La population du nord Katanga refuse de consommer les billets de banque de 20 FC dans les magasins, boutiques et marchés, surtout à Kalemie. En tout cas, la démonétisation des petites coupures préoccupe les marchands et surtout les femmes paysannes. Sur le marché, les produits vivriers montent de prix. Les autorités civiles de la place décident de réprimer fort les récalcitrants. Radiookapi.net présente ici un reportage à ce sujet.

Nous sommes jeudi et il est 10 heures au Marché de la Lukuga non loin du Pont qui porte le même nom. Ce marché a bénéficié récemment des travaux de réhabilitation par les contingents belges. Ce marché reçoit par jour des centaines des marchands et des femmes paysannes qui vendent les produits de champs. Il y a des oignons, des tomates, de mais verts, des feuilles de manioc ; bref, il y a tous les produits vivriers. Il y a aussi des produits manufacturés en provenance de la Tanzanie, de Uvira et Bukavu comme du savon, des huiles végétales, des habits.
C’est ici que nous rencontrons Joséphine Kabange, vendeuse des oignons et de poivres doux : « les vivres ne coulent pas par manque des petites coupures. Les gens savaient prendre des oignons de 20 FC et de poivres de 10. Tout est porté à 50 FC et le prix grimpe ».

Loin de là, sur une autre étagère, un même son de cloche. La population a décidé de démonétiser les billets de 20 FC. Toutefois, Marie Salima trouve à sa manière, la façon de couler ses tomates sans remboursement. Les marchandes ne savent ni échanger ni accepter les petites coupures de 20 FC. Et personne ne sait dire exactement le motif pour lequel ces billets perdent de leur valeur sur le marché. Pour Marie Salima, le client n’a pas de choix : « si quelqu’un a besoin d’une tomate, il est contraint de prendre un tas des tomates de 40 FC, j’ajouterai les oignons de 10 FC parce que les billets de 20 FC ne passent pas. Il sera obligé d’accepter ».

Au bureau du Territoire de Kalemie, l’Administrateur de Territoire promet des sanctions à tous et toutes celles qui refuseraient de consommer les billets de 20 FC. L’Administrateur Jean Lumaliza reste ferme : « et ça m’étonne parce que je n’ai jamais vu la population d’elle-même prendre une décision en place et lieu de l’autorité. C’est anormal. J’ai demandé à mes collaborateurs de prendre des mesures sévères à l’endroit de ceux-là qui refuseraient de consommer les billets de banque ».

Toutefois, avant de frapper fort, dit l’Administrateur du territoire, il entame depuis trois jours une série de séances de sensibilisation avec des marchands, des commerçants et les populations à travers les ondes de radios locales.