a police a donné samedi l'assaut au siège du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo (BDK) à Matadi, capitale du Bas-Congo, une région de l'ouest de la République démocratique du Congo secouée récemment par des violences meurtrières, a-t-on appris de source policière.
"Nous avons donné lancé une opération pour déloger les (adeptes de) BDK de leur siège. L'opération est maintenant terminée et a réussi", a déclaré à l'AFP un officier de police basé à Matadi.
Aucun bilan officiel n'a été donné, mais des sources locales congolaises et diplomatiques parlent, sous couvert d'anonymat, de "plusieurs morts". Selon les sources, le bilan provisoire oscillerait entre quatre et six morts et plusieurs blessés.
Des coups de feu ont été entendus en début d'après-midi dans le quartier de Belvédère, où se trouve le siège de BDK. La situation était redevenue calme en fin d'après-midi, selon des habitants, qui craignaient toutefois un regain de violence dans la capitale provinciale.
Le chef de la police au Bas-Congo, le général Raus Chalwe, a confirmé à l'AFP cette intervention de la police, sans donner de bilan et assurant que l'ordre opérationnel lui avait été donné par sa hiérarchie à Kinshasa.
De son côté, le maire de Matadi, Jean-Marc Nzeyidio, a confirmé à l'AFP que la police avait désormais le contrôle du siège de BDK, qui aurait été partiellement détruit, tout en déplorant ne pas avoir été "informé" du lancement de cette opération.
"C'est un endroit où il y a un enclos, des huttes en paille et une maisonnette de brique où les gens de BDK se réunissaient. On ne sait pas s'il y a des victimes", a-t-il ajouté.
Depuis le 28 février, des affrontements entre adeptes de BDK et policiers ont fait au moins 25 morts dans plusieurs localités du Bas-Congo, selon un bilan officiel. Des sources onusiennes et de la société civile ont de leur côté estimé que le bilan pourrait être d'une centaine de morts.
Le BDK est accusé par les autorités congolaises de remettre systématiquement en cause l'autorité de l'Etat, de s'attaquer à ses représentants (policiers notamment) et symboles (destruction de drapeaux), d'interdire l'hymne national dans les écoles et la pratique d'un culte différent du leur dans les villages sous leur contrôle.
Bundu dia Kongo ("Royaume du Kongo") est un groupe d'opposition religieux sécessionniste très implanté dans le Bas-Congo. Il prône la restauration de l'ex-royaume Kongo, qui comprenait l'actuel Bas-Congo, une partie de l'Angola, du Congo voisin et du Gabon. |