A quelques jours du démarrage officiel de la conférence sur la paix au Kivu, les violons ne semblent pas s’accorder au sujet du caractère inclusif ou exclusif.

Initialement prévue pour le 27 décembre 2007, la Conférence sur la paix et la sécurité dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu est reportée au 6 janvier 2008. Et pour cause. Les travaux préparatoires de cette rencontre se poursuivent, a révélé le président du Comité d’organisation, l’abbé Apollinaire Malumalu.

L’on se souviendra que la convocation de la conférence de Goma est consécutive à l’insécurité récurrente qui sévit depuis plusieurs mois dans cette partie de la RDC. Une insécurité amplifiée par les affrontements de derniers mois entre les forces loyalistes et les insurgés du général mutin, Laurent Nkunda, au Nord-Kivu.

La reprise des hostilités dans cette partie de la RDC a causé des dégâts énormes, dont la perte en vies humaines, le déplacement massif des populations civiles, le recul du développement socio-économique de la province…

Motivation

Vu l’ampleur des préjudices causés par les combats, une conférence sur la paix a été convoquée à Goma. Son objectif global est de « réfléchir et de faire des propositions au gouvernement congolais sur les voies et moyens de jeter les bases d’une paix durable et d’un développement intégral dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu ». C’est ce qui explique la signature de l’ordonnance présidentielle n°07/075 du 20 décembre 2007, qui convoque ce forum.

Mais, avant même la tenue de ces assises, nombreuses réactions sont enregistrées. Pour les uns, la participation à cette conférence de toutes les forces vives de deux provinces, y compris les insurgés s’avère indispensable. Car, ils estiment qu’avec une telle représentativité, on peut arriver à rétablir l’autorité de l’Etat dans les deux Kivu.

Réactions

Pour les autres, en tant qu’auteur de l’insécurité qui prévaut actuellement au Nord-Kivu, Laurent Nkunda ne doit pas prendre part à la conférence de Goma.

C’est le cas de la communauté Nande qui, dans un mémorandum publié le mercredi 26 décembre à Goma, a déclaré qu’elle ne participera pas non plus à cette conférence.

De son côté, la Société civile du Nord-Kivu a fait remarquer que le nombre de participants des forces vives à cette rencontre est insuffisant. A ce sujet, son président a déclaré : «Nous estimons que la participation de la Société civile devrait être importante, avec au moins 150 délégués par province, pour le Nord et le Sud-Kivu, sur les 600 participants, ». Ceci, avant d’émettre le vœu de voir les onze coordonnateurs provinciaux de sa structure, le bureau du secrétariat exécutif national de la Société civile, ainsi que celle, significative, de l’opposition politique, prendre également part à cette conférence.

Les uns et les autres ne doivent pas perdre de vue que l’insécurité qui sévit à l’Est a des répercussions sur la marche normale des institutions de la troisième République.

Au lieu de focaliser son attention sur la reconstruction du pays, le gouvernement central se voit dans l’obligation de pacifier la partie orientale de la RDC. Ne dit-on pas que sans paix, il n’y a pas de développement ! C’est dans cette optique que tous les acteurs impliqués dans la crise actuelle au Kivu sont appelés non seulement au patriotisme, mais aussi et surtout au le sens de responsabilité. En lieu et place des considérations partisanes, ils doivent plutôt tous se mobiliser pour trouver des solutions durables à l’insécurité qui a élu domicile au Nord et au Sud-Kivu. D’où la nécessité de privilégier le dialogue.

C’est pourquoi, le souhait des Congolais est de voir la rencontre de Goma déboucher sur une note de satisfaction. Pour y arriver, il faut que tous les participants à ces assises soient animés d’une même volonté, celle de tourner la page sombre et humiliante de la guerre à l’Est du Congo-Kinshasa. Car, le développement du Kivu et de la RDC en dépend.