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VIGILANCE RDC

un lieu d'échange et de partage sur ce qui fait l'actualité en RDC. Nous souhaitons ainsi établir une passerelle entre les Congolais, les amis du Congo et tous ceux qui veulent oeuvrer pour influer sur la destination de la RDC.

25 février 2008

Matadi : les camionneurs bloquent la Nationale numéro 1

Le trafic routier sur le tronçon Banza-Ngungu-Kwilu-Lukala est complètement paralysé depuis vendredi suite à un mouvement de grève de camionneurs. Ils revendiquent une hausse de salaire et déplorent l'absence d'assurance vie en cas d’accident, rapporte radiookapi.net

Selon le président du syndicat des camionneurs, André Tshikoji, les camionneurs exigent avant toute reprise de trafic, "qu’on verse d’abord tout l’argent dû à la profession détourné par les employeurs. Nous avons déjà répertorié plus de 1000 000 USD. On doit revoir la rémunération à 1.500 USD pour les chauffeurs, car nous voyons l’argent qui entre, c’est rien, et nous voyons le rythme du travail."
En réaction à ces propos, Ruffin Nyambanzulua, directeur d'une entreprise de transport, cite un communiqué conjoint signé entre le patronat, le ministère et le syndicat des chauffeurs. Ce communiqué demande aux chauffeurs de dégager la route, et à la Fédération des entreprises du Congo d’ouvrir de relancer les négociations entamées avec les grévistes mais qui n’avaient pas abouti.

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Au Congo, une ONG suisse amène la justice au village

Au Sud Kivu, dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), Vivere organise des procès dans des régions reculées pour permettre aux victimes de tortures et de violences sexuelles de retrouver justice.

Une façon pour cette ONG lausannoise, dirigée par Mike Hoffman, de lutter concrètement contre l'impunité.

En cette matinée de décembre, une grande foule se presse autour de la place centrale de Baraka, dans le Sud Kivu. La journée est historique : pour la première fois, sur ces hauts plateaux à trois jours de piste de la capitale régionale, Bukavu, des militaires suspectés des pires exactions vont être jugés par un tribunal.

En République démocratique du Congo, près de 4 millions de personnes sont mortes en six ans et des dizaines de milliers de civils sont victimes de tortures, de violences sexuelles et de rapts. Dans 99% des cas, les responsables sont des militaires qui restent presque toujours impunis.

Mais aujourd'hui c'est le tribunal militaire in corpore qui a fait le déplacement de Baraka pour cet exceptionnel procès de brousse.

Pas d'exécutions capitales

«Depuis 2006, nous avons organisé trois Chambres foraines et la prochaine est prévue dans quelques jours», nous explique Mike Hoffman, président de Vivere, petite association lausannoise à l'origine de l'initiative.

«A ce jour, une vingtaine de militaires ont été jugés et condamnés à des peines allant jusqu'à vingt ans de prison.» Même si la peine capitale est prévue par le code pénal militaire congolais, une entente a été conclue avec les autorités pour qu'aucune condamnation à mort ne soit instruite lors des opérations soutenues par Vivere.

La plupart des prévenus sont des multirécidivistes qui faisaient régner la terreur dans toute la région. «Aujourd'hui, ça commence à changer», se réjouit Hoffman.

Le déclassement de maîtres sanguinaires

Ce militant de long date, ancien collaborateur de Terre des Hommes, en est convaincu : juger les suspects là-même où ils auraient commis les crimes sert à lutter contre l'impunité. Preuve que même dans les zones les plus reculées personne n'échappe à la justice.

Et à l'entendre l'impact est spectaculaire: «C'est impressionnant de voir 300 personnes se passionner deux jours durant pour les délibérations de la cour, d'autant que les criminels sont souvent connus. Pour la population, c'est le déclassement de maîtres sanguinaires».

Selon lui, la donne est en train de changer dans la région et même les militants de son association partenaire sur le terrain osent plus s'affirmer face aux militaires. Pour preuve, il évoque le cas d'une fille de quatorze ans enlevée par un militaire qui en avait fait son esclave sexuelle.

