L’année 2008 sera certainement celui des «grands travaux». A ce sujet, un programme ambitieux existe ; celui élaboré par le gouvernement et qui s’intègre dans les «5 Chantiers du chef de l’Etat ». Cependant, l’on enregistre déjà des voix qui s’élèvent. Et ce depuis le dernier discours du chef de l’Etat sur l’état de la Nation. L’on constate un déséquilibre dans l’élaboration de ce programme national de reconstruction. Des provinces ont été oubliées.

ministère des Infrastructures, Travaux publics et reconstruction a élaboré un « Programme national de reconstruction ». Un programme ambitieux qui vise à relier le pays du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. Un programme qui s’inscrit incontestablement dans la vision de l’ouverture de la RDC à d’autres pays compte tenu des impératifs de l’intégration économique régionale au regard des échanges commerciaux.

Fait plus intéressant, ce programme s’inscrit aussi dans le cadre des «5 Chantiers » du chef de l’Etat. Ce qui garantit en d’autres termes sa réalisation au regard du Protocole d’accord signé le 17 septembre 2007 entre la République démocratique du Congo et la Chine. Ce protocole d’accord porte sur le financement des infrastructures de la République démocratique du Congo par la Chine, à travers ses entreprises Export-Import of China, la China Rallway Engeneering Coorporation et la SINOHYDRO. Aussi, est-il prévu des réalisations à caractère économique et social à travers le pays, avec cette ferme intention exprimée par le chef de l’Etat de «moderniser» le Congo-Kinshasa.

C’est dans cet ordre d’idées que les réalisations socio-économiques s’effectueront dans le domaine du chemin de fer, des routes, des voiries et des bâtiments. Mais en examinant de près ce programme, bien sûr qu’il n’est ni le premier ni le dernier, et encore qu’il s’agit d’un programme minimum, un déséquilibre saute tout de même aux yeux. Un déséquilibre dans la programmation des projets à telle enseigne qu’ils pourraient avoir des répercussions sur le développement harmonieux du pays.

DES PROVINCES OUBLIEES

Il est un fait que le développement, c’est la route. Voilà pourquoi l’attention est focalisée vers ce secteur pour mesurer l’importance que l’on attache à ce secteur. Malheureusement, l’on constate que le déséquilibre est criant dans la mesure où les premiers efforts importants sont affectés à l’Est du pays. Principalement au Kivu, une partie de la province Orientale et au sud, au Katanga. Il est prévu la construction de 3.402 km de routes bitumées.

Il est possible que ces provinces aient souffert des affres de la guerre et les routes n’existent pratiquement pas. Cependant, la priorité accordée à ces entités territoriales risquent d’avoir des répercussions négatives pour autant que l’on n’a pas tenu compte des voies de connexion.

Or, l’on devrait imaginer, par exemple, une route bitumée qui partirait de la province de Bandundu vers Ilebo ou Mwene-Ditu pour faire la jonction avec la voie ferrée Kinshasa-Ilebo-Mwene-Ditu.

On en dirait autant des routes bitumées au niveau du Grand Kasaï quand on sait que le Kasaï Occidental est le centre de la République démocratique du Congo, et cette province a toutes les raisons naturelles d’être le carrefour. Le Maniema affiche également la même importance pour servir de transit aux deux Kivu vers la province Orientale avant d’atteindre le port de Kisangani pour descendre vers Kinshasa par la voie fluviale. C’est alors que l’on devrait s’attarder sur la province de l’Equateur. Une route asphaltée qui relierait Bumba-Lisala-Businga-Gbadolite serait d’un grand apport économique tant en direction de Kinshasa, par le port de Mbandaka, que vers la République centrafricaine.

Malheureusement, les provinces de Bandundu, du Kasaï Oriental, Kasaï Occidental, Maniema et Equateur ont été oubliées dans ce programme national de reconstruction qui, sauf imprévu bénéficiera de l’appui financier résultant du Protocole d’accord entre la République démocratique du Congo et la Chine. Dire que ces provinces ont un poids économique considérable tant qu’elles constituent les greniers agricoles de la RDC du fait que l’agriculture est le soubassement de toute économie nationale.

Il va de soi que devant cette situation, un réajustement de ce programme s’impose pour que toutes les provinces bénéficient des effets d’entraînement de tout «projet intégrateur» dans cet élan de reconstruction nationale. Il serait utile que chaque chef-lieu de province soit considéré comme un «pool de développement » autour duquel graviteront les grandes actions socio-économiques décidées par le gouvernement central.

DE LA MODERNISATION DE LA RDC

De ce qui précède, l’on salue la décision de moderniser la République démocratique du Congo. En fait, il s’agit même d’un défi à relever dans les meilleurs délais dans la mesure où des progrès réalisés dans ce domaine par les pays voisins doivent interpeller les décideurs congolais.

La RDC accuse un retard considérable par rapport à ces pays de l’Afrique centrale et des Grands Lacs. Surtout au niveau des infrastructures aéro-portuaires et hôtelières, pour ne prendre que ces deux secteurs. Et pourtant, le tourisme et l’hôtellerie constituent, par ces temps qui courent, des sources importantes de revenus financiers. Or, à ce jour, le Congo accuse un déficit considérable et a du chemin à parcourir : le déséquilibre est encore flagrant.