Luozi – (D.I.A.) – Les adeptes de Bundu Dia kongo, Bdk, se sont affronté avec les éléments de la Police nationale déployés depuis Kinshasa le week-end du 1ère mars 2008. Les accrochages ont causé la mort de 22 personnes et un véhicule de la police a été incendié. Le gouverneur de la province du Bas-Congo a donné ces précisions le lundi 03 mars 2008, au cours d'un point de presse organisé à Matadi, chef lieu de la province du Bas-Congo.



Au cours de ce point de presse, le gouverneur Simon Mbatshi Batshia a souhaité la tenue d'un dialogue en vue de resoudre le problème Bdk. " Pourquoi ne pas dialoguer. J’ai dialogué et je peux vous dire que je suis allé jusqu’à la dernière tentative de dialogue. J’ai rencontré personnellement Né Mwanda Nsemi pendant 4 heures et nous avons parlé avec lui. A la fin, nous nous sommes promis la collaboration, nous nous sommes promis de mettre fin à tout ce qui se passe. Et nous nous sommes échangés les numéros de téléphone. Malheureusement, force est de constater que sur terrain rien n’a changé". 

Dans un communiqué rendu public à la presse, la monuc, misssion des nations unies au Congo/Kinshasa, déplore" les violences perpétrées au Bas-Congo et appelle à "un retour immédiat au calme, à l'arrêt de toute violence et à la continuation du dialogue, afin de trouver des solutions durables aux problèmes de la province".     

Les forces de l'ordre dépêchées à Luozi, à plus de 150 km au Sud-ouest de Kinshasa, ont, après avoir fait usage des gaz lacrymogènes et tiré en l'air, ouvert le feu vendredi sur un groupe d'adeptes de Bundu dia Kongo (Bdk) qui tentaient de s'attaquer aux symboles de l'Etat et à la police. Les forces de l'ordre avaient renforcé leur présence dans cette cité d'environ 50.000 habitants où, une semaine avant, trois civils avaient été brûlés vifs par des inconnus présentés comme des adeptes de Bdk. Les fidèles de Bdk sont accusés depuis plusieurs mois par les autorités et la société civile locales de se livrer à des actes d'intolérance à Luozi. Ces violences avaient paralysé l'ensemble des activités dans cette cité du Bas-Congo.

Le 26 février 2008, les évêques catholiques du Bas-Congo ont dénoncé les actes de violence enregistrés dans cette province. L'Eglise du Christ au Congo, Ecc, de sa part, a accuse vertement le Bundi dia Kongo d'être à la base de menaces, d'enlèvements, d'actes de tortures, d'incitation à la xénophobie dans cette partie de la RDC. Ces accusations sont contenues dans un mémorandum adressé au gouverneur de la province, M. Simon Mbatshi.

Notons qu'en janvier 2007, des violences entre forces de l'ordre et adeptes de cette même secte tribale avaient fait plus de cent morts dans quatre villes du Bas-Congo où Bdk est très actif. Bundu dia Kongo ("Royaume du Kongo" en langue kikongo) est un groupe d'opposition religieux sécessionniste très implanté dans le Bas-Congo. Il prône la restauration de l'ex-royaume Kongo, qui comprenait l'actuel Bas-Congo, une partie de l'Angola, du Congo voisin et du Gabon.