KINSHASA, 18 nov 2007 - Une pétition contre la révision de la Constitution de la République démocratique du Congo (RDC) a été lancée officiellement dimanche à Kinshasa à l'initiative d'un groupe de journalistes congolais, a constaté l'AFP. Cette campagne intervient deux semaines après une proposition de révision constitutionnelle co-signée par 310 députés membres de la mouvance présidentielle et déposée au bureau de l'Assemblée nationale. "Nous estimons que la proposition de révision de la Constitution est une initiative intempestive et rétrograde qui risque de ramener le pays en arrière", a déclaré Jean-Bédel Iyoka, l'un des initiateurs de cette campagne et journaliste d'une chaîne de télévision privée de Kinshasa. Selon M. Iyoka, l'action a déjà recueilli 34.000 signatures notamment auprès des étudiants, des militants de partis d'opposition et des agents de l'administration publique. "Nous continuons à récolter des signatures pour nous conformer à la Constitution et déposer notre pétition à l'un des bureaux de deux chambres du parlement", a-t-il précisé. Pour les initiateurs de la pétition, une éventuelle révision de cette Constitution - promulguée en février 2006 - risquerait de "déstabiliser la démocratie naissante en RDC qui, depuis son indépendance en 1960, a connu 34 lois constitutionnelles sans résoudre les problèmes fondamentaux" du pays. La révision de l'article 152 de la Constitution, telle que souhaitée par les 310 députés du camp du président Joseph Kabila permettrait au chef de l'Etat et au ministre de la Justice de faire partie du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Les députés de l'Alliance de la majorité présidentielle (AMP) réclament aussi la révision de l'article 110 qui permet à un député de récupérer son mandat après avoir exercé d'autres fonctions, et celle de l'article 197 pour faire bénéficier les députés provinciaux, eux aussi élus au suffrage universel, d'une immunité au même titre que les députés nationaux pendant la durée de leur mandat. haut de page