Union_europeenneL'Union européenne condamne les actes de violence perpétrés par les adeptes du mouvement politico-religieux congolais Bundu Dia Kongo (BDK), et trouve "légitime" que le gouvernement de Kinshasa fasse respecter son autorité sur l'ensemble du territoire national, a-t-on appris de source officielle.

Dans un communiqué rendu public mardi à Bruxelles, l'Union européenne prévient toutefois que "le maintien de l'ordre doit se faire dans le respect des principes de l'Etat de droit, sans recours disproportionné à la force afin d'éviter une radicalisation de la situation3.

Ces dernières semaines, la province du Bas-Kongo (RD Congo) est le théâtre des violences opposant les forces de l'ordre aux adeptes du BDK dont le leader, Ne Muanda Nsemi, est membre du Parlement national congolais.

Ne Muanda N'Semi s'inspire des idées lancées à l'époque coloniale par le prophète congolais Simon Kimbangu (fondateur de l'Eglise du Christ au Congo-dite kimbanguiste), et par le prophète angolais Simao Toko, qui appelaient, tous les deux, à la réunification du groupe ethnique des Bakongo, éparpillé sur les territoires de la RD Congo, du Congo (Brazzaville) et du Gabon, après la division du Royaume du Kongo dont la capitale, Mbanza Kongo-San Salvador se trouvait en Angola, par les anciennes puissances coloniales, Belgique et France.

Simon Kimbagu fut arrêté en 1928 par les autorités coloniales belges et incarcéré dans une prison souterraine au Katanga où il est mort. Ses adeptes furent pourchassés et internés dans des camps. Simao Toko fut déporté en Angola de même que ses adeptes.

Les mêmes idées, irrédentistes, sont soutenues au Congo/Brazzaville par le Pasteur N'tumi, qui est à la tête d'une milice opposée au gouvernement du président Sassou N'Guessou.

Ne Muanda N'Semi demande la création d'un Etat indépendant du Kongo central qui réunirait tous les Bakongo des trois pays RD Congo, Congo/Brazzaville et Gabon. L'homme politique semble ignorer que les frontières héritées de la colonisation sont consacrées dans des traités internationaux comme la Charte de l'ONU et celle de l'UA (Union africaine), et sont intangibles.

En outre, la situation des Bakongo est la même dans tous les pays africains où les mêmes groupes ethniques se retrouvent de parts et d'autres des frontières communes.

Ce qui est grave est que les Bakongo sont réputés pacifiques. La province du Bas-Congo est la seule de la RD Congo à n'avoir jamais connu de troubles politiques depuis l'indépendance de la RD Congo en 1960.

Les adeptes du BDK, rassemblés au sein d'une milice, s'attaquent aux représentants de l'Eglise catholique et aux pasteurs protestants ainsi qu'aux infrastructures de l'Etat, écoles, routes et ponts.

Au cours des opérations de répression des actes de violence par les forces de l'ordre, plusieurs morts et blessés ont été déplorés aussi bien du côté des adeptes du BDK que de la police congolaise.