12 mars 2008
« la Monuc va enquêter sur les violations des droits de l'homme au Bas Congo »
Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Congo, Alan Doss : « Nous attirons l’attention des autorités sur la nécessité d’éviter un usage excessif de la force qui risque d’aggraver la situation. De son côté, le BDK doit éviter de diffuser des messages xénophobes et s’abstenir de toute violence. La Monuc a déjà déployé des unités additionnelles sur le terrain et continue de surveiller la situation de près. La Monuc enquêtera sur les allégations des violations des Droits de l'Homme qui ont pu être commises au cours des récents évènements au Bas Congo. Je profite de cette occasion pour solliciter la coopération de toutes les autorités concernées et le BDK pour le bon déroulement de l'enquête. Une mission de l’Onu est déjà sur le terrain pour évaluer les besoins humanitaires de la population affectée ».
Bukavu : RSF dénonce les « conditions Calamiteuses » du procès Serge Maheshe
Selon cette organisation, les magistrats ont systématiquement refusé que les deux accusés citent les noms des magistrats militaires qui les ont soudoyés. Ils ont prétexté que cela perturberait l'ordre du jour, et pourrait créer des polémiques. De plus, depuis l'ouverture du procès en appel, le 6 février, le tribunal n'a pas fourni d'interprète. Ceci empêche les tueurs présumés, swahiliphones, de suivre les débats, qui se déroulent en français. Une situation qui "aggrave les soupçons de partialité qui pèsent sur le tribunal", souligne RSF.
RSF rappelle que dans un rapport publié début mars, la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) a dénoncé de "graves violations du droit" en première instance et "l'absence de volonté" du tribunal de "rendre justice".
Kisangani : les autorités militaires décidés à expulser les Mbororos et les LRA
Le général Léon Mushale, commandant intérimaire de la 9e région militaire, s'explique à ce sujet : « Les mesures que nous avons prises jusque là, nous avons décidé de les faire partir. D’abord les Mbororos, mais en procédant de façon réglementaire. C’est-à-dire que très prochainement, une équipe va descendre sur le terrain pour procéder à trois opérations. La première, c’est l’identification de tous ces Mbororos pour savoir combien ils sont, où il sont, et qu’est ce qu’ils font. La deuxième opération, c’est le recensement pour connaître leur effectif exact et, la troisième opération, c’est le regroupement, au lieu de les laisser dispersés, afin que la hiérarchie et la communauté internationale puissent trouver la solution de leur évacuation vers leurs pays respectif. La question des LRA est à l’étude. Nous avions envisagé une opération militaire, mais, il se fait qu’il y a des contacts sur le terrain, des négociations sur le terrain, qui sont menés par la communauté internationale. »
Bukavu : le procès Serge Maheshe renvoyé au 19 mars prochain
La cour militaire de Bukavu n'a pas pu siéger ce mercredi. Les 4 principaux prévenus détenus à la prison centrale de Bukavu n'ont pas pu être acheminés à la salle d'audience de la cour d'appel de Bukavu où siège la cour militaire. Une tension qui a prévalu à la prison depuis le matin n'a pas permis de retirer les détenus pour les acheminer à la Cour, rapporte radiookapi.net
En République démocratique du Congo, le soutien psychologique et l'éducation permettent aux blessures invisibles de la guerre de
GOMA, République démocratique du Congo, 11 mars 2008 - Moka, 13 ans, se cachait chez lui avec sa famille lorsqu'un obus de mortier est tombé. " Il a tué mon grand-père et mon petit frère ", a-t-il dit. "Un obus a tué mon grand père et mon petit frère. Nous les avions vu morts, explosés et calcinés."
En septembre dernier, alors que leur village a été pris dans les combats entre les rebelles et les troupes régulières, Moka et sa famille se sont enfuis, rejoignant les congolais déplacés de la province du Nord Kivu - près d'un demi million de personnes qui ont dû quitter leur foyer l'an dernier. Mais, même dans leur fuite, la violence a suivi la famille de Moka.
