KINSHASA, 11.11.07 - Le Congo démocratique et le Rwanda ont conclu un accord visant à désarmer par la force les rebelles hutus réfugiés dans l'est de la RDC. Cet accord, annoncé par un communiqué commun, devrait réduire la tension entre Kinshasa et Kigali. Les rebelles hutus, dont les membres des Forces armées rwandaises (Far, ex-armée au pouvoir à Kigali) et les miliciens "Interahamwe" tenus pour responsables par Kigali du génocide anti-tutsi de 1994 au Rwanda, figurent parmi plusieurs mouvements armés qui continuent de déstabiliser l'est de l'ancien Zaïre. Depuis le début de l'année, plus de 370.000 personnes ont fui les affrontements entre l'armée gouvernementale congolaise, les rebelles à prédominance tutsie et les insurgés hutus rwandais. "Le gouvernement de la République démocratique du Congo s'engage à lancer des opérations militaires d'urgence pour démanteler les ex-Far-"Interahamwe" considérés comme une organisation militaire génocidaire en RDC", lit-on dans le communiqué commun. L'accord annoncé fait suite à une rencontre organisée à Nairobi entre les ministres des Affaires étrangères de la RDC et du Rwanda. Aux termes de cet accord, Kinshasa préparera un plan détaillé d'ici le 1er décembre, avec le soutien de la Mission de l'Onu au Congo (Monuc), pour désarmer les rebelles. PRETEXTE A DEUX INTERVENTIONS Kigali s'engage, de son côté, à partager avec la RDC et la Monuc une liste d'individus accusés par le Rwanda d'avoir orchestré le génocide du printemps 1984 qui a fait 800.000 morts dans les rangs de la minorité tutsie et chez les modérés Hutus. Le chef de la diplomatie rwandaise, Charles Murigande, a également accepté de boucler la frontière de son pays avec l'ex-Zaïre et de s'assurer qu'aucun groupe armé interdit - et tout particulièrement les hommes du général renégat Laurent Nkunda, un Tutsi congolais - ne reçoive un soutien transfrontalier. Le Rwanda accuse depuis longtemps les autorités de Kinshasa d'abriter les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). L'armée gouvernementale congolaise se bat, de son côté, dans le Nord-Kivu depuis août contre les troupes du général Nkunda, qui est revenu sur un accord de réconciliation passé en janvier avec Kinshasa. Des responsables militaires de RDC accusent Kigali de soutenir Nkunda, qui a pris le maquis en 2004 en compagnie de deux brigades de l'armée régulière. Le maintien de la présence dans l'est de la RDC des FDLR, qui se sont enfuies du Rwanda après le génocide de 1994, a servi de prétexte à Kigali pour justifier deux interventions militaires