31 mars 2008
Cabinda: Détention de plus 60 étrangers illégaux
Cabinda, 31/03 – 61 étrangers, qui résident illégalement dans la province de Cabinda, ont été détenus par la Police nationale durant les sept derniers jours.
Selon le rapport hebdomadaire de la police parvenu lundi à l’Angop, parmi ces détenus, 48 sont des ressortissants de la République Démocratique du Congo et 13 du Congo-Brazzaville.
D’après le document, tous ces étrangers illégaux se trouvent entre les mains des Services de Migration et Etrangers(SME).
Succession de Gizenga : déjà la guerre de tranchées!
A peine a-t-il « fêté » l’an 1 de l’investiture de son gouvernement, voilà que les nouvelles du limogeage du Premier ministre Antoine Gizenga se font de plus en plus insistantes. Cette fois-ci, la machine de la succession du patriarche est partie à la quatrième vitesse comme jamais cela n’avait été le cas auparavant. Dans tous les cas, la guerre de tranchées pour la succession du chef du gouvernement est ouverte.
Partira ? Partira pas ? Le départ d’Antoine Gizenga de son poste de premier ministre de l’actuel gouvernement s’est, une fois de plus, fait inviter dans les salons huppés de la ville. On en parle en des termes beaucoup plus précis que naguère au point où les dés semblent définitivement jetés pour l’actuel locataire de l’Hôtel du gouvernement. « Il est en train de passer ses derniers jours à la Primature », affirme une source digne de foi qui fait même état de « tout derniers réglages » qui s’opèrent au niveau de la famille politique du président de la République.
PAS SI FACILE QUE ÇA…
Pour beaucoup, il ne s’agit là que d’une vieille rengaine. Juste pour retomber dans des plaisanteries déjà ressassées du limogeage du premier ministre. Peut-être ont-ils raison dans la mesure où ce n’est pas pour la première fois qu’Antoine Gizenga est donné pour partant de la primature, sans qu’évidemment rien ne change dans la nomenclature. Pour peu qu’on accorde du crédit à ces « spéculations », laisse-t-on entendre sur un ton mi-moqueur mi-sérieux, jamais on n’a jusque-là quitté le domaine de la spéculation ou de ces frémissements à répétition qui, par saison, s’emparent du microcosme politique congolais.
Il est vrai qu’après toutes les péripéties qui ont jalonné les treize mois du « règne » d’Antoine Gizenga, l’heure est venue de donner absolument au pays un nouveau premier ministre. « On ne pense plus autrement à l’Alliance de la majorité présidentielle », confirme un membre de la Coordination de l’AMP dont le parti occupe la position de tête dans cette plate-forme politique. « Au jour d’aujourd’hui, se défend-on, la situation nous exige de prendre cette décision. Cela est d’autant plus vrai que nous parlons déjà du premier ministre Gizenga au passé ». « Si l’AMP ne le fait pas maintenant, avertit la même source, rassurez-vous que notre avenir politique et celui du chef de l’Etat ne seraient plus que derrière nous ».
La question est celle de savoir si le président de la République va en fin de compte se résoudre à se débarrasser d’Antoine Gizenga. « Quels dividendes le chef de la majorité va-t-il en tirer », se demande un autre dirigeant de l’AMP qui ne voit pas Joseph Kabila « prendre pour le moment un tel risque ». Un risque qui n’est pas du tout moindre quand on sait que le président de la République pourrait, dans ce cas-là, se mettre sur son dos tout l’Ouest, plus précisément la province de Bandundu dont les voix ont été déterminantes lors de la présidentielle de 2006.
QUELQUES HYPOTHESES
Fort du fait que le premier ministre n’a pas une côte d’enfer dans l’opinion où l’on critique sans ménagement son action à la tête du gouvernement de coalition, le PPRD, dans sa majorité, ne jure plus que par le départ, hic et nunc, d’Antoine Gizenga. On ne s’en cache plus. « Le décor est déjà planté. Pas question de continuer à soutenir un premier ministre qui a montré ses limites et ses insuffisances ; un premier ministre qui n’est pas visible et audible ».