"J'ai vu des gens éventrés par des balles" se rappelle-t-il. "Ils tuent les gens devant nous. Des fois, ils viennent expressément là où se trouvent des gens et tirent dans la masse causant plusieurs décès. Quand j'y repense, j'ai toujours tendance à pleurer."
Aujourd'hui, Moka vit dans l'un des nombreux camps destinés aux déplacés congolais aux portes de Goma, la capitale du Nord Kivu. Sa famille a tout laissé derrière elle dans sa fuite précipitée et la vie a été dure dans les camps. L'unique chemise de Moka - violette et à manches courtes - est toute salie de noir ; ses shorts de couleur vert olive sont déchirés aux poches.
L'ÉCOLE
Mais récemment la vie de Moka a pris un tour nouveau et a connu un mieux. Dans le cadre d'un programme soutenu par l'UNICEF, il a finalement été en mesure de revenir en classe. Chaque matin, Moka rejoint quelques 650 autres enfants déplacés à l'école primaire de Nyabyunyu, dans un village des environs. " L'école, c'est ce qui m'aide à oublier ", dit-il.
L'école primaire de Nyabyunyu ne peut habituellement accueillir qu'un peu plus de deux cents élèves, si bien que l'afflux des déplacés a forcé l'établissement à prévoir un enseignement dispensé en deux tranches horaires. Il a également obligé les enseignants à s'occuper de centaines d'élèves ayant vécu un violent conflit et qui sont souvent traumatisés.
" CHACUN A UNE HISTOIRE "
" Plus de 600 enfants, plus de 600 histoires ", dit Evelyne Kimema, qui fait du soutien psychosocial dans l'école de Moka, avec l'organisation congolaise Alpha Ujuvi.
SIGNES DE TRAUMATISME
Chaque jour, Evelyne guette chez les élèves des signes de traumatisme. " On les remarque surtout à la recréation, parce que à la recréation on suppose que tout enfant doit être en mouvement " dit-elle.
" Pendant la recréation, il y a un enfant qui se met a côté, qui ne veut pas jouer avec les autres, les autres dorment, l'autre qui ne veut même pas parler, l'autre en train de transpirer alors qu'il ne bouge même pas. "
Evelyne prend ces enfants à part, un par un, afin de parler de leurs problèmes. " C'est difficile. On ne peut pas les changer instantanément mais petit a petit. Plus vous approchez l'enfant, plus vous discutez avec lui, plus vous voyez le changement arriver. "
Evelyne a beaucoup travaillé avec Moka et l'a vu s'épanouir depuis son arrivée à l'école. Il dit que les souvenirs de tout ce qu'il a vu le hantent encore, mais les enseignants comme Evelyne et les nouveaux amis rencontrés à l'école - la plupart d'entre eux ayant vécu des histoires tout comme la sienne - l'aident à oublier.
L'UNICEF apporte son soutien à des programmes de soutien psychologique similaires dans plus de cinquante écoles d'un bout à l'autre du Nord Kivu, où seulement la moitié des enfants va actuellement à l'école.
LE SOUTIEN PSYCHOSOCIAL EST ESSENTIEL POUR L'ÉDUCATION
En dépit du récent accord de paix, les combats se poursuivent au Nord Kivu et les congolais déplacés hésitent à rentrer chez eux. Aussi l'éducation de leurs enfants est-elle un souci majeur pour l'UNICEF et ses partenaires.
L'expert en matière d'éducation de l'UNICEF, Sayo TK, déclare que le soutien psychosocial est essentiel aux enfants qui ont vécu un traumatisme, pour qu'ils continuent à aller en classe.
" La violence, la pauvreté, la culture : il y a de nombreuses raisons expliquant pourquoi les enfants ne vont pas à l'école ", dit-elle. Et même lorsque les enfants vont bien à l'école, " un enfant n'apprend rien, parce qu'il ne peut se concentrer en raison de la tension psychosociale qu'il a subi ".
