27 mars 2008
Affaire BDK à l’Assemblée nationale
De graves accusations de tentative de « coup d’Etat », « génocide » et frustration ont été portées hier mercredi 26 mars à Kinshasa contre « deux généraux du Maniema et du Katanga », qui auraient reçu – selon le député Ne Muanda Nsemi (leur identité n’a pas été dévoilée) - l’équivalent en livres sterling de 90 millions de dollars américains « en deux tranches de 30 et 60 millions ». Ce qui reste à prouver. C’était lors de la séance plénière d’hier mercredi à l’Assemblée nationale autour de la question orale initiée par le député Gilbert Kiakwama Kia Kiziki sur les événements du Bas Congo.
Premier à prendre la parole, le ministre de l’Intérieur, Denis Kalume, a imputé au chef spirituel du mouvement politico-religieux, Ne Muanda Nsemi, l’instauration d’un « Etat d’exception » à travers des « jugements », des menaces de mort et des attaques contre certains missionnaires chrétiens, la chasse aux policiers et aux agents des services de sécurité « non originaires » de la province du Bas-Congo. Le ministre de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité a accusé le chef spirituel de BDK, l’incriminant d’être « l’auteur intellectuel » de ce qui s’est passé dans le Bas-Congo. Il a affirmé que, ne sachant pas accéder à Ne Muanda Nsemi, le gouvernement a été obligé d’organiser une opération policière dont le but était de « restaurer l’autorité de l’Etat ».
Malheureusement, cette opération a causé morts d’hommes, a-t-il déploré. Il a procédé à la projection d’un film avec des images à l’appui. A travers ce film, on a démontré que BDK « est une épine dans le pied de la démocratie ». « Barbarie, violation massive des droits de l’homme ; xénophobie ; chasse aux non originaires ; rébellion ; attaques à tous les symboles de l’Etat » : ce sont là les quelques titres que comportait ce film.
Des actes qui, selon le ministre, sapaient à la base l’autorité de l’Etat dans cette partie du pays à travers l’instauration des tribunaux des BDK, des attaques et autres menaces de mort à l’égard de certains pasteurs et prêtres catholiques, des condamnations des personnes n’appartenant pas au BDK, la chasse menée contre les agents de la police, de l’Agence nationale de renseignements (ANR), ou encore de la Direction générale des migrations (DGM), dans certains postes frontaliers et des personnes d’autres origines que le Kongo.
D’où le ministre a sollicité que l’assemblée nationale de décider du sort à réserver aux responsables matériels et intellectuels de ces massacres, qui selon lui est le chef du mouvement BDK.
Ne Muanda Nsemi s’ explique
Devant les graves accusations mises à sa charge, Ne Muanda Nsemi a donné sa version des faits sur la situation dramatique qui prévaut dans le Bas-Congo suite aux événements macabres ayant endeuillé la province.
Dans son intervention, Ne Muanda Nsemi a commencé par attirer l’attention des députés sur leur responsabilité. Son exposé a porté sur la restauration de l’autorité de l’Etat, les vrais problèmes du Kongo central et sur la question de savoir où est la responsabilité du chef spirituel de Bundu dia Kongo (BDK). Mais avant d’en arriver là, Ne Muanda Nsemi a ouvert trois parenthèses, la première parenthèse a tourné autour de la « sévère mise en garde » que le président de l’Assemblée a faite au député Ne Muanda Nsemi lors de son discours d’ouverture de la session ordinaire de mars. Il a fallu donc qu’il fixe aussi l’opinion là-dessus.
La deuxième parenthèse a porté sur la responsabilité des députés devant l’affaire Bundu dia Kongo. Ne Muanda Nsemi a invité ses collègues à ne pas commettre l’erreur de se prononcer dans la précipitation sur ce dossier au risque de tomber dans le piège. Car, d’après lui, « le pays est infecté des Maradona » qui cherchent à faire des montages pour nuire. C’est ainsi qu’il a convié les députés à la vigilance.
