22 mars 2008
Affrontements à Kinshasa : une année après, les impacts demeurent
Le 22 mars 2007, des combats ont opposés en plein centre ville de Kinshasa, les FARDC aux éléments commis à la garde du Sénateur Jean Pierre Bemba. Selon certaines sources, ces combats de 2 jours ont fait plus de 200 morts. Une année après ces événements, radiookapi.net a fait le tour des endroits qui ont constitué les champs de tirs lors de ces affrontements.
Sur le boulevard du 30 juin, certains immeubles portent encore les traces de ces combats. Des trous trahissant l’impact des balles sont encore visibles sur le bâtiment des Nations Unies, sur l’immeuble abritant les services de la société Vodacom, de même que sur l’immeuble de la fédération congolaise des football (Fecofa), pour ne citer que ceux-là.
A la résidence où vivait Jean-Pierre Bemba, principal champ de tir, les impacts sont très perceptibles. Les vitres volées en éclat n’ont jamais été remplacées. Une partie de la toiture n’existe plus à cause de l’incendie déclanchée ce jour là, et des trous sont encore visibles dans les murs de la résidence.
Certains immeubles ont pu être totalement réhabilités. C’est le cas de la Banque internationale pour l’Afrique au Congo (Biac). D’autres ne le sont toujours pas. Le cabinet d’avocat Me Kalenga, situé eu 7e niveau de l’immeuble Interpol par exemple. Selon Me Kafwa, collaborateurs de Me Kalenga, plusieurs lettres ont été adressées au ministère de l’Urbanisme et Habitat pour solliciter la réparation du bureau. Les experts du ministère sont descendus sur les lieux pour une évaluation, mais aucune action ne s’en est suivie.
Le budget de la Ceeac arrêté à 8,6 milliards de F CFA à Kinshasa
Le conseil des ministres des Finances, Budget et de l’Intégration régionale des pays membres de la Ceeac (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale) dont les assises se sont déroulées dernièrement à Kinshasa, a arrêté le budget de cette organisation sous-régionale à 8,6 milliards de F CFA pour l’exercice 2008. Selon le compte-rendu fait à l’issue de cette réunion, le ministre des Finances de la Rdc, Athanase Matenda Kyelu, a indiqué que ce budget va donner au président en exercice de la Ceeac, Joseph Kabila, de bien mener sa politique en vue de contribuer à la paix, la stabilité et la sécurité dans la sous-région.Il a souligné que Joseph Kabila, en prenant ses fonctions en octobre 2007 à Brazzaville, a placé son mandat sous le signe de la continuité et de la redynamisation de la communauté en vue de conduire les Etats membres vers l’intégration économique régionale, à travers la réalisation de grands projets, regroupés en trois axes prioritaires à atteindre d’ici 2015. Il s’agit de : paix, stabilité et sécurité ; construction de grandes infrastructures et énergie ; eau et environnement. Le ministre Matenda a reconnu que le conseil a relevé une faiblesse dans la mobilisation des recettes attendues due en grande partie au non paiement des contributions par certains Etats membres.
Ils ont mis en œuvre un nouveau mécanisme de financement décidé à la dernière conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement des Etats membres de la CEEAC d’une part et la nouvelle clé de répartition des contributions annuelles de chaque Etat membre. L’objectif est de permettre à la Ceeac de parvenir à se doter des moyens nécessaires pour l’exécution de ses différents programmes et projets d’investissements.
La Rdc va s’acquitter de ses cotisations
« La République démocratique du Congo va s’acquitter de ses cotisations vis-à-vis de la Ceeac », a déclaré le ministre des Finances de la Rdc. « La Rdc qui est un pays post-conflit, va négocier un moratoire de 12 mois pour lui permettre d’apurer ses arriérés en vue de réconforter la position du président de la République et président en exercice de la Ceeac durant son mandat que ses pairs lui ont confié lors de la tenue de la XIII ème session de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres organisée à Brazzaville, le 30 octobre 2007 », a-t-il déclaré.