«Nous sommes allés la chercher directement chez lui et l'avons ramenée à ses parents, sans nous laisser impressionner par ses intimidations. » Car les autorités, même civiles, commencent à comprendre qu'elles ne sont pas au-dessus des lois.

«J'ai été accosté par le comandant de police responsable de toute la région qui m'a avoué à demi-mot que ses hommes aussi, de temps en temps, commettent peut-être des bavures. Pour les prévenir, nous avons conçu ensemble un programme de formation aux droits de l'homme pour les policiers, qui va se tenir fin mars. »

Des coûts dérisoires

Pour effectuer ce travail pionnier, Vivere s'appuie sur l'UCPDHO, une minuscule ONG locale dirigée par un avocat, Samy Mukombozi, qui négocie avec les juges militaires, les procureurs et les magistrats. Ce qui n'est pas une mince affaire, car ceux-ci sont souvent réticents à faire un déplacement aussi long et craignent pour leur sécurité.

Quant aux avocats de la défense, Vivere met un point d'honneur à payer leurs frais, «sinon personne ne voudrait défendre les criminels, qui se verraient commettre un avocat d'office, souvent de piètre motivation.»

Justement, combien coûtent ces opérations? «1800 US$. Notre intention est d'organiser quatre Chambres foraines par an, mais nous n'y sommes pas arrivés faute de moyens financiers.» Malgré un coût si dérisoire? Mike Hoffmann fait remarquer que Vivere - petite association créée en 1999, forte de cinq personnes actives et d'une cinquantaine de membres cotisants – ne compte que sur les dons du public.

«La première Chambre foraine, un de nos membres l'a financée de sa poche. Pour la deuxième, nous avons puisé dans les fonds de l'association et pour la troisième et quatrième nous avons reçu le soutien d'une ONG amie. Nous manquons d'argent, mais aussi de forces humaines, car tous les militants ont un travail et s'engagent pour l'association pendant leur temps libre.»

Leçons de pugnacité

Les Chambres foraines sont la composante juridique d'une action de plus grande envergure menée par Vivere en RDC, où l'association soutient une dizaine de maisons d'accueil pour femmes victimes de violences sexuelles.

Elles y reçoivent des soins médicaux et psychologiques et peuvent passer des tests de dépistage pour les maladies sexuellement transmissibles. De belles leçons de pugnacité qui ont valu à Vivere le Prix d'Etat des droits de l'homme 2007 de la République française.

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RDC: ouverture à Kinshasa d'une table ronde sur la réforme de la sécurité

KINSHASA - Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a ouvert lundi à Kinshasa des travaux sur une réforme du secteur de la sécurité en vue de constituer une armée et une police "professionnelles", a constaté un journaliste de l'AFP.

La cérémonie d'ouverture, en présence notamment de représentants de la communauté internationale, a été présidée par le ministre d'Etat en charge de l'Agriculture François-Joseph Nzanga Mobutu, représentant le Premier ministre Antoine Gizenga.

Plus d'une centaine d'experts de l'état-major général des Forces armées de la RDC (FARDC), de la police nationale, de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), de la Belgique et de l'Afrique du Sud participent à ces assises.

L'UE participe depuis 2005 aux projets de réforme de la police et de l'armée en RDC, à travers ses missions d'appui et de conseil Eupol et Eusec.

"La cérémonie de ce jour marque un pas décisif dans le processus de réforme du secteur de sécurité que nous considérons comme une priorité des priorités pour assurer un développement durable de notre pays", a déclaré le ministre congolais de la Défense Chikez Diemu, à l'ouverture des travaux.

La RDC sort d'une guerre régionale de près de cinq ans (1998-2003). L'armée et la police de ce pays, constituées des éléments issus de différentes factions ex-belligérantes, sont en cours de restructuration depuis 2004.

"Nous voulons mettre en place à court terme une armée dissuasive, professionnelle, capable, à la fois d'assurer la relève de la Mission de l'ONU (Monuc), de sécuriser l'est du pays et de réaliser les missions constitutionnelles dévolues à l'armée", a souligné M. Diemu.

Au total, 15 nouvelles brigades dites "intégrées" ont été formées et sont actuellement déployées sur le terrain. Début 2007, la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion (Conader) estimait à plus de 80.000 les combattants restant à démobiliser en RDC.

