images

La tenue des élections municipales et locales est hypothétique. Et pour cause. Pas de garantie sur la mobilisation des fonds nécessaires à l’organisation et l’absence d’intérêt manifesté par la population au regard de la situation socio-économique que connaît le pays depuis les dernières élections présidentielles et législatives, d’une part. D’autre part, des confidences glanées dans les états-majors des partis et regroupements politiques il se dégage une sorte d’apathie vis-à-vis de l’organisation de ce dernier quadrant du cycle électoral en RDC.

Dans cette incertitude, le président sortant de la CEI, M. l’Abbé Apollinaire Malumalu, vient de donner de la voix. Il a affirmé lundi que les scrutins municipaux et locaux auront lieu sans toutefois rassurer quant à la mobilisation des fonds requis pour leur organisation.

La cause semble entendue sur les élections municipales et locales. Il se dégage du constat fait que électeurs et élus ne sont plus chauds à poursuivre le processus électoral entamé depuis 2006 sur un tintamarre à nul autre pareil. Surtout lorsqu’on sait que les scrutins organisés jusqu’à présent ne semblent pas avoir donné des résultats escomptés.

Pour les électeurs, la raison principale invoquée est la déception. Depuis leur investiture, leur installation et autres procédés de prise de pouvoir, les élus n’ont pas donné des garanties sur la concrétisation des promesses faites pendant la campagne électorale à tous les niveaux. Tant à Kinshasa que dans les provinces, la population se dit abandonnée de la part de leurs élus.

D’ailleurs, elle ne s’en cache pas. L’insécurité, la vie chère, le renvoi aux calendes grecques du barème de Mbudi, les érosions, les violations des droits de l’homme, les violences faites aux femmes, les bruits de bottes, le recrutement des enfants dans les groupes armés, sont le lot quotidien de souverain primaire qui avait fondé tout son espoir en ses représentants, réputés légitimes.

Le front social gronde, les grèves se succèdent dans tous les secteurs publics. Du coup, le reste du processus électoral risque d’être une illusion.

Curieusement, le président de la CEI, M. l’Abbé Apollinaire Malumalu, est convaincu du contraire. Il affirme que le processus électoral ira jusqu’à son terme. Invité lundi 24 mars 2008 à une rencontre des femmes organisée par la division électorale et la section Genre de la Monuc, M. l’Abbé Apollinaire Malumalu,a saisi cette opportunité pour rassurer l’opinion quant à la tenue effective des élections municipales et locales.

Le président sortant de la CEI a indiqué que son organisation comptait sur l’appui du PNUD concernant la mobilisation des ressources matérielles et financières. Il a estimé le coût global du projet à 120 millions USD. 86 millions USD seront financés par les Nations unies tandis que le gouvernement congolais pourrait participer à hauteur de 25 millions USD, à débourser par des dotations mensuelles. Le reste du financement pourrait être pris en charge par d’autres partenaires, non encore identifiés. Du côté du gouvernement, rien de rassurant quand on sait ses priorités.

Il ressort clairement que le coordonnateur national du programme Amani tient beaucoup aux promesses des bailleurs de fonds. Il n’a rien dit sur le « retrait » de l’Union européenne du processus alors qu’elle en a été le grand bailleur avec une bagatelle de plus de 400 millions USD.

Contrairement à ce qu’affirme le président de la CEI, des observateurs avisés font remarquer que l’organisation des scrutins municipaux et locaux s’annonce plus fastidieuse que les législatives nationales et provinciales.

Par ailleurs, nombreux sont les électeurs qui ont perdu leurs cartes. La possibilité d’en avoir de nouvelles est jusque là écartée. D’autant que la CEI n’est pas en mesure de pouvoir y répondre. L’on rappelle que le matériel de la CEI, notamment les ordinateurs et autres véhicules, a été soit volé soit détruit. Une partie de ce matériel a été prêtée au gouvernement togolais ; aucune information n’a été livrée sur son remboursement.

Tous ces éléments mis ensemble font planer le doute sur la tenue effective des élections municipales et locales avant la fin de cette année.

Source : Le Potentiel/Kinshasa