10 mars 2008
Matadi : les BDK barricadent la route Lemba Lukula
Les adeptes du Bundu Dia Kongo (BDK) protestent contre une opération coup de poing menée par la police. Ils ont barricadé la route qui relie la localité de Lemba à celle de Lukula. Les forces de l’ordre ont arrêté quelques responsables de BDK, rapporte radiookapi.net
La Police d’intervention rapide est arrivée dans la cité de Patu vers 4 heures du matin ce lundi. Cette brigade est à cheval entre Lukula et Lemba. A la levée du jour, les adeptes de BDK ont organisé une marche dans la cité. Ils ont à leur tour enlevé le chef du quartier Nsele. Ils l’accusent d’être en connivence avec la police.
Les Makesa ou bras armés de ce mouvement politico religieux ont copieusement tabassé un agent de service de renseignements qui s’est échappé. Les fidèles de Ne Mwana Nsemi ont par la suite placé des troncs d’arbres sur la route qui relie les deux localités, empêchant ainsi tout trafic. Des coups de feu ont également été entendus. On ignore toutefois s’il y a eu des victimes.
Selon des témoignages concordants, la police n’a pas détruit Luzikua, le quartier général local de BDK. Elle a toutefois annoncé de faire de tout Luzikua ses postes.
Les Pays-Bas libèrent 15 millions Usd pour la réforme de l’armée congolaise
La mise en œuvre du plan directeur global de la réforme de l’armée de la République démocratique du Congo vient de bénéficier d’un apport financier de 15 millions de dollars américains, contribution du gouvernement des Pays-Bas. Cet argent devra servir à l’avancement de l’intégration de l’armée congolaise dans le cadre du brassage.
L’annonce a été faite à la presse samedi à Kinshasa par M.Ross Mountain, Représentant spécial adjoint du secrétaire général de l’ONU et représentant résident du PNUD en RDC, au sortir d’un entretien au Mont Ngaliema avec le ministre de la Défense et des Anciens combattants, Chikez Diemu. La contribution hollandaise s’inscrit dans le processus en cours de la réforme du secteur de sécurité en RDC, pour la réussite de laquelle s’est tenue une Table ronde à Kinshasa, les 25 et 26 février 2008. Des experts nationaux et internationaux, concernés par les questions relatives à la réforme du secteur de sécurité, l’ont pris part active.
A cette occasion. il a été « acté la souscription de certains partenaires d’appuyer La mise en œuvre du plan de réforme de l’ armée en remplissant La fiche de souscriptions ».
D’autres partenaires ont promis de transmettre au gouvernement congolais les souscriptions après un examen minutieux des documents reçus, des l’avis favorable de leur instance officielle.
Les recommandations de la Table ronde ont porte notamment sur la « coordination congolaise » des appuis d’origines diverses, la place des programmes en cours et sur « la nécessite de préciser les priorités dans La priorité » en matière de mise en œuvre d’une Force de réaction rapide à vocation de « dissuasion ».
La FFR se la constituée de 12 bataillons et « capable. De la fois, d’assurer la relève de la MONUC, de sécuriser l’Est du pays ci de réaliser les missions constitutionnelles dévolues à l’armée ».
A l’issue des travaux de la Table ronde, l’Union européenne s’est engagée à appuyer le processus de réforme du secteur sécuritaire congolais de façon tri-dimensionnelle mise en œuvre de projets communautaires par des missions de la politique étrangère de sécurité et de défense (Européen et Eusec,) d’interventions bilatérales bien coordonnées des 27 Etats membres ».
Poursuite du programme ddr
Le processus DDR (Désarmement, démobilisation et réinsertion) va se poursuivre « bientôt » en Ituri (province Orientale) ainsi que dans le Nord et le Sud-Kivu, a déclaré samedi M. Ross Mountain, Représentant spécial adjoint du secrétaire général de l’ONU et représentant résident du PNUD en RDC.
Après son entretien avec le ministre de la Défense, Chikez Diemu, il s’est dit réjoui des progrès enregistrés dans le processus de pacification en Ituri (province Orientale), où il va se rendre cette semaine après une précédente visite.
« Malgré certains couacs dans la réconciliation entre les ex-combattants de leurs communautés de base, la réinsertion collective a impact communautaire produit déjà des effets positif », out reconnu les deux personnalités.