Aider les enfants à surmonter leur traumatisme " est un très long processus ", dit TK, " Mais je pense qu'il nous faudra le faire dans les prochaines années afin que nous puissions offrir un environnement plus paisible pour que les enfants étudient. "
Lubero : reprise des combats entre FDLR et Maï-Maï du Pareco
De nouveaux combats opposent les combattants de ces deux groupes depuis ce mercredi matin, à Kibakwa, à 150 kilomètres au sud-ouest de Butembo, dans le territoire de Lubero. Déjà, une autre vague de mouvement des déplacés vers Alimbongo, Mbingi, Kasehe, Kirumba toujours en territoire de Lubero est observée, note radiookapi.net
L'administrateur de territoire assistant, Maker Sivikunulwa, déclare que c’est depuis 5h du matin que des tirs à l'arme lourde sont entendus à Kibakwa et dans les villages périphériques de Mbingi et Alimbongo. Il affirme notamment que la situation reste tendue dans cette partie du territoire de Lubero. Les affrontements sont accompagnés de vols de bétails, de pillages et d’incendies de maisons par les combattants FDLR de Rudi.
Selon un officier du Pareco, quatre de leurs positions vers Kibakwa ont été attaquées simultanément par des FDLR de Rudi. Mais le pareco n'a pas répondu à cette attaque, indique-t-il. Les éléments du Pareco se sont retirés de leurs positions pour éviter des accrochages avec les FDLR.
La circulation entre Goma et Kirumba, à 180 kilomètres de Goma, est interrompue. Aucun véhicule n'a franchi cette zone depuis ce matin, indique une autorité administrative sur place. Le président de la société civile de Lubero, Omer Kambale, a qualifié la reprise des hostilités comme une catastrophe pour la population civile. Selon lui, des centaines de personnes ont fui la localité de Kanyatsi, toujours dans le Sud-Lubero, pour Kayna, Kanyabayonga et Kirumba lors des combats de lundi dernier entre les deux belligérants. Depuis, ils vivent dans des conditions humanitaires difficiles. Le gouvernement congolais doit tout mettre en œuvre pour régler la question des FDLR qui tuent, violent les femmes et pillent les populations.
Kinshasa : ouverture des états généraux des mines
Les états généraux des mines se sont ouverts ce mercredi au palais du peuple de Kinshasa. Pendant 3 jours, les participants discuteront du code minier congolais, 6 ans après sa mise en oeuvre, rapporte radiookapi.net
Des experts miniers, des membres des gouvernements provinciaux, les délégués des régies financières, des négociants miniers et autres participants vont réfléchir sur les différents problèmes qui caractérisent le secteur minier congolais. Les participants vont se pencher notamment sur la mauvaise application du code minier, le manque de délimitation des aires protégées et des zones interdites. Cette dernière question pose des problèmes écologiques. Ils parleront aussi de la délimitation des zones artisanales qui sont carrément inexistantes. Ce qui pose problème avec la population autochtone.
Ces états généraux se veulent le cadre approprié de concertation et d’évaluation de toutes les questions liées au code et règlement minier. Leur objectif est de dresser un état des lieux et de proposer, le cas échéant, des mesures protectrices pour améliorer la gestion du secteur minier.
Le premier jour des travaux, les participants assisteront aux discours des différents ministres liés à ce secteur. Les travaux se poursuivront en atelier au centre Nganda, toujours à Kinshasa, jusqu’au 15 mars prochain.
RD : calme précaire à Kanyati
Un calme précaire est actuellement observé à Kanyati, au sud du territoire de Lubero à plus de 200 Km au nord de Goma après des tirs sporadiques de ce mardi matin entre le Pareco et les combattants étrangers des FDLR aile Rudi. Selon les Maï-Maï, leurs positions, à Kanyati, avaient été attaquées pendant près de 5 heures par les FDLR le lundi, dans l’avant midi. Ces combats ont provoqué le déplacement des populations vers Kanyabayonga, Kayna et Luofu toujours en territoire de Lubero, a constaté radiookapi.net
Contacté, Firmin Mathe l’un des responsables du Pareco sur cet axe, parle d’attaques répétées des Rudi sur plusieurs de leurs positions à Kanyati et alentours.
