KINSHASA, 19 nov 2007 - La Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) a annoncé lundi avoir déployé samedi une base mobile à Mushake, au Nord-Kivu (est), permettant la reprise du trafic sur un important axe routier pour l'approvisionnement de la capitale provinciale Goma. "Nous avons déployé samedi une base mobile à Mushake (à plus de 30 km au nord-ouest de Goma), avec une centaine de Casques bleus, pour veiller à la libre circulation des biens et des personnes sur l'axe reliant Goma à Masisi (à plus de 60 km)", a déclaré à l'AFP Sylvie van den Wildenberg, porte-parole de la Monuc au Nord-Kivu. "Les camions circulent à nouveau librement sur cet axe", a-t-elle ajouté. Cette route a été partiellement coupée pendant plusieurs semaines par des soldats insurgés ralliés au général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda, qui avaient érigé une barrière au niveau de Mushake, imposant des taxes aux transporteurs et laissant passer au compte-goutte des camions de vivres à destination de Goma. Ce "blocus" avait été vivement dénoncé par les commerçants de Goma et par la Monuc, qui avait rappelé que "le fait d'affamer des populations, de s'attaquer à des installations ou des biens civils, est un crime de guerre". Depuis la fin août, les FARDC, qui ont massé environ 20.000 hommes au Nord-Kivu, combattent quelque 4.000 soldats insurgés ralliés à Nkunda sur plusieurs fronts, dans les territoires de Rutshuru (nord de Goma) et de Masisi (nord-ouest), où l'ex-général a établi ses bastions. La Monuc, qui a déployé environ 4.500 de ses 17.600 Casques bleus au Nord-Kivu, a établi trois bases opérationnelles mobiles dans la province, à Kilolirwe, près d'une des bases de Nkunda dans le Masisi, à Tchengerero (territoire de Rutshuru) et à Mushake, pour protéger les populations civiles dans des sites sensibles. Le déploiement de la base mobile de Tchengerero, à environ 50 km au nord de Goma, a favorisé le retour d'environ 5.000 civils déplacés, qui avaient fui des combats dans ce secteur fin octobre, selon l'ONU. "Ces bases peuvent à tout moment servir à accueillir des soldats dissidents qui choisissent de déposer les armes", a rappelé Mme van den Wildenberg. Tutsi congolais, Nkunda se pose en défenseur de sa minorité contre les rebelles hutus rwandais, estimés à 6.000 par l'ONU. Certains de ces rebelles ont participé au génocide rwandais de 1994, essentiellement dirigé contre les Tutsis. En dépit de la reddition de plus d'un millier de ses hommes depuis septembre, Nkunda refuse de désarmer. Le président congolais Joseph Kabila a donné le "feu vert" aux FARDC pour désarmer de force les combattants récalcitrants d'ici à la fin de l'année. Depuis la fin 2006, les violences ont entraîné le déplacement forcé de quelque 375.000 civils au Nord-Kivu. haut de page