Le ministre d'Etat en charge de l'Intérieur, Denis Kalume, a de son côté réaffirmé la détermination du gouvernement à mettre en place "une police civile, unique, respectueuse des principes des droits de l'homme en tenant aussi compte du nouveau découpage territorial" prévu par la constitution promulguée en février 2006.

La RDC est divisée actuellement en onze provinces, y compris la capitale Kinshasa, et devrait en compter 26 en 2009.

Actuellement, les effectifs de la police sont estimés à 80.000 hommes par l'Inspection générale de la police à Kinshasa.

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24 février 2008

Le gouvernement congolais appelé à s'impliquer dans la promotion du parc national de la Salonga

  KINSHASA, 22 février (Xinhua) -- Les notables du territoire  de Monkoto situé dans la province de l'Equateur (nord-est de la  République démocratique du Congo) où se trouve une grande partie  du Parc national de la Salonga ont appelé vendredi le gouvernement congolais et particulièrement le ministère de l'Environnement, la Conservation de la nature et du Tourisme à s'impliquer dans la  promotion de cette grande réserve naturelle de la RD Congo ainsi  que de la population riveraine de ce parc. 

     Un communiqué des notables de ce territoire , vivant à  Kinshasa, fait remarquer le silence, l'indifférence et  l'impuissance des autorités territoriales et des ONG de  protection de l'environnement basées dans cette province devant  les abus commis par les braconniers ainsi que la précarité de la  vie de la population riveraine du territoire de Monkoto . 

     Pour ces notables, les braconniers qui déciment notamment les  «Bonobos », une espèce de chimpanzé vivant dans ce parc, causent  également des pertes en vies humaines parmi « cette pauvre  population » sans qu'ils soient poursuivis ni inquiétés. 

     En septembre dernier, les ONG de protection de l'environnement basées à Kananga, dans la province du Kasaï Occidental (centre)  avaient dénoncé l'abattage accru, par des éléments incontrôlés des FARDC (Forces armées de la RD Congo), particulièrement des  éléphants et des singes rouges dans le parc de la Salonga, dans sa partie située dans le territoire de Dekesse , dans la province du Kasaï Occidental. Une important activité de vente de la viande de  ces animaux ainsi que du trafic de pointe d'ivoire était signalée  dans cette contrée. 

     Etendu sur 3.600.000 hectares dans la province de l'Equateur et sur une partie de la province du Kasaï Occidental, le parc de la  Salonga comprend notamment des « bonobos », des chimpanzés, des  crocodiles, des hippopotames, des éléphants et des singes rouges  et beaucoup d'espèces végétales. Compté parmi les huit parcs  nationaux de la RD Congo, il est également inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. 

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23 février 2008

Vers la révision des contrats miniers en RD Congo

Kinshasa, RD Congo (PANA) – Le ministère congolais des Mines a invité, mercredi, les sociétés minières frappées par la Commission interministérielle de révision des contrats miniers, à présenter leurs moyens de défense en vue d'une reclassification dans la catégorie des compagnies éligibles en RD Congo.