Sommet de la CEEAC à Kinshasa
KINSHASA - Les chefs d'Etat - ou leurs représentants - des dix pays membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) sont arrivés lundi à Kinshasa, où doit se tenir dans la journée un sommet consacré à la situation au Tchad, a constaté l'AFP. Les présidents tchadien Idriss Deby Itno, burundais Pierre Nkurunziza, centrafricain François Bozizé, équato-guinéen Théodore Obiang, et de Sao Tome et Principe Fradique de Menezes, sont arrivés dans la matinée à l'aéroport international de Ndjili, où ils ont été accueillis par le ministre congolais d'Etat à l'Intérieur Denis Kalume. Le président du Congo-Brazzaville voisin, Denis Sassou Nguesso, a quant à lui rejoint directement le palais présidentiel de Kinshasa par hélicoptère, survolant le fleuve Congo qui sépare les deux pays. Le Gabon est représenté par son ministre de la Communication Jean-Boniface Assélé, l'Angola par son Premier ministre Fernando da Piedade et le Cameroun par le chef de sa diplomatie Henri Ebeye. Le sommet devait débuter en fin de matinée. Selon un programme provisoire, le chef d'Etat de la RDC et président en exercice de la CEEAC Joseph Kabila devait ouvrir la rencontre par une brève déclaration, avant de céder la parole à M. Deby pour exposer la situation dans son pays. Les débats devaient ensuite se tenir à huis clos et un communiqué final être transmis à la presse dans la soirée. Ce sommet, qui intervient un peu plus d'un mois après une attaque rebelle manquée et de violents combats dans la capitale tchadienne, avait été souhaité par les présidents Deby et Kabila, qui avait vivement condamné en février "toute tentative de prise du pouvoir par les armes" au Tchad. Cette rencontre devait être l'occasion pour le président Deby d'obtenir un soutien clair des Etats de la région, notamment face à son voisin soudanais, mais a perdu de son importance du fait du récent réchauffement des relations entre N'Djamena et Khartoum. L'annonce vendredi du président sénégalais Abdoulaye Wade d'une rencontre, le 12 mars à Dakar, entre les chefs d'Etat des deux pays pour signer un accord en vue d'une "solution définitive" au conflit qui les oppose, a "enlevé tout intérêt au sommet de Kinshasa", selon une source diplomatique en RDC. Le Tchad et le Soudan, pays voisins à la frontière poreuse, ont des relations très tendues et s'accusent mutuellement de déstabilisation par groupes armés interposés. Ils ont déjà signé plusieurs accords, restés lettre morte, dans lesquels ils s'étaient engagés à ne plus soutenir les rebelles de l'autre pays.
Kinshasa : Antoine Gizenga prend possession de sa résidence officielle
Le Premier ministre, Antoine Gizenga Fundji, a pris officiellement possession, hier dimanche 9 mars 2008, de sa résidence du quartier Chanic. Cette cérémonie intervient à l’issue d’intenses travaux de réhabilitation amorcés à la résidence depuis novembre 2007 par l’entreprise Groupe Kin technik construct (GKT) et ce, après le déguerpissement de l’ancien vice-président de la république, Arthur Z’Ahidi Ngoma. Le coût global de travaux est évalué à plusieurs centaines de milliers des dollars américains.
Plusieurs ministres ont fait le déplacement de ladite résidence. Parmi eux, le ministre d’Etat près le président de la République, Nkulu Kilombo, la ministre des Postes, téléphones et télécommunications, Louise Munga, le ministre de Budget, Adolphe Muzito, le ministre de Travaux publics, Infrastructures et Reconstruction, Pierre Lumbi, le ministre près le Premier ministre, Godefroid Mayobo. Y ont également pris part, les membres de famille du Premier ministre, dont naturellement son épouse.
Les participants ont été très impressionnés de l’Etat actuel de la villa qui a complètement fait peau neuve. L’on pouvait lire sur le visage de Gizenga un large sourire. Comme pour dire que le patriarche récolte à ce jour les fruits de la patience longue de plus de douze mois, donnant ainsi une nouvelle leçon aux jeunes souvent impatients et pressés dans la vie.
