Le village de Kalembe, situé dans le territoire de Masisi, à près de 100 km à l’Ouest de Goma, est passé le dimanche 4 novembre 2007 sous contrôle des milices Maï-Maï. Selon des sources militaires de cette zone, ces milices y ont délogé des éléments armés du CNDP, rapporte radiookapi.net. Ces derniers, rappelle-t-on, avaient conquis Kalembe et Kashuga vendredi dernier, chassant les FDLR et les Maï-Maï qui occupaient ces deux villages depuis très longtemps. Les combats ont occasionné le déplacement de plus de 2.000 personnes qui sont arrivées à Nyanzale, à 150 km à l’Ouest de Goma. Les éléments de la police qui étaient déployés dans ces deux localités étaient parmi les déplacés. Les groupes armés qui sèment l’insécurité au Nord-Kivu sont chaque jour de plus en plus nombreux. Leurs objectifs sont diamétralement opposés. La seule chose qui les unit semble être tout simplement le malheur de la population. Dans le cas actuel, on voit bien combien ces mouvements armés se font la guerre et se délogent des localités où ils sont installés. On dirait que chaque groupe ne travaille que pour ses intérêts. DES DEPLACES EN ERRANCE La province du Nord-Kivu est confrontée quotidiennement aux affrontements armés provoqués par les groupes armés dont celui du général déchu Laurent Nkunda. Il y a également les éléments hutu du Front démocratique pour la libération du Rwanda (FDLR) qui sont installés depuis plus d’une décennie dans cette partie Est de la RDC. Ils refusent de retourner au Rwanda où ils sont accusés de génocide. Ils ont pour collaborateurs les Rasta. Il faut noter aussi les mouvements des compatriotes Maï-Maï qui opèrent d’une façon désordonnée et déclarent lutter contre les insurgés de Laurent Nkunda. A considérer la situation sur place et en suivant les humanitaires congolais et étrangers, c’est la population civile du Nord-Kivu qui est persécutée. En effet, les affrontements entre les insurgés et les soldats des Forces armées de la RDC (FARDC) ont déjà provoqué le déplacement de près d’un demi-million de personnes qui errent chaque jour. Les pillages, vols et surtout les viols sont le lot de la population qui ne sait pas exactement quand et comment la sécurité et la paix durables vont revenir dans cette province. C’est pour parvenir à cette solution que le gouvernement et la communauté internationale se sont montrés préoccupés ces deniers jours par cette situation. Ainsi, après le président de la République qui a séjourné au Nord-Kivu, différentes délégations se sont succédé à Goma pour contacter les belligérants et la population à la base. La dernière délégation en date est celle du secrétariat général des Nations unies conduite par M Menkerios qui s’est rendue à Goma dimanche. Elle envisage de se rendre dans les pays limitrophes, notamment au Rwanda et en Ouganda, deux pays accusés de soutenir les insurgés en RDC. Droits de reproduction et de diffusion réservés © Le Potentiel 2005 Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions. Source : Le Potentiel