Mais les choses pourraient ne pas être aussi faciles qu’on le croirait. « On est, rappelle-t-on, en face d’un gouvernement de coalition », qui a pour soubassement l’accord de gouvernement signé, fin 2006, entre l’AMP, le PALU et l’UDEMO. Mais, dans les coulisses du PPRD, l’on susurre que le consensus serait déjà obtenu à ce niveau pour mettre fin à cet accord de gouvernement. « Qui peut accepter que le chef de l’Etat puisse faire demain les frais de la mauvaise prestation du Premier ministre Gizenga », s’interroge-t-on dans ces milieux. « Ce serait suicidaire et pour Joseph Kabila et pour le parti car ils courent le risque, de plus en plus évident, de broyer du noir aux prochains scrutins », ne cesse-t-on de se dire.
L’on estime que plus rien, à ce niveau, ne s’oppose à ce que les pions soient replacés, tout en préservant l’équilibre géopolitique qui veut que le premier ministre soit de l’Ouest, contrairement au président de la République qui est de l’Est. « Même sans Gizenga, les intérêts du Palu seront sauvegardés », affirme-t-on à l’AMP dont la position ne serait pas vue de mauvais œil de la part des chancelleries occidentales qui ne cachent pas leur désenchantement vis-à-vis de l’actuel premier ministre.
Entre-temps, au Palu, on ne veut pas entendre une telle partition dans la mesure où le parti lumumbiste ne continuera à battre qu’au rythme de cet accord de gouvernance qui, selon ses membres, « court jusqu’à la fin de l’actuel mandat » qui est de cinq ans. « Nous nous en tenons à nos engagements comme à la prunelle de nos yeux », se défend-on bec et ongles au Palu.
Même si Antoine Gizenga tombait de son piédestal, il faudrait que le Palu, en tant que partie signataire, se charge de désigner celui qui va prendre la main. « Aucune autre instance que le Palu n’a le droit de proposer le nom du successeur de Gizenga », affirme-t-on.
La situation étant ce qu’elle est aujourd’hui, il est évident que le dernier mot revient au président de la République. Va-t-il faire le reste de son mandat avec ou sans Antoine Gizenga comme premier ministre ? On ne le sait. Mais ce qui est du moins sûr, la guerre de tranchées pour la succession de « Yandi ve » poursuit son bonhomme de chemin.
Kinshasa : début de la réunion des experts de la Grande Commission mixte RSA - RDC
Les travaux pourraient commencer lundi après-midi ou mardi demain. Les premières délégations congolaises sont arrivées très tôt ce lundi. Elles sont composées d'au moins 100 personnes dont une cinquantaine d'experts. Les formalités continuent au lieu même des réunions. La tâche des experts est de préparer le travail avec leurs homologues sud-africains. L’arrivée d’une dizaine de membres du gouvernement est prévue pour mardi à Pretoria, en vue de finaliser et avaliser le travail des experts.
La présence du président Kabila sur place à Pretoria est annoncée à la clôture qui devrait intervenir d’ici vendredi. Selon une source diplomatique sur place, Joseph Kabila tient à être présent vu l’importance de ces accords, en vue de manifester l’engagement de la RDC. A la 4e session de cette grande commission en août dernier à Kinshasa, le président sud-africain s’était déplacé pour l’occasion. Selon certains observateurs, le président congolais pourrait faire de même.
L’objectif de ces assises est d’instaurer une coopération qualifiée d’agissante par les deux pays. Cette 5e session se chargera en particulier de voir comment sont suivies les différents accords, et même d’en signer d’autres. Ces accords concernent plusieurs domaines dont la défense, la santé, les transports, les infrastructures et, bientôt, l’énergie selon un cadre du ministère congolais des Affaires étrangères. D’autres protocoles pourraient aussi être signés dans le cadre de l’environnement ou du transfert des connaissances dans le domaine de la recherche scientifique.
Le leader du BDK veut traduire le gouvernement devant la CPI
La salle de congrès du Palais du peuple s’est muée toute la journée d’hier, en une zone sismique où l’on a enregistré deux secousses telluriques de très forte amplitude.
La première est intervenue avec le long réquisitoire du Ministre de l’Intérieur Denis Kalume. Tout au long de son intervention fleuve, on a senti le sol se dérober sous les pieds des partisans de Bundu dia Kongo présents dans la salle, que le patron de la Sécurité a lourdement chargé.
Au point où les députés Ne Kongo ont éprouvé le besoin de se solidariser avec celui qui a porté haut les revendications des natifs de la province du Bas-Congo.
