la vie à une cinquantaine de personnes. La gestion des conséquences du crash s’est révélée plus difficile que certains ne se l’étaient imaginés. Le ministre des Transports et Voies de Communication, M. Remy Henri Kusevo y a laissé sa peau. Et le ministre d’Etat près le Président de la République, M. Nkulu Kilombo, serait tombé n’eût été la montée du Chef de l’Etat au front. La motion de défiance initiée par le Député Delly Sessanga était à prendre au sérieux, car susceptible d’éclabousser toute l’institution exécutive nationale. Pendant ce temps, sur le front diplomatique, il n’y avait guère de répit. Joseph Kabila, secoué par un conflit militaire à l’Est, devait défendre la ligne du Gouvernement à la 62ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York. Kabila a prononcé du haut de la tribune des Nations Unies un discours fort remarquable. En même temps, il fallait préparer la rencontre de la Maison Blanche. Au plan sous-régional, le Président Kabiba a signé des accords de coopération avec Pretoria, Kampala et Luanda. Dans un prochain avenir, ce sera le tour d’autres pays de la sous-région comme la Zambie, le Burundi, etc. Voici des raisons qui expliquent, selon l’entourage du Président, le statu-quo actuel. Ceux-ci ajoutent que c’est à son retour de Washington que le Président va se dédouaner vis-à-vis de l’opinion qui attend de lui qu’il tienne parole. Il faut à tout prix remettre de l’ordre dans la boutique. S’agissant du remaniement ministériel, des sources continuent d’affirmer qu’il sera procédé à la réduction du nombre des membres dans la prochaine équipe gouvernementale. Plusieurs sources s’accordent à dire que Gizenga conservera son poste de Premier ministre, au nom d’un accord électoral qui le lie au Chef de l’Etat, et qu’en contrepartie, certains de ses proches collaborateurs devraient subir les effets de la cure d’amaigrissement qui s’impose. Le Budget de l’Etat est maigre, la République n’a pas assez de moyens pour soutenir une équipe éléphantesque mais peu efficace. L’exemple devait venir d’en haut. L’idée, c’est de comprimer les dépenses à partir de l’exécutif et voir dans quelle mesure appliquer les mêmes principes dans d’autres institutions. Dans cette réduction de l’effectif du Gouvernement, on devrait partir de 60 à 40 membres. Une façon de dire que les partis de la coalition n’ont qu’à revoir à la baisse leurs ambitions. Des bois morts seront écartés sans autre forme de procès et remplacés par des vertébrés. Surtout que le Président place l’année 2008 sous le signe de la relance. Il I’a dit à Jeune Afrique. Source : La Prosperité