KINSHASA, 13/02 - Le Mouvement de Libération du Congo (MLC, opposition) a jugé "illégale" la récente nomination de nouveaux magistrats par ordonnance présidentielle, dénonçant une atteinte à l`indépendance de la justice, dans un communiqué reçu mercredi à l`AFP.

Le MLC, premier parti d`opposition en RDC, affirme que ces ordonnances "violent la Constitution", notamment ses articles 82 qui "garantit l`indépendance de la magistrature" et 152 qui "institue le Conseil supérieur de la magistrature (CSM)", chargé en particulier des propositions de nomination, promotion ou révocation des magistrats.

Aux termes de sept ordonnances, le président Joseph Kabila et le Premier ministre Antoine Gizenga ont nommé 26 hauts magistrats et en ont mis 92 à la retraite. Ces ordon- nances évoquent des "circonstances exceptionnelles qui ne permettent pas de réunir le CSM non encore mis en place" (dont la loi portant création est en attente d`examen au Sénat).

Pour le MLC, "ni les circonstances exceptionnelles, ni l`urgence et la nécessité invoquées (...) ne peuvent avoir pour effet de contourner la Constitution au moment où le projet de loi sur le CSM est en examen au Parlement".

"Ces ordonnances, par leur illégalité, freinent l`avancée de notre pays vers un Etat de droit, car elles portent atteinte à l`indépendance de la magistrature", soutient le parti de Jean-Pierre Bemba, l`adversaire malheureux de Joseph Kabila à la présidentielle de 2006.

Le MLC dénonce enfin "la promotion clientéliste de certains magistrats", dont certains ont "enjambé un ou plusieurs grades pour se retrouver au sommet de l`appareil judiciaire".

Le parti de Jean-Pierre Bemba y voit la "volonté manifeste du pouvoir exécutif d`influer sur la composition du futur CSM" et s`inquiète d`un "recul de la démocratie" en RDC. Ces ordonnances ont déjà été vigoureusement dénoncées par le principal syndicat de la magistrature.