Dans un appel lancé à Kinshasa en marge d'une réunion de préparation de la participation de la RD Congo à la prochaine conférence sur l'investissement minier à Indaba, en Afrique du Sud, le vice-ministre congolais des Mines, Victor Kasongo Shomary, a révélé qu'aucun des 61 contrats de partenariat examinés par la Commission interministérielle ne figure dans la catégorie A des contrats jugés "viables".
Il a déclaré que la commission a, en conséquence, recommandé l'annulation de 24 contrats dont les partenariats de la Gécamines avec Swanepoel et Exaco, ainsi que ceux entre la MIBA et la Sengamines et entre l'OKIMO et AMANI Gold. La convention minière entre la RD Congo et Anvil mining sur le gisement de Dikulushi et Kapulo au Katanga est aussi visée.
Toujours selon M. Shomary, cette juridiction d'appel s'inscrit dans un processus d'appel administratif bref et clair, donné à chaque compagnie minière de rentrer dans le rang d'opérateurs miniers crédibles afin que les richesses minières servent à la RD Congo.
Il a, par ailleurs, félicité le groupe Malta Forrest, par le biais de sa filiale Katanga Mining, d'avoir rétrocédé à la Gécamines, deux gisements miniers pour un montant de 8,5 milliards de dollars US pour la construction des grands travaux d'infrastructures par la partie chinoise.
Par ailleurs, les ONG locales et internationales, dont "Global Witness", se réjouissent de la volonté du gouvernement dans un dossier étroitement lié aux richesses minières, en tant que soubassement de la reconstruction de la RDC.
Dans les milieux des avocats mandataires en mines et des carrières, une agitation a été observée à la suite de l'annulation des contrats miniers de leurs clients.
Les sociétés minières dont les contrats sont en voie de résiliation sont : Kabongo développement Co.Sprl, Gem Diamonds Sprl, Ivanhoe Nickel & Platinium, Comisa Sprl, Frontier Sprl, Tenke Fungurume Mining, Canaccord Capital, Rubamines, Gécamines, MIBA, Adimasa, etc.
La RDC possède 34,5% de réserves mondiales de cobalt convoitées par les grandes sociétés minières et 10% de réserve en cuivre, ce qui fait du sous-sol congolais un grand réservoir de matières premières suffisantes pour la reconstruction du pays.

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La RDC va livrer 50.000 tonnes de ciment au Congo d’ici à 2009

Brazzaville, Congo (PANA) - Le directeur commercial du groupe Georges Forrest International de la Cimenterie de Lukala (CILU), basée en République démocratique du Congo, Jean-Pierre Hainaut, a promis la livraison d'ici à 2009 de 50.000 tonnes de ciment pour la construction du barrage d'Imboulou, située à 125 km au nord de Brazzaville.

M. Hainaut a fait cette promesse jeudi au cours d'une séance de travail avec la ministre congolaise du Commerce, de la Consommation et des Approvisionnements, Jeanne Dambendzet, en présence de plusieurs responsables du projet Imboulou.
Cette séance de travail a été motivée par le non respect par la CILU des engagements pris au sujet de la fourniture de ciment, suite à une décision d'interdiction d'exportation prise en décembre 2007 par les autorités de Kinshasa.
La CILU qui s'est de nouveau autorisée à exporter 5.000 tonnes de ciment par mois, a convenu de satisfaire sa clientèle selon un quota déterminé, à savoir 3.000 tonnes pour Imboulou et 2.000 pour la liquidation de ses dettes.
"Sur 7.439 tonnes de dette nous avons déjà liquidé 3.439 tonnes. Il nous reste 4.000 tonnes à apurer auprès de nos clients traditionnels d'ici à fin avril 2008. Sur la base de ces remboursements, nous initierons une autre rencontre avec la ministre du Commerce", a précisé Jean-Pierre Hainaut.
L'entreprise, qui estime à environ 20.000 tonnes les besoins du Congo-Brazzaville, s'est prononcée pour une commande d'une usine qui sera effective à la fin 2010, en vue d'augmenter sa capacité de production à plus d'un million de tonnes.
M. Hainaut a également promis de payer sa dette correspondant à 4.000 tonnes, auprès des grossistes de ciment basés à Brazzaville, d'ici à la fin du mois d'avril prochain. Toutefois, consciente des difficultés qu'éprouve son pays en matière d'approvisionnement en ciment, Jeanne Dambenzet s'est déclarée prête à se tourner vers d'autres fournisseurs.

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Goma : le CNDP se retire de toutes les activités de l'après conférence

Le Congrès National pour la Défense du Peuple, CNDP, de Laurent Nkunda, déclare retirer sa délégation de toutes les rencontres initiées dans le cadre de la mise en œuvre de l'Acte d'engagement signé par tous les groupes armés du Nord et du Sud Kivu, le 23 janvier dernier à Goma. Le CNDP demande la mise sur pied d’une commission d’enquête mixte à laquelle ce mouvement politico-militaire tient à participer. C’est pour vérifier les cas graves de violations des droits de l’homme dénoncées mercredi à Kinshasa par la Monuc, rapporte radiookapi.net

