Militairee Conseil de sécurité de l'ONU a sommé jeudi les groupes armés hutus rwandais opérant dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) de déposer les armes, sous peine de sanctions supplémentaires.

Dans sa résolution 1804, rédigée par la France et adoptée à l'unanimité, le Conseil "exige que tous les membres des FDLR, ex-FAR/Interahamwe et autres groupes armés rwandais qui opèrent dans l'est de la RDC déposent immédiatement les armes".


Il exige qu'ils "se présentent aux autorités congolaises et à la MONUC (Mission de l'ONU en RDC, Ndlr) sans plus tarder et sans conditions préalables en vue de leurs désarmement, démobilisation, rapatriement, réinstallation et réintégration".

Le terme ex-FAR/Interahamwe désigne des rebelles hutus rwandais, pour la plupart regroupés au sein des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et qui ont participé au génocide rwandais de 1994. Ce génocide, essentiellement dirigé contre les Tutsis, a fait selon l'ONU environ 800.000 morts.

Le Conseil souligne que les mesures ciblées d'interdiction de voyager et de gel des avoirs imposées par plusieurs résolutions précédentes "sont applicables aux dirigeants" de ces groupes armés rwandais et menace "d'en étendre l'applicabilité" à d'autres membres de ces groupes.

Kinshasa s'efforce, avec le soutien de l'ONU, de mettre en oeuvre un plan visant à neutraliser les rebelles hutus rwandais présents dans l'Est, dont un regain d'activité a été observé ces dernières semaines dans les Kivu.

Les FDLR sont tellement bien implantées dans la région frontalière qu'elles administrent une dizaine de localités du territoire de Bunyakiri, dans l'est de la RDC, selon un collectif régional d'organisations de défense des droits de l'Homme.

"Ces combattants hutus rwandais ont désormais installé une armée, une police et des tribunaux qui siègent et infligent des peines aux populations", rapporte sur son site internet la Ligue des droits de la personne dans la région des Grands lacs (LDGL), basée à Kigali.

La résolution 1804 est "un avertissement supplémentaire" envoyé aux groupes armés rwandais en RDC, a déclaré à la presse l'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-Maurice Ripert.

"S'ils ne désarment pas, ils doivent savoir que l'ensemble de la communauté internationale, unanime, et surtout les deux gouvernements du Congo et du Rwanda, sont d'accord pour travailler ensemble pour mettre en oeuvre une éventuelle politique