GOMA (RDC), 5 nov 2007 (AFP) - Deux personnes ont été tuées et plusieurs blessées lundi par la police qui tentait de disperser une manifestation des déplacés au Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), selon un nouveau bilan communiqué à l'AFP par les autorités locales. "Deux manifestants dont un élève ont été tués et au moins onze blessés parmi lesquels six dans un état grave à la suite de la répression par la police d'une marche pacifique" des déplacés, a déclaré à l'AFP le président de l'Assemblée provinciale du Nord-Kivu, Léon Bariyanga Rutuye. Un précédent bilan fourni par l'administration provinciale faisait état d'un mort et de plusieurs blessés. Cet incident s'est produit à Rutshuru, à près de 50 km au nord de la capitale du Nord-Kivu. La manifestation, à laquelle étaient également associés des élèves, a rassemblé des centaines de déplacés qui réclamaient de l'assistance humanitaire et s'est dirigée jusqu'à Kiwanja, à 5 km au nord de Rutshuru centre, devant les installations de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc). Selon un habitant de Kiwanja, Christophe Tawite, joint au téléphone, les manifestants ont érigé des barricades sur les routes et brisé des pare-brises de quelques véhicules de la Monuc, paralysant toutes les activités dans le chef-lieu du territoire de Rutshuru. Les commerces étaient fermés et le trafic entre Rutshuru centre et Goma interrompu, a-t-on indiqué de source proche de la Monuc. Selon les autorités locales, les élèves demandaient l'intervention de l'ONU pour ramener la paix troublée dans leurs villages en vue de leur permettre de regagner leur milieu d'origine et faire la rentrée des classes. Environ 5.000 familles de Jomba et de ses environs ont fui les affrontements entre les insurgés ralliés au général tutsi déchu Laurent Nkunda et la milice locale Maï-Maï. Depuis la fin août, les Forces armées congolaises (FARDC), qui ont massé quelque 20.000 hommes au Nord-Kivu, y combattent des soldats insurgés ralliés au général Nkunda, mais aussi des miliciens Maï Maï souvent alliés aussi aux rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), deux groupes hostiles à Laurent Nkunda. Source : AFP