La décision du CNDP est tombée ce vendredi dans la journée, à travers une déclaration signée par son chef rebelle, Laurent Nkunda.
Dans cette déclaration adressée à la communauté internationale qui pilote le suivi du processus de paix de Goma, le CNDP demande qu’une vérification mixte soit diligentée pour vérifier les allégations faisant état de massacres d’au moins 30 civils par des combattants du CNDP entre le 16 et le 20 janvier dernier à Kalonge et villages environnants, en territoire de Masisi. Le CNDP qui est pourtant signataire, avec d’autres groupes armés du Nord et du Sud Kivu, des Actes d’engagement pour la paix dans les 2 Kivu.
En attendant, le mouvement déclare retirer sa délégation de toutes les réunions initiées dans le cadre du suivi du processus de paix de Goma.
On rappelle que lors de la conférence de presse hebdomadaire de mercredi à Kinshasa, la Monuc s’est dit en effet préoccupée par ces graves violations des droits de l’homme au Nord Kivu, violations où sont citées également des militaires de l’armée régulière de la 2ème brigade intégrée, déployée actuellement entre Rutshuru et Lubero. Ceux-ci auraient tué selon la Monuc, plusieurs civils au Nord Kivu depuis leur déploiement en 2006.
La Monuc a surtout déploré qu’aucune enquête judiciaire n’ait pu être ouverte jusqu’à ce jour, par les autorités compétentes.

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RDC : Rumeurs autour du chef de l’Etat

Elle court, la rumeur semant le doute sur l’intégrité physique du chef de l’Etat. Et ce, depuis un mois. Le gouvernement et les services font semblant de minimiser. Tout est, cependant, à l’honneur du secrétaire général du parti présidentiel qui, en son temps, a apporté un démenti. Mais face à la persistance de ce mystérieux bruit aux origines tout aussi obscures que sont insaisissables ses motivations, Le Potentiel, interpellé, émet des hypothèses.

Vendredi 22 février 2008, aux alentours de 13 heures, un appel téléphonique en provenance de Brazzaville. Au bout du fil, un compatriote qui a préféré garder l’anonymat. Il cherchait à savoir ‘ce qui se passait réellement à Kinshasa, en général, et à la présidence de la République, en particulier’. Selon lui, il se racontait énormément de choses dans la capitale Brazzaville. Entre autres la rumeur selon laquelle des coups de feu ‘auraient été entendus au Palais de la Nation à Kinshasa’.

La veille, dans la commune de Lemba, la panique s’était emparée d’une masse de gens dans l’un des quartiers. A l’origine, la rumeur faisant croire qu’il se serait passé quelque chose au Palais de la Nation. Vérification faite, il ne s’agissait que d’une opération de police visant à maîtriser une bande d’inciviques à Lemba même.

Après de nombreux recoupements, il s’avère que cette rumeur, qui semble avoir la peau dure, crée une véritable psychose au sein de la population. Car cela fait exactement un mois qu’elle a choisi de s’installer dans les rues et les salons de Kinshasa. Les premiers racontars avaient fait état des coups de feu qui auraient retenti au Palais de la Nation, blessant le président de la République. Celui-ci aurait été évacué de toute urgence à l’étranger, en l’occurrence vers la Suisse.

DES INTERROGATIONS

L’ampleur de la rumeur avait autrefois obligé les responsables des écoles situées dans le périmètre du Palais de la Nation à évacuer précipitamment les élèves. Et comme une traînée de poudre, la «nouvelle», à travers diverses distorsions, avait paniqué une bonne partie de la ville de Kinshasa.

Même scénario, quelques jours plus tard, au Palais de la Justice. Les fonctionnaires oeuvrant dans ce bâtiment avaient été obligé, on jour, de fermer précipitamment les bureaux et de se mettre à l’abri. Pourquoi ? Personne n’a su répondre avec précision. Mais l’on apprendra plus tard que ce sont les incidents opposant les étudiants de deux instituts d’enseignement supérieur voisins, l’ISC et l’ISTA, qui ont été mal interprétés.