Pour l’instant, le PARECO affirme avoir replié de la région de Kanyati qui, désormais vient de passer sous contrôle des FDLR de Rudi. Plusieurs habitants ont quitté la région de Kanyati pour Kayna, Kanyabayonga et Luofu, toujours dans le Lubero. Les responsables administratifs de Kirumba à plus de 20 km à à l’ouest de Kanyati indiquent que, plusieurs blessés de PARECO ont également été évacué dans les centres de santé à Kirumba et ses environs.
La même source ajoute que les Rudi contrôlent plusieurs villages dans ce secteur Sud. Ces derniers menacent les habitants et les accusent de collaboration avec le Pareco.
Pour rappel, le ton a été donné dès lundi par des combats à l’arme lourde. Les habitants affirment même que le FDLR de Rudi, qui ont attaqué les positions du PARECO et ont brûlé leurs gîtes.
Selon une association locale, C’est depuis le 1er mars courant, que la situation est devenue tendue entre les 2 groupes armés dans ce secteur du sud de Lubero. Des échanges des tirs sont conséquemment enregistrés accompagnés des pillages des habitations et des produits agricoles.
Joseph Kabila réussit à décrypter délicatement l’écheveau tchadien avec ses pairs de la CEEAC qu’il a réunis à Kinshasa
Le sommet extraordinaire de la CEEAC consacré au Tchad et dont les assises viennent de se tenir à Kinshasa sous les auspices du président Joseph Kabila, président en exercice de cette communauté de l’Afrique centrale, a révélé un tact politique remarquable dans le chef du n° 1 congolais et ses pairs.
Une solution politique d’un haut et remarquable sens de responsabilité a été prise au sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) consacré à la crise tchadienne, sommet convoqué expressément par le président en exercice de cette communauté, le Chef de l’Etat de la RDC Joseph Kabila. Le communiqué final qui sanctionne les conciliabules de Kinshasa présente une position commune des dirigeants de la région condamnant fermement dans le cas de la crise tchadienne « le recours aux armes et autres voies non constitutionnelles comme modes d’accession au pouvoir, ainsi que toute déstabilisation des institutions démocratiques issues de la volonté du peuple tchadien ».
Cette déclaration essentielle du sommet s’avère tout un modèle de prise de position sage, mesuré et responsable, qui ne pèche en accusation partisane d’aucun des camps concernés dans le conflit en cause.
Sept chefs d’Etat des pays membres parmi les dix que compte la CEEAC ont répondu à l’invitation de leur pair congolais, tandis que les trois autres se sont fait représenter à ces assises de Kinshasa au niveau ministériel. Pour son premier sommet du genre, le coup de maître de Joseph Kabila est incontestable en réussissant ainsi le pari de réunir autour de lui la grande majorité des dirigeants de l’Afrique centrale. La capitale congolaise a accueilli ses grands hôtes à cette circonstance dans le style discret du président Joseph Kabila qui décidément semble abhorrer le tapage pour ne viser que l’action efficace dans tout ce qu’il entreprend.
On a ainsi vu défiler d’abord le président vedette du jour, M. Idris Deby Itno du Tchad, le très familier et voisin du Congo-Brazzaville Denis Sassou Nguesso, le Centrafricain François Bozizé, le Burundais Pierre Nkurunzizé, l’Equato-guinée Téodoro Obiang Nguema Mbasogo, le San-Toméen Bandeira Melo De Menezes. Ceux qui étaient empêchés pour des raisons d’Etat assurément, en l’occurrence l’Angolais Dos Santos, le Gabonais Omar Bongo et le Camerounais Paul Biya, s’étaient fait représenter à un haut niveau.