On l’a cru complètement déplumé, démoralisé et diminué à l’issue de la longue intervention réquisitoriale de Denis Kalume qui réclamait outre sa diabolisation, sa traduction devant la CPI. Pourtant, le gourou de Bundu dia Kongo est sorti de sa réserve de membre du pouvoir législatif pour décocher plusieurs fléches à l’endroit du gouvernement. Et il n’y est pas allé de main morte.
Des références historiques édifiantes
Sa réplique a été assaisonnée de plusieurs fragments historiques puisés à Timisoara, en Roumanie, où la nomenklatura à la solde de la communauté internationale avait obtenu l’arrestation, la condamnation et l’exécution du président Ceauscescu. Grâce aux enquêtes menées par des journalistes de New-York Time, les deux fosses communes attribuées au dictateur roumain se sont révélées un montage pour le diaboliser. Ne Muanda Nsemi très percutant, avec un verbe fignolé, n’a pas manqué d’évoquer les dossiers noirs de l’après-élection, notamment les revendications des populations frontalières à l’Est, au Katanga, au Kivu, en province Orientale, au Kasaï occidental.
La seconde secousse a été ressentie quand Ne Muanda Nsemi s’est interrogé sur la politique de deux poids deux mesures pratiquée par le gouvernement qui négocie à l’Est avec des milices armées et pactise avec le CNDP, un mouvement politico-militaire. Quant au Katanga, une milice tente d’agresser un ministre , membre du gouvernement, chasse les non originaires et les investisseurs étrangers. Le gourou de BDK n’avait pas été informé sur une quelconque répression policière, ni du retrait de l’agrément accordé aux partis politiques, ni de la demande de la levée de l’immunité parlementaire des dirigeants de ces formations politiques ! Le Bas-Congo est curieusement devenu, à ses yeux, une partie du territoire où la répression policière avec des bombes incendiaires, des roquettes, des massacres de la population civile, trouve son terrain de prédilection.
Une parenthèse dans sa vie privée, l’honorable Ne Muanda Nsemi a contesté le stéréotype de demi-dieu lui collé. A ce sujet, le gourou de BDK reconnaît que tout homme est esprit et un esprit vêtu de corps. Et dans la Bible, a-t-il laissé entendre, tout homme créé à l’image de Dieu ne serait-il pas un demi-dieu ?
Des délestages brusques à travers le Bas-Congo et Kinshasa
Par la suite, Ne Muanda a ouvert des chapitres relatifs au rétablissement de l’autorité de l’Etat qui dévoile le génocide des populations civiles, la destruction des lieux de culte, l’incendie des maisons de ses adeptes dont la plupart ont été réprimés dans le sang, certains jetés en prison, d’autres tués et basculés dans le fleuve.
Le courant stable quand Denis Kalume intervenait à la tribune de l’Assemblée nationale, a été brutalement coupé dans plusieurs quartiers chauds de Matadi, bastion du BDK. Quelques quartiers des communes de Kinshasa privés également d’électricité n’ont pas pu suivre la réplique du chef spirituel de Bundu dia Kongo. Il a donc fallu l’intervention du président de l’Assemblée nationale auprès des responsables de la Snel pour le rétablissement de la situation dans le Bas-Congo et dans la capitale.
Dans la salle de congrès, cette perturbation de la fourniture d’électricité a été interprétée comme une volonté du pouvoir de priver la population de l’autre son de cloche, celui de l’honorable Ne Muanda Nsemi.
Comme pour dévoiler l’étendue de son pouvoir, Ne Muanda Nsemi a dit que son mouvement est présent en Angola depuis 17 ans, au Cabinda depuis 15 ans, au Congo-Brazzaville, au Gabon, en Suisse, en France et en Grande-Bretagne.
Et il n’y a jamais eu des problèmes de xénophobie. Pour lui, la population réclame le départ du gouverneur Mbatshi et du vice-gouverneur Déo Nkusu, pour les remplacer par deux personnes populaires.
La diabolisation qui dévoile un regard partisan
On traite le BDK de mouvement politico-militaire. Le gourou renvoit ses détracteurs à l’époque de la transition politique de 1 + 4 qui a accordé une prime à tous ces mouvements entretenant une branchée armée. Comment alors le BDK ne s’est-il pas retrouvé dans cette architecture politique?
