Le sommet extraordinaire de la CEEAC consacré au Tchad et dont les assises viennent de se tenir à Kinshasa sous les auspices du président Joseph Kabila, président en exercice de cette communauté de l’Afrique centrale, a révélé un tact politique remarquable dans le chef du n° 1 congolais et ses pairs. Une solution politique d’un haut et remarquable sens de responsabilité a été prise au sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) consacré à la crise tchadienne, sommet convoqué expressément par le président en exercice de cette communauté, le Chef de l’Etat de la RDC Joseph Kabila. Le communiqué final qui sanctionne les conciliabules de Kinshasa présente une position commune des dirigeants de la région condamnant fermement dans le cas de la crise tchadienne « le recours aux armes et autres voies non constitutionnelles comme modes d’accession au pouvoir, ainsi que toute déstabilisation des institutions démocratiques issues de la volonté du peuple tchadien ».

Cette déclaration essentielle du sommet s’avère tout un modèle de prise de position sage, mesuré et responsable, qui ne pèche en accusation partisane d’aucun des camps concernés dans le conflit en cause.

Sept chefs d’Etat des pays membres parmi les dix que compte la CEEAC ont répondu à l’invitation de leur pair congolais, tandis que les trois autres se sont fait représenter à ces assises de Kinshasa au niveau ministériel. Pour son premier sommet du genre, le coup de maître de Joseph Kabila est incontestable en réussissant ainsi le pari de réunir autour de lui la grande majorité des dirigeants de l’Afrique centrale. La capitale congolaise a accueilli ses grands hôtes à cette circonstance dans le style discret du président Joseph Kabila qui décidément semble abhorrer le tapage pour ne viser que l’action efficace dans tout ce qu’il entreprend.

On a ainsi vu défiler d’abord le président vedette du jour, M. Idris Deby Itno du Tchad, le très familier et voisin  du Congo-Brazzaville Denis Sassou Nguesso, le Centrafricain François Bozizé, le Burundais Pierre Nkurunzizé, l’Equato-guinée Téodoro Obiang Nguema Mbasogo, le San-Toméen Bandeira Melo De Menezes. Ceux qui étaient empêchés pour des raisons d’Etat assurément, en l’occurrence l’Angolais Dos Santos, le Gabonais Omar Bongo et le Camerounais Paul Biya, s’étaient fait représenter à un haut niveau.

L’Angolais avait délégué son Premier ministre Fernando Da Piedade Dias Dos Santos, le Camerounais a dépêché son ministre des Relations extérieures Henri Eyebe Ayissi, tandis que le Gabonais s’est fait représenter par son ministre de la Communication, des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies de l’Information, fonctions qui en disent long sur la prééminence que prend ce responsable ministériel.

La méthode Kabila fait recette

Le cadre de travail retenu pour le sommet fut le Palais de la Nation et ses jardins merveilleusement aménagés. Les invités du Chef de l’Etat étaient suffisamment soustraits des tapages kinois et n’avaient pas trouvé meilleur environnement pour échanger sur une crise aux facettes et enjeux déterminants du contexte politique mondial, donc concernant et intéressant au plus vif les concernés et leurs pays respectifs.

La situation que traverse le Tchad depuis le coup de force qui a failli emporter le régime de Ndjamena ne pouvait trouver meilleur avocat que la Rdc de Joseph Kabila qui a vécu le même genre de soubresauts dont il est en train de se défaire avec un doigté qui ne finit pas d’étonner bien d’observateurs longtemps sceptiques sur la recette du leader congolais.

Ce dernier s’est prêté à prêcher par sa méthode de persuasion pour trouver toujours la voie de la conciliation et de la paix évidemment. Pour le Tchad cette fois.

La longueur du temps pris par les conciliabules démontre combien la crise du Tchad apparaît bien plus corsé qu’on ne l’imaginait. Le sommet de la CEEAC a largement débordé le temps prévu pour ses travaux. Plus de six heures de débordement de temps.

Les échanges avaient dû être difficiles, mais rien dans les traits des concertateurs aussi bien au temps de la pause leur ayant servi de prendre une collation sous une des tentes dressées dans le verdoyant jardin du Palais de la Nation, qu’à la fin des travaux, tard dans la nuit.

La sérénité affichée particulièrement par le chef d’Etat hôte Joseph Kabila envahissait le groupe. Sa recette a donc payé. Et ce n’est pas en vain que le communiqué final signale la reconnaissance du sommet à son endroit et à celui de son peuple accueillant. La méthode de Joseph Kabila a été payante et la confiance qu’il a ainsi suscitée parmi ses pairs vaut son pesant d’or !

Source : digitalcongo