KINSHASA, 30 oct 2007 (AFP) - Une organisation congolaise de défense de la presse a dénoncé dans un communiqué la brève interpellation mardi par la police de 11 journalistes venus couvrir un rassemblement de quelques opposants à Kinshasa. Journaliste en danger (JED) "s'inquiète de la recrudescence des actes de violence contre des journalistes en pleine exercice de leur métier par des représentants de la puissance publique" en République démocratique du Congo. JED affirme qu'au moins un des journalistes a reçu un coup de crosse de fusil sur le crâne lors de l'intervention des forces de l'ordre. Les onze journalistes, travaillant pour différents médias privés de Kinshasa, étaient venu couvrir une manifestation regroupant une quinzaine d'opposants. Ces manifestants, qui se présentaient eux-mêmes comme membres de "l'opposition extra-parlementaire", s'étaient réunis devant l'Assemblée nationale à l'appel de Gaston Dindo. Exclu de l'Union pour la démocratie et la progrès social (UDPS) de l'opposant historique Etienne Tshisekedi - qui a boycotté les élections générales de 2006 -, M. Dindo est un ancien membre de l'Union pour la nation (UN), plate-forme électorale de l'opposant Jean-Pierre Bemba, adversaire malheureux du président Joseph Kabila à la présidentielle. Ce petit groupe d'opposants, dont la manifestation n'avait "pas été autorisée", voulaient déposer un "mémorandum" à l'Assemblée, indique JED. Les journalistes "ont été libérés au bout d'une heure", mais certains de leurs effets personnels "leur ont été confisqués", selon l'ONG, qui précise que leur matériel professionnel leur a été rendu. JED rappelle que "les journalistes ont le droit de couvrir toute manifestation publique, autorisée ou non, qui présente un intérêt pour les médias".