Quasiment au même moment, l’un des ministres du gouvernement provincial de la Ville de Kinshasa est passé à la télévision nationale pour «inviter les Kinois au calme et à vaquer tranquillement à leurs occupations». Et de souligner que toutes les «dispositions sont prises pour traquer les responsables de ces rumeurs et pour les présenter bientôt au public». Bien avant lui, Evariste Boshab, secrétaire général du PPRD, parti présidentiel, avait tenu un point de presse pour rassurer l’opinion nationale. Il avait notamment déclaré que le «président se porte comme un charme». Une accalmie avait salué ces propos.

Pour sa part, le président de la République est apparu à la télévision, tantôt accordant des audiences à des personnalités tant nationales qu’étrangères ; tantôt présidant les réunions du Conseil de ministres. C’était une manière solennelle de démentir la rumeur sans y faire allusion. Mais que celle-ci persiste jusqu’à cette date du 22 février, nonobstant les faits contraires, voilà qui suscite des interrogations.

COMPLOT CONTRE LA RDC

Coïncidence troublante, cette rumeur s’enfle à une époque qui rappelle bien d’autres événements tragiques : le double assassinat de Lumumba et de Kabila père en janvier, respectivement en 1961 et 2001.

Serait-ce un message codé qui annonce un nouveau drame ? S’agit-il, comme l’a stigmatisé le secrétaire général du PPRD, d’un complot contre la République démocratique du Congo visant à la déstabiliser ? Serait-ce, a contrario, un test mijoté par les services pour forcer un immense courant de sympathie de la population envers le chef de l’Etat ? La rumeur serait-elle d’origine exclusivement congolaise ? Aurait-elle été inspirée par les Occidentaux qui ne se satisfont plus des explications officielles de Kinshasa depuis que la RDC a signé son partenariat du siècle avec la Chine ?

A la rédaction du Potentiel, nous sommes d’avis que ces questions, et bien d’autres, sont des pistes à explorer. Aussi invitons-nous les responsables des services spécialisés de s’y pencher afin d’y mettre un terme. Ce qui aura pour résultat de rassurer les citoyens, les investisseurs et d’autres partenaires.

Dans cette logique, le gouvernement, à la suite du secrétaire général du parti présidentiel, devrait, toutes affaires cessantes, s’employer à apaiser la population. Et à traquer les auteurs de ces bruits démobilisateurs.

Quoi qu’il en soit, les Congolais ne gagneraient pas, sauf les commanditaires, en tentant de mettre à mal le processus démocratique laborieusement mis en œuvre. Par expérience, un pouvoir né de la violence en RDC est condamné à disparaître dans les mêmes conditions. Qui plus est, l’instabilité politique est un excellent repoussoir qui retarde, pour plusieurs décennies, l’accomplissement des œuvres de développement collectif.

Source : Le Potentiel

Au lieu d’entretenir la rumeur qui prend corps et s’enracine dans la société, comme une tumeur, le gouvernement doit se ressaisir. En vue de donner l’information fiable aux citoyens. Sans calculs ni intention de manipuler.

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21 février 2008

RDC: l'ONU confirme le massacre d'au moins 30 civils par le camp Nkunda

KINSHASA, 20 fév 2008 - La Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) a confirmé mercredi le massacre d'"au moins trente civils" en janvier par des éléments du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du chef rebelle Laurent Nkunda dans des villages du Nord-Kivu (est).

"Des éléments de preuve indiquent (...) que des éléments du CNDP auraient tué au moins trente civils à Kalonge et dans les villages alentours entre le 16 et le 20 janvier 2008", a déclaré Kemal Saïki, le porte-parole de la Monuc au cours d'un point presse à Kinshasa.

En janvier, les autorités locales avaient affirmé à l'AFP qu'au total, une quarantaine de villageois avaient été tués par le CNDP près des localités de Nyamitaba et Kalonge, situées à plus de 60 km au nord-ouest de la capitale provinciale Goma.

"Les éléments du CNDP auraient commis ces actes, apparemment prémédités, à titre de représailles contre la population civile", à laquelle ils reprochaient de s'être "réfugiée dans une zone contrôlée par le Pareco (Patriotes résistants congolais)", un groupe d'auto-défense local Maï Maï, très hostile au CNDP, a poursuivi M. Saïki.

