WASHINGTON, 14 février (Reuters) - Le président américain
George Bush s'est dit prêt jeudi à différer la tournée de six
jours qu'il doit effectuer en Afrique afin de rester à
Washington pour inciter le Congrès à adopter un projet de loi
renouvelant son programme d'espionnage intérieur.


Ce programme arrive normalement à expiration samedi.


Face à un Congrès à majorité démocrate, Bush a pressé les
parlementaires d'approuver rapidement ce projet, qui protège les
compagnies téléphoniques ayant collaboré à des écoutes
effectuées sans mandat de justice après les attentats du 11
septembre 2001.


"Mon cabinet a informé les dirigeants de la Chambre (des
représentants) que j'étais prêt à repousser mon départ et à
rester avec eux à Washington si cela peut les aider à achever
leur travail sur ce projet de loi de la plus haute importance",
a déclaré Bush.


Le président américain devait quitter les Etats-Unis
vendredi afin d'effectuer son deuxième voyage en Afrique, prévu
jusqu'au 21 février.


Il a appelé les représentants à approuver son projet de loi,
validé jeudi par le Sénat, avertissant qu'un rejet mettrait en
danger la sécurité des Etats-Unis.


Les démocrates ont accusé Bush d'agiter le spectre du
terrorisme et de profiter de l'année électorale pour tenter de
les présenter comme faibles vis-à-vis des menaces extérieures.


"Le retard (affectant le voyage en Afrique) dépendra,
évidemment, de la façon dont va agir la Chambre", a ajouté Bush.


Il a toutefois souligné que même si son départ était
repoussé, il se rendrait bien comme prévu dans les cinq pays
annoncés au programme - Bénin, Tanzanie, Rwanda, Ghana et
Liberia. Le thème majeur de cette tournée sera l'aide américaine
au continent africain.


"Il n'y a vraiment pas d'excuse pour laisser cette loi de la
plus haute importance arriver à expiration", a ajouté le
président américain.


La principale objection soulevée par les démocrates à ce
projet de loi est qu'il accorderait une immunité rétroactive aux
compagnies téléphoniques ayant apporté leur coopération dans le
passé à ce programme de surveillance.


Une quarantaine d'actions en justice ont été engagées contre
les entreprises de télécommunication AT&T <T.N>, Verizon
Communications <VZ.N> et Sprint Nextel <S.N>, accusées
d'atteintes à la vie privée pour avoir apporté leur aide au
programme d'écoutes extra-judiciaires.


Ces compagnies risquent potentiellement de se voir condamner
à plusieurs milliards de dollars d'amendes.


Le chef de file de la majorité démocrate à la Chambre des
représentants, Steny Hoyer, a maintenu ses objections sur le
projet de loi et affirmé qu'il n'était pas urgent de l'approuver
au point de se dispenser d'un examen attentif.


Selon lui, même si la loi en cours expire sans avoir été
renouvelée, les opérations déjà approuvées resteraient possibles
durant un an et de nouvelles pourraient être autorisées sur
décision de justice.