Affrontements à Kinshasa : une année après, les victimes témoignent
Plusieurs personnes gardent encore de mauvais souvenirs de ces événements. C’est le cas de Madame Geneviève, qui a perdu deux enfants pendant ces combats. Sa fille, grièvement blessée, suit encore des soins aux cliniques universitaires. Elle est prise en charge par le gouvernement, rapporte radiookapi.net
Madame Geneviève se dit incapable d’oublier ces événements. « Moi, j’ai de mauvais souvenirs. J’ai perdu mes deux enfants. Il y en a une qui avait eu un coup de balle et qui est encore internée jusqu’ à présent aux cliniques universitaires. Donc, c’est dur. Je ne parviens pas à oublier. Surtout qu’on s’approche de la date en question, je ressens encore de la douleur. Le deuil, c’est nous-même qui l’avons pris en charge. Même l’achat du cercueil et tout. Le gouvernement n’a rien remis. Ma fille, qui est hospitalisée avait eu des balles au niveau des jambes. Une jambe, ça va déjà, mais l’autre pas encore. Elle est internée aux cliniques universitaires. C’est le gouvernement qui paie les soins, les actes des médecins et l’hospitalisation. Au début, la famille s’en chargeait. Par après, on a quand même frappé des portes par ci, par là. Le gouvernement a quand même fini par la prendre en charge. »
Kinshasa : une année après les affrontements, le PPRD, le RCD et le MLC réagissent
Pour Me Jean Mbuyu, député national PPRD, la ville de Kinshasa connaît un climat de paix et de quiétude depuis les affrontements de mars 2007. Le sénateur Lola Kisanga du RCD ne partage pas ce point de vue. Quant au député Patrick Mayombo du MLC, il déclare qu’aucun changement n’a été observé sur tous les aspects, rapporte radiookapi.net
Selon Me Jean Mbuyu, les portes sont grandement ouvertes pour le retour du sénateur Jean-Pierre Bemba. « Depuis ces affrontements, on a vécu dans un climat de sérénité, un climat sans armes. Je ne veux pas dire qu’il n’y a pas de misère, mais en terme de sécurité, entendu au sens d’une crainte permanente d’attaque armée, je pense qu’aujourd’hui on peut dire, sans peur d’être contredit, que ce pari a été gagné par le président Joseph Kabila à Kinshasa. Les chances du sénateur Bemba sont toujours intactes. Il n’y a pour l’instant aucune interdiction légale contre lui, l’interdisant de revenir au pays. Mais, il dit que comme il y a un mandat et qu’il pourrait être recherché par la justice, il ne revient pas. C’est donc sur sa décision personnelle qu’il ne revient pas. Il ne s’agit pas d’une décision du gouvernement, du Sénat ou de l’Assemblée nationale. Non. Il s’agit de sa propre décision de ne pas revenir. Pourtant, les portes sont grandement ouvertes. »
Du côté du RCD, on ne partage pas le point de vue du PPRD quand au climat de sérénité évoqué par le député Mbuyu. Pour le sénateur Lola Kisanga du Rassemblement des Congolais pour la Démocratie, il n’y a pas eu de grands changements. « Par contre, il faut noter qu’il y a eu une sorte d’exacerbation des fractures politiques, une annihilation des vertus politiques. Et avec le risque, tel que vous l’aurez constaté, d’un retour en force des méthodes policières pour le règlement de nos différents dans le gestion. Le bureau du Sénat a été successivement saisi à trois reprises par le sénateur Jean-Pierre Bemba en vue de faire parvenir au bureau la justification de son absence aux travaux parlementaires, d’abord pour des raisons de soins médicaux, ensuite pour des raisons éminemment sécuritaires liées à son retour. Le bureau du Sénat y a réservé chaque fois une suite favorable. Maintenant, le sénateur n’est toujours pas de retour. La balle, à notre avis, est dans le camp du bureau du Sénat et entre les mains du gouvernement à qui revient la tâche de sécuriser la République et chaque citoyen. Le bureau a saisi le premier ministre, qui est le chef du gouvernement, pour lui transmettre les préoccupations de notre collègue et du Sénat, en ce qui concerne ces questions sécuritaires. Et nous attendons. »
Le MLC de Jean Pierre Bemba est strict. Aucun changement n’a été observé sous tous les aspects. Patrick Mayombe, député national MLC, estime en outre que l’absence de Jean-Pierre Bemba ne pose aucun problème, quant à la prochaine élection du porte-parole de l’opposition. « Moi, en tant que membre du MLC je ne vois pas ce qui a changé, naturellement. Il n’existe aucun texte qui stipule que pour qu’on organise les élections, il faut que le candidat soit présent. Même les élections législatives, les gens ont postulé et nombreux ne se sont pas rendus dans leurs fiefs électoraux. Il n’existe nulle part une loi qui précise cela. Donc on peut faire des élections avec ou sans Jean-Pierre
Source : Okapi/Kinshasa
Matadi : la population prône le dialogue entre le gouvernement et le BDK
Quelques avis de la population : « Bon, la solution au dossier BDK, il faut les entendre. C'est-à-dire qu’il faut se mettre autour d’une table et avoir un dialogue. C’est seulement ça. Parce que, quand un peuple, pas se révolte, mais a des desiderata à faire comprendre, il faut les écouter, les appeler et s’asseoir autour d’une table. Ecouter les uns les autres, qu’est ce qu’il faut faire, ainsi de suite. Mais, par la violence, on ne va pas résoudre ce dossier là. »
« Selon moi, ce qu’on sait, c’est que les BDK veulent que le pouvoir soit aux mains des Kongo. Même le pouvoir qui est en place actuellement, ils s’y opposent. Alors, pour terminer tout ce problème, il faut mettre ensemble les BDK et le gouvernement en place, afin qu’ils s’entendent. Qu’il y ait une conférence entre le gouvernement et le BDK, pour résoudre ce problème. Les BDK veulent que le pouvoir rentre entre les mains des Ne Kongo. »
« La solution serait de ne pas continuer avec les violences. Que ce soit du côté des BDK ou du côté du gouvernement, il faut cesser avec les violences. Que le gouvernement puisse plutôt accepter le dossier de revendication des BDK, analyser le problème et commencer déjà à répondre à chaque revendication, si cela est possible. Si les revendications sont fondées pour le développement de la communauté du Bas-Congo, eh bien, qu’on puisse l’appliquer. Il n’y a que ça comme solution. Mais si la solution est de passer par la violence, que ce soit par les membres du BDK, ou du côté du gouvernement, pour prétendre restaurer l’autorité de l’Etat, il faut aller faire n’importe quoi, eh bien, la solution ne va pas venir parce que la violence va toujours produire de la violence. »
« Pour moi, la solution, c’est comme dans tout foyer où il y a des problèmes. Il faut chercher la cause de ce problème et se réunir pour trouver la solution. C’est pour dire que c’est le dialogue qui va nous aider à atteindre la solution pour cette province. »