A l'époque, CNDP et Pareco s'étaient mutuellement accusés d'avoir massacré des civils, évoquant des bilans allant de 20 à plus de 30 tués.

Le chef de poste de Nyamitaba (administrateur civil), Emmanuel Munyamariba, avait affirmé à l'AFP que le CNDP pourchassait les villageois jusque "dans les champs et dans les maisons isolées dans la brousse" pour les abattre.

Il avait affirmé que 31 personnes avaient été tuées près de Nyamitaba et 12 autres à Kalonge, des villages proches d'un des bastions de l'ex-général tutsi congolais Laurent Nkunda dans le Masisi (Nord-Kivu).

Les victimes, très majoritairement hutues, ont été tuées par balles, à coups de machettes et de masses, selon les enquêteurs de l'ONU et des témoins, alors même que se déroulaient des pourparlers en faveur de la paix dans la région.

"Nous nous demandons pourquoi le CNDP, qui a envoyé ses délégués à la conférence de paix, est en train de nous tuer ici", avait déclaré M. Munyamariba.

A l'issue de cette conférence pour la paix et le développement, le 23 janvier à Goma, tous les groupes armés actifs dans les Kivu ont signé un "acte d'engagement" pour une cessation immédiate des hostilités.

Par ailleurs, la Monuc a condamné les "graves violations des droits de l'Homme" commises par les militaires de la 2e brigade des Forces armées congolaises.

Des éléments de cette brigade "auraient tué plusieurs civils dans le village de Musezero, à environ 50 km au nord-ouest de Goma, le 2 janvier 2008". Les enquêteurs de la Monuc ont pu établir l'identité de "huit personnes tuées, dont trois enfants", et fait état d'une personne disparue.

La Monuc déplore qu'"aucune enquête judiciaire" n'ait été ouverte jusqu'à présent dans ces deux affaires.

La Mission a aussi déploré de nombreuses violations du cessez-le-feu entré en vigueur le 24 janvier, évoquant notamment l'incident du 15 février à Tongo, un village du Nord-Kivu où le CNDP a abattu deux villageois avant de tirer en direction de Casques bleus.

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RDC: suspension du mouvement de grève des magistrats (syndicat)

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Les magistrats de République démocratique du Congo (RDC) ont suspendu jeudi leur grève entamée le 15 février pour protester contre des nominations de nouveaux magistrats en "violation de la Constitution", a-t-on appris de source syndicale.

"Le Syndicat national autonome des magistrats du Congo (Synamac) a décidé hier soir, à l'issue de son assemblée générale extraordinaire, de suspendre la décision de l'arrêt de travail pour donner une chance aux discussions entamées avec les autorités compétentes", a déclaré à l'AFP Nsambayi Mutenda, président du syndicat.


"Nous avons demandé à tous les magistrats de reprendre leurs activités comme par le passé", a-t-il ajouté.

La grève des magistrats a été massivement observée à Kinshasa ainsi que dans les principales villes du pays.

Le Synamac contestait des ordonnances prises sans consultation avec les magistrats et sur recommandation du ministre de la Justice.

Aux termes de sept ordonnances, le président Joseph Kabila et le Premier ministre Antoine Gizenga ont nommé 26 hauts magistrats à la Cour suprême de Justice (CSJ), au parquet général et dans les cours d'appel de Kinshasa. Par ailleurs, 92 magistrats ont été mis à la retraite.

Selon la Constitution, le pouvoir de nomination revient au chef de l'Etat, sur proposition du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), non encore mis en place. La loi sur la magistrature et la mise en place du CSM est actuellement en attente de seconde lecture au Sénat.

Les ordonnances évoquent des "circonstances exceptionnelles qui ne permettent pas de réunir le CSM".

Jeudi, des audiences publiques étaient de nouveau tenues dans les tribunaux de Kinshasa, selon des sources judiciaires contactées par l'AFP.

En province, les activités avaient aussi repris. "Nous allons faire pression pour que le Sénat vote rapidement la loi portant création du CSM et que les ordonnances soient corrigées", a déclaré à l'AFP Zéphirin Losange, juge à Lubumbashi (sud-est).

Source : Le Monde

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