Manifestation

Le gouvernement vient d’ajouter une certaine somme sur l’enveloppe salariale des professeurs, des chefs de travaux et assistants ainsi que les administratifs. Objectif visé : la reprise des enseignements dans les universités et instituts d’enseignement supérieur. Mais cette augmentation divise les grévistes.

Une grève paralyse depuis quelques jours les établissements universitaires et supérieurs du secteur public de la République démocratique du Congo. Les grévistes ont justifié ce mouvement par le fait que le gouvernement n’ait pas pris en compte leurs revendications dans le budget pour l’exercice 2008. Et ce, malgré ses engagements. Les grévistes ont juré ne reprendre les enseignements qu’à la condition que le gouvernement-employeur respecte ses engagements.

Au début, le gouvernement n’a montré aucune disposition à dialoguer avec eux pour tenter de trouver une solution à cette situation. La grève a littéralement paralysé les activités dans les universités et instituts d’enseignement supérieur du pays. Les étudiants n’ont pu que constater les faits. Parmi eux, les finalistes qui ne savent à quel saint se vouer, redoutant l’interruption de l’année académique en cours. Avec les conséquences qu’elle comporte. Notamment le non achèvement des cours prévus au programme. Ce qui, logiquement, va contraindre le gouvernement à choisir entre deux options : annuler cette année académique ou décider sa prolongation pour tenter de récupérer les jours de grève. Mais cela n’est pas sans courir le danger de voir perturber l’année académique et de retomber dans le passé où les années académiques tiraient en longueur. C’est-à-dire allaient au-delà du délai prévu par la loi.

Les étudiants disent ne rien comprendre du comportement de leurs professeurs. Selon eux, ces derniers s’étaient engagés à ne pas déclencher un mouvement de grève au cas où ils s’acquitteraient de leurs frais académiques, comme c’est le cas aujourd’hui.

Entre-temps, la situation dans les universitaires et instituts supérieurs continuait à inquiéter plus d’un. Avec risque d’une année blanche.

LA VOIX DE LA RAISON

Le gouvernement, ayant entendu la voix de la raison, a décidé de retrouver autour d’une table avec les délégués syndicaux de différents universités et instituts d’enseignement supérieur pour débattre de la question. Cadre choisi pour cette rencontre : l’Université de Kinshasa (Unikin). Le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaires, Léonard Masuga Rugamika, qui présidait cette rencontre, a souligné que le gouvernement se préoccupe de la bonne marche des universités et instituts d’enseignement supérieur du secteur public en République démocratique du Congo. Avant de demander aux professeurs, chefs de travaux et autres administratifs de travailler en toute conscience pour voir rayonner nos universités et instituts d’enseignement supérieur. « En revanche, le gouvernement garantit de s’occuper des conditions de travail et salariales », a promis le ministre de l’ESU, annonçant que le gouvernement s’engage à ajouter 500 dollars américains sur l’enveloppe salariale des professeurs, 100 dollars Us pour les chefs de travaux et assistant et 50 dollars Us pour les administratifs.

Par cette occasion, Léonard Masuga a tendu la main aux grévistes pour qu’ils mettent fin à leur mouvement et qu’ils reprennent les enseignements. Mais, le geste du gouvernement divise le corps professoral. Certains professeurs ont décidé de reprendre le travail tandis que d’autres, plus exigeants, ont tout simplement jugé continuer le mouvement de grève jusqu’à ce que le gouvernement-employeur réponde totalement à leurs doléances.

Source : le Pontentiel/Kinshasa