conseil_ministresLe choix de la vile portuaire n’a pas été fait au hasard. L’on sait que la province du Bas-Congo, notamment sa capitale Matadi, a connu dernièrement des incidents malheureux provoqués par des échauffourées entre les adeptes de la secte Bundu dia Kongo et les éléments de la police nationale. Le bilan exact des accrochages n’est pas connu et ne le sera peut­ être jamais. Avant Matadi, où la police s’est attaquée au siège du mouvement politico-religieux de Ne Muanda Nsemi, c’est Luozi et Seke Banza qui ont été le théâtre des événements qui ont entraîné la mort de plusieurs victimes et des dégâts matériels très impor­tants.

Après la restauration de l’auto­rité de l’Etat dans cette province, le gouvernement n’a pas trouvé mieux que d’aller y tenir sa réu­nion hebdomadaire pour envoyer un signal fort à l’endroit de tous ceux qui le traitent d’amorphe.

Les points inscrits à l’ordre du jour de ce conseil des ministres ne sont pas connus. Pour faire œuvre utile, le gouvernement de­vrait débattre de questions qui pré­occupent un grand nombre de la population du Bas-Congo, et qui constituent les principales reven­dications des adeptes de BDK. Il s’agit notamment de la rétroces­sion à la province de 40 % de re­cettes. Bien sûr que cette ques­tion concerne toutes les provinces, mais lorsqu’on sait que le Bas-­Congo constitue, avec Kinshasa et le Katanga, le trio qui supporte la majeure partie du budget de l’Etat, cette province ne doit que se sentir plus intéressée que les autres.

C’est à juste titre d’ailleurs que le gouverneur Mbatshi Mbatshia a souligné que le phé­nomène BDK tire son origine dans la pauvreté de la population que dans toute autre considération. C’est pourquoi, il a indiqué que la solution à ce problème con­siste à accorder beaucoup de moyens à sa province pour pro­mouvoir les emplois et réduire tant soit peu la pauvreté qui frappe une frange importante de ses adminis­trés.
Source : l'observateur