Les habitants de Likasi, dans la province du Katanga, sont en quête d'eau potable depuis plusieurs jours. Cette denrée s'est raréfiée. La Régie de distribution d'eau (Regideso) promet de rétablir la situation cette semaine. Entre temps, une bonne partie de la population consomme l'eau provenant des puits.

De la commune de Kikula, en passant par le centre-ville et ailleurs, le spectacle est le même. A longueur de journée, des femmes de ménages, jeunes filles et garçons, et même des pères de familles arpentent les rues et avenues, bidons de différentes capacités à la main, à la recherche d'eau potable, rapporte radiookapi.net.

Pour recueillir assez d'eau et diminuer le nombre de courses, certains utilisent comme moyens de transport, des vélos et d'autres des brouettes. Le prix d'un récipient de 20 litres est fixé à 50 Fc. Lorsque le robinet est envahi par un grand nombre de gens, le prix est multiplié par deux. Une occasion pour le propriétaire de se faire du beurre. Ceux qui sont incapables de débourser ce montant, se rabattent sur l'eau des puits.

Les habitants de la commune de Kikula sont les plus touchés par le choléra à la suite de la consommation de l'eau des puits. Le directeur de la Regideso/Likasi attribue cette pénurie à la panne survenue à l'une des stations de captage d'eau de Kampembe depuis le 1er août 2007. «Le câble marin commandé en Zambie depuis six mois par le gouvernement provincial est arrivé à Likasi mercredi 27 février dernier», a-t-il révélé. La réhabilitation de cette station permettra d'augmenter la production d'eau afin de desservir une grande partie de la population de la place. Il a affirmé que cette réhabilitation va se faire en début de cette semaine.

Ce phénomène est en train de prendre des proportions inquiétantes. Car, autrefois, les villes de Mbuji-Mayi et de Kananga battaient le record dans la carence de cette denrée. Les populations de ces villes effectuaient de longues distances pour puiser de l'eau de source ou de rivière. Le phénomène s'étend et risque de gagner toutes les villes de la République démocratique du Congo. Alors que le pays est baigné par des rivières dont les eaux sont convoitées par d'autres pays. Ironie du sort, une bonne partie des Congolais accèdent difficilement à l'eau potable.

Même la capitale Kinshasa n'est pas épargnée. Dans certaines communes (Kasa-Vubu, Kalamu, Makala,...), les gens sont obligés de se réveiller vers 2 heures du matin pour s'approvisionner en eau potable au robinet. La Régie de distribution d'eau se trouve en difficulté de fournir l'eau pendant la journée. Comme à Likasi et dans les deux Kasaï, dans certains quartiers de Kinshasa, les gens utilisent l'eau des rivières et des puits.