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La conservation et la levée d’un corps de la morgue d’une institution hospitalière de Kinshasa, non seulement, occasionnent, pour la famille éplorée, des dépenses onéreuses supplémentaires, mais aussi tirent en longueur à cause de la « lourdeur administrative » entretenue par les agents commis aux différents services. Ci-dessous, le cas de l’hôpital général de référence de Kinshasa (ex-Mama Yemo).

Conserver un corps à la morgue de l’hôpital général de référence de Kinshasa (ex-Mama Yemo), n’est plus chose facile. Au regard du nombre de corps qu’elle reçoit chaque jour, et la capacité d’accueil devenant ainsi insuffisante. Une moyenne de cinquante corps est enregistrée par jour, alors que, dans la plupart des cas, les loges de la morgue sont toutes pleines.

Tous les jours, en dehors de dimanche et jours fériés, dès 7 H00’ du matin, le tronçon de l’avenue de l’Hôpital compris entre l’avenue Wangata et la morgue de l’hôpital général de Kinshasa s’anime. Les pompes funèbres, ouvertes dès 6 H00’, reçoivent les premiers acheteurs éventuels. Les maisons de vente d’effets funéraires ouvrent. Les premiers cortèges funèbres s’annoncent. Les corps, déjà en bières, sont déposés devant l’entrée de l’enceinte principale de la morgue, suivant l’ordre d’arrivée. Sous l’œil vigilant des éléments de la police militaire des Forces armés de la République démocratique du Congo (FARDC). Qui ne laissent personne franchir l’espace compris entre le hangar abritant les accompagnateurs des dépouilles mortelles et l’entrée de l’enceinte de la morgue, dotée d’une guérite gardée par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC).

Seul un membre de la famille éplorée a le droit de pénétrer dans l’enceinte de la morgue pour aller remplir les formalités de la conservation. Très souvent, une ou deux personnes préfèrent l’accompagner. Pour cela, il faut « négocier ». D’abord avec la police militaire, puis avec la Police nationale. A chaque passage, il faut débourser au moins 200 Fc par personne.

A la question de savoir pourquoi chercher à être à deux ou à trois pour les formalités d’usage, un homme, sous couvert de l’anonymat, explique : « Les agents commis aux différentes tâches à l’intérieur de la morgue ne sont sérieux et honnêtes. Lorsqu’ils viennent chercher le corps en le plaçant sur le chariot, ils vous proposent une certaine somme, qui varie entre trois et cinq mille francs congolais, pour que le corps, non embaumé, soit conservé dans de bonnes conditions, c’est-à-dire dans une loge où la climatisation fonctionne normalement. Malheureusement, une fois l’argent perçu, il peut ne pas respecter sa parole. C’est ainsi qu’il faut le suivre. Mais non sans remettre la somme de deux cents Fc ou plus aux gardes dont des policiers ». Tout ceci parce que, très souvent, les familles démunies se trouvent dans l’incapacité de recourir au formol pour une conservation appropriée des corps. En effet, il faut trouver 26.000 Fc pour ce faire.

Concernant les formalités d’usage, il faut payer 500 Fc pour avoir droit au jeton à présenter le jour du retrait du corps. Avec en annexe, le procès-verbal de témoignage de décès, au cas où celui-ci est survenu à domicile. Le document est délivré, moyennant 3.500 Fc, à la commune ou au bureau du quartier. Dans ce dernier cas, très souvent, sans preuve de paiement.