On l’a interrogé aussi sur ses déclarations sur RFI, au sujet de son projet d’un ensemble sous-régional en Afrique à l’image de l’Espace Schengen. Sur base des frontières artificielles héritées de la colonisation, il a démontré qu’on a séparé plusieurs peuples. L’exemple le plus frappant est celui du découpage des pays dont le tracé des frontières a scindé un cimetière en deux parties, au point que la tête d’un des ancêtres se trouvait d’un côté, et les restes du corps, dans l’autre pays. Et comment pouvait-on déposer une gerbe des fleurs sur la tombe en cheval sur la frontière ?
Répression policière ? Ne Muanda Nsemi parle plutôt de génocide. Les preuves abondent. Massacres, pillages, viols et destruction massive à Kingila, Kingombi, Musinda, Bandakani,Nseke-Banza, Lemba, Kinkenge et tant d’autres localités.
Son bilan des morts et des blessés approche le millier à Luozi, qui ont tous été jetés dans le fleuve. Deux fosses communes existent à Mbata-Siala avec 26 corps, et à Sundi avec 36 corps. Un rescapé récupéré et sauvé par MSF, pourra, a indiqué le gourou de BDK, témoigner sur les scènes horribles qu’il a vécues.
Ne Muanda exige la constitution d’une commission d’enquête indépendante pour investiguer sur le génocide dans le Bas-Congo. Et pour conclure, il a demandé à ses pairs de l’Assemblée nationale de ne pas se laisser manipuler, de traiter ce dossier non avec légèreté, mais avec sagesse. Car, selon lui, les revendications du peuple Ne Kongo sont celles de toutes les provinces. Pour les massacres, il exige que le régime soit traduit devant la Cour pénale internationale.
Les Congolais refusent une mort programmée
La récente sortie du ministre des Mines, marquée par la marche-arrière du gouvernement dans le dossier controversé des contrats miniers, provoque des vagues au sein de l’opinion nationale. Chez le commun des Congolais, la surprise est grande. En effet, l’Etat congolais, au lieu de foncer dans la voie de la défense des intérêts du peuple congolais hypothéqués par des pilleurs miniers depuis 2002 et dont les retombées négatives vont s’étendre sur 20 à 30 ans, semble vouloir les protéger.
L’annonce de la mise sur pied d’un nouveau panel pour le réexamen des contrats miniers déjà revisités par une commission mixte d’experts entre avril et octobre 2007 est très mal digérée. Pourquoi le gouvernement Gizenga n’exploite-t-il pas tout bonnement les conclusions de ce rapport qu’il a du reste endossé en décidant de le rendre public depuis le jeudi 20 mars 2008 ? Ses propres experts ainsi que ceux de la Société civile et d’organismes internationaux ont démontré, noir sur blanc, que sur un échantillon de 61 contrats miniers passés au tamis, aucun ne satisfait aux dispositions du Code minier, qu’un tiers est à renégocier et qu’en principe, les deux tiers sont à résilier.
De quoi l’Etat congolais a-t-il peur dans la phase de renégociation ou de résiliation d’accords visiblement suicidaires pour l’avenir de plusieurs générations de ses filles et fils ? La crainte la plus sérieuse de nos compatriotes est de voir le pouvoir central se rendre complice des personnes physiques et morales qui pillent le tiers du territoire national depuis 2002, sous couvert du Code Minier, et qui ont hypothéqué, pour plusieurs décennies, toutes les concessions minières de la République.
Sans une décision courageuse pour briser le front des criminels miniers, les Congolais d’aujourd’hui comme ceux des 20 ou 30 prochaines années sont condamnés à vivre dans la misère, leurs sources de richesses ayant été vendues aux plus offrants.
S’agissant de la peur des procès devant des juridictions étrangères, des patriotes se demandent si la communauté internationale va donner sa caution aux pilleurs du patrimoine minier de tout un peuple. Les Congolais sont victimes d’un génocide économique qui ne dit pas son nom. Les hommes et les femmes qui nous gouvernent ont le devoir nous faire rentrer dans nos droits, en faisant condamner les prétendus investisseurs qui ont profité du manque de scrupules de quelques inciviques en cravates. C’est tout simplement scandaleux que 60 millions de Congolais n’aient aucun mot à dire pendant 20 à 30 ans sur la destination que prennent des millions sinon des milliards de dollars que produit le pillage de leur diamant, cuivre, cobalt, or, coltan, zinc, cassitérite, manganèse, etc. C’est insupportable qu’ils n’aient aucun compte à demander à ceux qui ont torpillé leurs chances de développement de 2002 à 2008.
Source : le phare/kinshasa