L’Angolais avait délégué son Premier ministre Fernando Da Piedade Dias Dos Santos, le Camerounais a dépêché son ministre des Relations extérieures Henri Eyebe Ayissi, tandis que le Gabonais s’est fait représenter par son ministre de la Communication, des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies de l’Information, fonctions qui en disent long sur la prééminence que prend ce responsable ministériel.
La méthode Kabila fait recette
Le cadre de travail retenu pour le sommet fut le Palais de la Nation et ses jardins merveilleusement aménagés. Les invités du Chef de l’Etat étaient suffisamment soustraits des tapages kinois et n’avaient pas trouvé meilleur environnement pour échanger sur une crise aux facettes et enjeux déterminants du contexte politique mondial, donc concernant et intéressant au plus vif les concernés et leurs pays respectifs.
La situation que traverse le Tchad depuis le coup de force qui a failli emporter le régime de Ndjamena ne pouvait trouver meilleur avocat que la Rdc de Joseph Kabila qui a vécu le même genre de soubresauts dont il est en train de se défaire avec un doigté qui ne finit pas d’étonner bien d’observateurs longtemps sceptiques sur la recette du leader congolais.
Ce dernier s’est prêté à prêcher par sa méthode de persuasion pour trouver toujours la voie de la conciliation et de la paix évidemment. Pour le Tchad cette fois.
La longueur du temps pris par les conciliabules démontre combien la crise du Tchad apparaît bien plus corsé qu’on ne l’imaginait. Le sommet de la CEEAC a largement débordé le temps prévu pour ses travaux. Plus de six heures de débordement de temps.
Les échanges avaient dû être difficiles, mais rien dans les traits des concertateurs aussi bien au temps de la pause leur ayant servi de prendre une collation sous une des tentes dressées dans le verdoyant jardin du Palais de la Nation, qu’à la fin des travaux, tard dans la nuit.
La sérénité affichée particulièrement par le chef d’Etat hôte Joseph Kabila envahissait le groupe. Sa recette a donc payé. Et ce n’est pas en vain que le communiqué final signale la reconnaissance du sommet à son endroit et à celui de son peuple accueillant. La méthode de Joseph Kabila a été payante et la confiance qu’il a ainsi suscitée parmi ses pairs vaut son pesant d’or !
Source : digitalcongo
15 mars 2008 : une date cruciale
Selon la proposition émise par la République démocratique du Congo, le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda, dans le cadre de la Tripartite Plus, le moment est venu d’appliquer les termes de l’Accord d’Addis Abeba. Accord obtenu dans le cadre du compromis intervenu à Washington, sous les auspices des Etats-Unis, pour régler définitivement la question interahamwe. Washington avait délégué pour la circonstance la Secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice pur donner plus de substance à cet accord dans cet élan international de ramener la paix dans la région des Grands Lacs. Un délai de 45 jours avait été convenu, au cours de différentes réunions des ministres des Affaires étrangères et de la Défense de pays concernés pour mettre en pratique cet accord. Le 15 mars 2008 et considérée comme la date butoir.
Parallèlement à cette initiative, la République démocratique du Congo et le Rwanda avaient décidé d’œuvrer ensemble pour neutraliser les forces négatives. A ce sujet, le Rwanda devrait envoyer une liste reprenant les noms des génocidaires pour qu’ils soient arrêtés et traduits devant la Justice. Entre-temps, procéder à l’application du programme DDR pour obtenir le rapatriement des réfugiés Rwandais dans leur pays, le Rwanda.
L’ACCORD DE GOMA
Comme pour soutenir les deux accords, il y a eu la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement des provinces du Nord et Sud Kivu. Conférence qui s’est déroulée au mois de janvier à Goma et qui s’est appesantie entre autres sujets inscrits à l’ordre du jour sur la neutralisation des forces négatives. Aussi, a-t-il été convenu de s’appuyer sur le programme DDR, avec le concours de la Monuc pour dissuader les rebelles rwandais à désarmer dans la perspective de leur rapatriement éventuel. Quant à ceux qui ne manifesteraient pas l’envie de rentrer dans leur pays, qu’il leur soit trouvé un autre pays d’asile que la République démocratique du Congo. A ce niveau également, les signataires de l’Acte d’engagement de Goma s’étaient donné 45 jours pour mettre les dispositions de suivi sur place. Et le 15 mars prochain, ce délai expire.
