La Société nationale de chemins de fer du Congo (SNCC) et l’Office national de transports (Onatra) seront placés sous une gestion mixte. Le gouvernement l’a annoncé à l’issue de son conseil des ministres du vendredi dernier. Mais cette décision est controversée, rapporte radiookapi.net Pour l’Onatra, la gestion sera partagée entre l’Etat congolais et la compagnie espagnole Progoza, tandis que pour la SNCC, elle se fera avec l’opérateur ferroviaire belge Vecturis. Mais cette décision ne semble pas enchanter les travailleurs de l’Office national des transports. Le président de la délégation syndicale de cette entreprise publique, M. Tadila, s’est déclaré mécontent du fait, notamment, que le personnel, premier concerné par cette réforme, n’ait pas été consulté. Le syndicaliste explique les causes du sentiment des travailleurs de l’Onatra : « La nouvelle à propos de la mise sous contrat de gestion de l’Onatra, nous l’avons accueillie avec beaucoup de réserve et de pessimisme. A notre connaissance, les travaux initiés par le Copirep devaient justement déboucher sur ce genre de mode de gestion, mais ses travaux ne sont pas terminés. C’est la première inquiétude. La deuxième, c’est que nous sommes dans une phase de réforme de différents cadres juridiques régissant les entreprises publiques. Nous ne pouvons donc pas comprendre l’empressement du gouvernement à vouloir mettre l’Onatra sous contrat de gestion au moment où le cadre juridique dans lequel devra évoluer ce contrat de gestion, n’est pas encore clairement défini." Réagissant à cette inquiétude, la ministre du Portefeuille, Mme Jeannine Mabunda Iyoko, a donné des assurances : les deux entreprises publiques ne sont ni privatisées ni vendues à des tiers. « Le capital appartient toujours à l’Etat congolais, mais nous faisons venir avec nous des partenaires dans le cadre d’un contrat d’assistance technique de manière à ce qu’ils puissent, avec les directeurs financiers et les directeurs généraux adjoints choisis sur concours, prendre des mesures de gestion modernes », a expliqué la ministre. Jeannine Mabunda a rappelé à cet effet qu’en juin dernir, le Copirep avait lancé un appel d’offres pour chercher des partenaires spécialisés dans le secteur de transport ferroviaire, pour la SNCC, et portuaire pour l’Onatra. « Deux prestataires de services ont été identifiés », a-t-elle ajouté, précisant que ce partenariat ne signifie pas qu’il y aura des licenciements massifs. « Il y a moyen de rendre une entreprise performante sans nécessairement des licenciements massifs. L’Etat propriétaire, c’est lui qui décide de la politique sociale, il n’y a pas à s’inquiéter de ce côté-là, a-t-elle insisté. Du côté du Parlement, le rapporteur du Sénat, Modeste Mutinga a indiqué pour sa part qu’il serait précoce de juger la décision du gouvernement avant la promulgation de la loi sur la réforme des entreprises publiques dont le projet est encore sous examen à la chambre haute. Concernant le cadre légal dans lequel s'inscrit cette réforme, la ministre du Portefeuille évoque la loi de 1978 qui régit les entreprises publiques. Selon elle, cette loi reste valable en matière des contrats de partenariat public - privé. Jeannine Mabunda espère que quand ces nouveaux contrats sur l'ONATRA et la SNCC seront finalisés vers fin janvier 2008, les nouvelles lois sous examen actuellement au Parlement seront déjà promulguées.