Neuf ans après la deuxième guerre en RDC, l’on est rentré quasiment à la case départ. C’est-à-dire, autour d’une même table pour une solution politique. La même exigence que celle de l’année 1998 lorsque le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi avaient attaqué la RDC. Comme si les véritables enjeux sont demeurés les mêmes : économiques et géostratégiques. Les travaux préparatoires de la « Conférence sur la paix, la sécurité et le développement des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu » ont débuté hier à Goma. A ce stade, le travail consiste à se mettre d’accord sur les problèmes qui seront au centre des discussions. A savoir : la présence des groupes armés locaux et étrangers, la surveillance des frontières, le trafic illicite des minerais ainsi que la prolifération des armes dans la région. Parallèlement, il est question de définir la qualité des participants et d’apprêter les documents de travail. La conférence proprement dite débute le 6 janvier 2008. Cependant, ce qui frappe, c’est pratiquement le même décor qu’il y a de cela neuf ans, avec les mêmes exigences : une solution politique. En plus, les acteurs sont quasiment les mêmes tant sur le plan national qu’international. En ces temps, Washington avait invité toutes les parties au « dialogue pour éviter un nouveau génocide ». Message qui avait été transmis par Susan Rice, alors secrétaire d’Etat adjointe américaine aux Affaires africaines. L’Accord de Nairobi a été supervisé par une autre Américaine, Condoleezza Rice, secrétaire d’Etat américaine. A Goma, l’on note une forte représentation internationale caractérisée par la présence des Occidentaux qui soutiennent cette table ronde. Faudra-t-il pour cela relever que les véritables enjeux sont demeurés les mêmes ? C’est-à-dire, économiques par le contrôle de richesses congolaises, et géostratégiques avec la balkanisation de la RDC qui permettrait à certains Etats de la région de devenir « une puissance ». L’on serait tenté de répondre par l’affirmative dans la mesure où, il y a neuf ans, l’on relevait que la crise qui prévalait en RDC, affectait la sécurité dans la région des Grands Lacs. Susan Rice, à cette époque, soulignait la position de Washington sur «la nécessité absolue de préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo et l’importance de trouver une solution pacifique et non militaire au conflit. Ce conflit ne peut pas être résolu par les voies militaires. Seules les solutions politiques négociées peuvent apporter une paix durable. Un conflit continuel n’entraînera pas de vainqueur au Congo et dans la région, rien que des perdants ». Ces propos sont d’actualité. Neuf ans après, le « conflit est demeuré continuel » avec cette guerre du Nord-Kivu soutenue par les mêmes agresseurs d’hier. Les Etats-Unis sont une fois de plus intervenus, au centre des tractations, avec la Tripartite Plus pendant que les Européens ont initié la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. A Nairobi, Washington avait dépêché Condoleezza Rice, Secrétaire d’Etat américaine pour souligner la « nécessité d’un compromis politique ». C’est le but à atteindre à Goma, car une fois de plus, l’on entend la même rengaine : « la crise en RDC menace la sécurité dans la région des Grands Lacs. Pas de solution militaire ». Une affaire des enjeux Il est un fait qu’il est demandé aux Congolais de faire preuve de hautes responsabilités politiques pour tendre vers une paix totale. Il leur revient de s’approprier effectivement cette conférence pour une solution durable. Cependant, il serait également naïf de leur part de ne pas se reporter neuf ans en arrière dans le but de mieux saisir les enjeux de cette conférence et de cette nouvelle crise aux mêmes causes qui produisent les mêmes effets. Le décor planté à Goma prouve à suffisance que les véritables enjeux sont demeurés les mêmes et qu’il faille absolument « négocier » également avec les Occidentaux pour une paix durable. En effet, qu’il s’agisse de la neutralisation des « forces négatives », il serait trop beau de croire que la RDC parviendra seule à résoudre cette question qui n’existe que de par la volonté des forces centrifuges. Si aujourd’hui, les partenaires extérieurs qui ont accompagné le peuple congolais à Sun City, financé les élections en République démocratique du Congo tiennent réellement à la stabilité de ce pays, acceptaient de mettre un terme à l’existence des forces négatives, ce ne serait qu’une question de jours. Mais, il revient à la RDC de négocier ce problème, de le gérer habilement sans aliéner la souveraineté nationale. Sans compromission, et c’est possible, en se présentant en interlocuteur valable, avec une volonté inébranlable soutenue par des arguments inattaquables. Pour preuve, grâce à la détermination du peuple congolais, le Congo est encore uni et indivisible. Voilà une « vraie source d’inspiration » pour les travaux de Goma Que Nkunda résiste, sans être inquiété, impose des revers à une armée nationale et que ceux qui le soutiennent sont bien connus et ne sont pas inquiétés, il serait suicidaire de ne pas regarder la réalité en face. Surtout d’oublier et de croire que le « complot de la balkanisation de la République démocratique du Congo » serait enfoui dans un tiroir. Non. Erreur d’appréciation monumentale. Le décor planté à quelques heures de cette conférence de Goma prouve à suffisance, si besoin en est encore de le souligner, que les véritables enjeux, d’il y a neuf ans, sont demeurés les mêmes.