KINSHASA, 15 nov 2007 - Les principaux syndicats de l'administration publique en République démocratique du Congo (RDC) ont décidé de suspendre une grève déclenchée le 6 novembre pour exiger l'amélioration de conditions de vie des agents de l'Etat, a-t-on appris jeudi de source syndicale. "A la suite d'un protocole d'accord signé mercredi entre le gouvernement et l'Intersyndicale nationale du secteur public sur l'application du premier palier de Mbudi, nous avons décidé de lever le mot d'ordre de grève", a déclaré jeudi à l'AFP Kibiswa Naupess, coordonnateur de l'Intersyndicale. En 2004, gouvernement et syndicats s'étaient mis d'accord à Mbudi (localité proche de Kinshasa) sur un nouveau barème salarial qui fixait le traitement mensuel d'un huissier - la plus basse catégorie de fonctionnaires - à 208 dollars et celui d'un secrétaire général d'administration à 2.080 USD. Ce barème n'avait toutefois pas été appliqué et au terme de nouvelles négociations fin 2006, le gouvernement avait accepté d'augmenter progressivement les salaires sur une fourchette allant de 70 à 700 USD. Selon le protocole signé mercredi soir à Kinshasa - dont l'AFP a obtenu une copie -, les deux parties ont convenu de l'application "dès décembre 2007" du barème négocié en 2006 pour la plus basse catégorie, avec "effet rétroactif à partir du mois d'octobre". Pour les autres catégories, l'augmentation salariale sera progressive, jusqu'à atteindre les 124 USD mensuels, l'Etat étant pour le moment incapable, du fait de contraintes budgétaires, de respecter l'engagement de 2006. Les deux parties se sont engagées à poursuivre les négociations pour revoir à la hausse le barème global dans le cadre du budget 2008. "Nous savons que le gouvernement n'a pas la culture de respecter ses engagements. Mais nous allons le pousser à honorer ce qui vient d'être convenu en exerçant des pressions", a poursuivi Kibiswa Naupess. Pour sa part, le coordonnateur du syndicat de l'Enseignement supérieur et universitaire, Faustin Mputu, a appelé les membres de son secteur à "rester prudents et vigilants", maintenant un arrêt de travail de cinq jours entamé le 13 novembre.