Kinshasa : Sommet extraordinaire de la CEEAC : crever l’abcès
Ce lundi s’ouvre à Kinshasa, le sommet extraordinaire de la Communauté des Etats d’Afrique centrale, CEEAC, sur la crise au Tchad. Sommet qui a été convoqué à l’initiative du président en exercice, le président Joseph Kabila Kabange de la République démocratique du Congo. Ce qui explique ce périple diplomatique qui a conduit le ministre des Affaires étrangères et à la Coopération internationale, Antipas Mbusa Nyamwisi, dans toutes les capitales des pays membres de la CEEAC. Il était porteur d’un message personnel du chef de l’Etat à ses homologues du Burundi, de l’Angola, du Cameroun, du Congo-Brazzaville, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la RCA, de Sao Tomé et Principe, pays qui font partie de la CEEAC.
Les réponses ont été positives, voire encourageantes, permettant ainsi de fixer la date de ce sommet extraordinaire qui s’ouvre ce lundi à Kinshasa. En fait, il s’agit là d’une première depuis la création de cette organisation avec comme objectif d’assurer la paix, la sécurité et le développement dans la sous-région. Et ce dans la vision de l’intégration sous-régionale.
Cependant, la crise tchadienne survient au moment où, après la session de Brazzaville, des options déterminantes ont été levées pour donner une nouvelle impulsion à la CEEAC. Ce qui explique la tenue de la réunion du Comité paix et sécurité, COPAX, de la CEEAC, à Libreville. Réunion qui, faut-il le rappeler, a été présidée par le ministre congolais des Affaires étrangères, Mbusa Nyamwisi. Le fait marquant, toujours dans le cadre du renforcement des dispositifs de paix et de sécurité, la décision de doter l’organisation d’un noyau militaire, la FOMAC, Force multinationale de l’Afrique centrale. Cette structure succède ainsi à la FOMUC, Force multinationale en Centrafrique, créée en 2002 et qui était basée à Bangui. Mais depuis Brazzaville, des exercices militaires s’étaient déroulés au Tchad pour mieux creuser cette initiative. Et comme par effet de coïncidence, la « Bataille de Ndjamena » vient de réconforter cette proposition, et à Libreville, l’option militaire définitive a été levée.
Auparavant, la CEEAC avait apporté son appui à l’organisation des élections en République démocratique du Congo en 2006. Autant de faits qui poussent à affirmer que l’Afrique centrale tente de sortir de sa « torpeur » pour une nouvelle dynamique au sein de la CEEAC. L’élection du gabonais Jean Ping en qualité de président de la Commission africaine de l’Union africaine n’est que ce signe avant-coureur de cette volonté en Afrique centrale d’aller de l’avant.
ALLER EN PROFONDEUR
L’occasion fait le larron, dit-on. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Afrique centrale ne doivent en aucun rater cette belle opportunité pour aller au fond des choses. La question fondamentale est celle de savoir pourquoi tous ces conflits récurrents qui fragilisent les Etats d’Afrique centrale. Pire, les présentent comme la légende de l’instabilité et de l’insécurité. Une légende qui doit être vite balayée de manière à placer les Etats de l’Afrique centrale sous un jour nouveau.
Mais pour atteindre cet objectif, il faut du courage politique, aller en profondeur de toutes les questions sensibles afin de crever l’abcès avant de dégager des pistes de solution réalistes dans l’intérêt supérieur des peuples de la sous-région. C’est-à-dire, bien gérer les contradictions internes pour favoriser l’alternance du pouvoir, arrêter les élans de clientélisme et de délation qui créent souvent des frustrations facilement récupérables face à des populations croupissant dans la misère infrahumaines. Dans le même ordre d’idées, envisager des politiques sous-régionales de développement pour combattre la pauvreté, réduire les frontières de l’ignorance et favoriser le déploiement ou la constitution de ce noyau militaire dans les meilleurs délais. Car, une région tant convoitée à cause de ses richesses doit s’appuyer impérativement sur la clairvoyance de ses dirigeants, le pragmatisme de leur vision politique sous-régionale partagée qui permettront de dégager un réel leadership et leur détermination à s’appuyer sur une vraie justice distributive en vue d’une meilleure répartition des revenus de la nation. C’est le défi à relever à Kinshasa dans un élan communautaire.