Mais le 15 mars marque aussi la rentrée parlementaire. Sur les bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat des « dossiers brûlants » retiennent déjà l’attention de tous les observateurs de la politique congolaise. Notamment le dossier ayant trait à la proclamation de l’amnistie, un des points contenus dans les résolutions et recommandations en vue de soutenir les efforts de paix. Une question qui soulève déjà de la tempête pour autant qu’elle est l’objet d’interprétations sélectives sur la nature de cette amnistie et qui en seront les premiers bénéficiaires. Session parlementaire qui s’annonce tout aussi houleuse au regard d’autres points brûlants qui figurent à l’ordre du jour : Affaire BDK, magistrature et Opposition politique sur le cas Jean-Pierre Bemba. Autant de points qui doivent tous être examinés en priorité à partir de ce 15 mars 2008, compte tenu de leurs implications politiques.
LES DES SONT JETES
C’est maintenant ou jamais qu’il faille aller jusqu’au bout et éviter toute tergiversation aux conséquences imprévisibles. Passer donc du souhait aux choses concrètes.
La République démocratique du Congo est la plus concernée. Des structures politiques ont été mises en place, certes, pour coordonner les actions. Mais reste le volet dissuasif, c’est à dire militaire.
A en croire certains milieux, le déploiement militaire aurait déjà commencé pour contraindre les forces négatives à déposer les armes en vue de rentrer dans leur pays. Cependant, il reste à vérifier si ce volet militaire a bénéficié de la contribution des partenaires extérieurs pour des actions qui épargneront les populations civiles de violences. Car, désarmer aujourd’hui les FDLR n’est pas une mince affaire. Ces derniers ont proclamé haut et fort qu’ils ne se laisseront pas faire, en plus de ce fait qu’ils ne se sont pas concernés dans les accords d’Addis Abeba et Nairobi. Moins encore dans celui de Goma.
Cependant, la complexité de cette question réside dans ce fait que neutraliser les interahamwe, serait enlever tout prétexte au Rwanda de continuer à tirer les ficelles en soutenant les groupes armés en Rdc, à savoir le Rcd et le CNDP-Nkunda. A en croire les rumeurs de plus en plus persistantes, le Rwanda se préparerait à créer des fissures dans le mouvement de Nkunda pour qu’il y ait des ailes dissidentes, notamment celles de Bosco et de Kakengere, aujourd’hui proches de Nkunda. Car, à en croire les mêmes rumeurs, Nkunda aurait déçu Kigali. Des rumeurs qui affirment que ce « énième complot » contre la RDC bénéficierait également de l’appui de Kampala. La RDC devra donc faire preuve de ses capacités politiques à prendre l’initiative de toutes les opérations politiques, diplomatiques et militaires.
De tout ce qui précède, la Communauté internationale, l’Onu à travers la Monuc, les Etats-Unis, l’Union européenne et l’Union africaine doivent se sentir interpellées et s’assumer. Or, à ce sujet justement, les Etats-Unis sont encore dubitatifs. Ils ont envoyé dernièrement une mission en RDC dans le but de « tester la volonté politique des dirigeants, des rebelles congolais, des responsables des Nations-Unies et Européens » à « désarmer effectivement les forces négatives. » C’est ce rapport que Washington attend avant de se décider pour apporter le concours des Etats Unis à la concrétisation des accords de Nairobi, Addis Abeba et Goma.
Le 15 mars 2008, désormais une date cruciale, nous permettra d’en savoir plus. Si réellement la paix serait encore une affaire d’un futur proche ou lointain.