Il a demandé au ministre en charge de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité de projeter toute son intervention sur son entretien avec ses adeptes et nulle part il n’a déclaré qu’il était un demi-Dieu. « J’ai été pris aux mots. Qu’on projette le film entier et on comprendra que les allégations du ministre ne se vérifient pas », a-t-il rejeté.
A cet effet, Ne Muanda Nsemi a relégué les accusations du ministre de l’Intérieur. A en croire le chef du mouvement BDK, « il s’agit d’un montage dont le but est d’écraser le mouvement BDK et ainsi taire toutes les frustrations et les injustices dont sont victimes les populations du Bas- Congo ». Lesquelles frustrations, a-t-il poursuivi, justifient certains comportements des adeptes de BDK.
Accusé d’avoir utilisé des armes à feu, Ne Muanda Nsemi a rejeté ce qu’il considère comme étant des allégations contre BDK. Il a exigé que justice soit faite. Par ailleurs, il a exigé la tenue d’une table ronde pour définir les normes de la politique qui doit être de mise à l’avenir dans la province portuaire. Il a, par ailleurs, réclamé que « le gouverneur actuel du Bas-Congo et son adjoint soient remplacés par deux dignes fils de la province qui sont populaires et que la Communauté internationale diligente une enquête pour établir toutes les responsabilités et punir les coupables ».
A la plénière d’aujourd’hui, les débats se poursuivent et les députés attendent des justifications de chaque côté. Chacune des parties devra, à l’issue des débats, apporter ses éléments de preuve pour étayer ses allégations. La situation qui prévaut dans le Bas-Congo est d’une extrême gravité que seule la vérité des faits devra départager les uns et les autres et rétablir la paix durable dans la province.
Source:le potentiel/Kinshasa
26 mars 2008
Binza-UPN : Joseph Kabila lance la réhabilitation de l'avenue ex 24 novembre
Le président de la République a donné mardi à la place UPN, à Binza dans la commune de Ngaliema, le coup d’envoi des travaux de réhabilitation de l’avenue de la Libération ex-24 novembre, à partir de la place UPN jusqu’au rond point Moulaert dans la commune de Bandalungwa à Kinshasa. Pour un coût estimé à 13 millions de dollars financés par le Fonds koweitien et le gouvernement congolais, ces travaux d’une durée de 15 mois vont être exécutés par les entreprises Green Line et Afritec.
Ils vont consister à la rénovation de chaussées, aménagement des caniveaux et des parkings pour taxis, ainsi que des travaux de lutte anti-érosive.
Le ministre des infrastructures, travaux publics et reconstruction, présent à la cérémonie, a affirmé l’engagement du gouvernement dans la concrétisation des travaux lancés dans le cadre du programme de reconstruction du pays.
Pierre Lumbi a invité les membres du gouvernement à éviter toute démagogie, aussi a-t-il annoncé le lancement progressif des travaux de réhabilitation de la voirie de Kinshasa sur environ 350 Km et d’autres chantiers notamment à Bukavu et dans le Katanga dans les prochains jours.
5 chantiers de Kabila : les grands travaux lancés !
Au Président Kabila, Pierre Lumbi a confié, hier mardi 25 mars 2008, que deux projets seront lancés par mois sur toute l’étendue de la République. La réhabilitation et la modernisation de la route qui relie Bukavu à l’aéroport et l’autoroute Lubumbashi- Kasumbalesa, c’est déjà dès ce mois d’avril. Joseph Kabila, en personne, devrait procéder, à brève échéance, à la pose de la première pierre. Hier, Kabila a donné le coup d’envoi de la réhabilitation de l’avenue de Libération. La route Matadi subit déjà des travaux de réfection.
Il semble que cette fois, ce n’est plus un effet d’annonce. Les grands travaux dont le lancement a souvent été annoncé avant d’être repoussé sine die, vont devoir effectivement démarrer. C’est le moins que l’on puisse dire après toute l’activité déployée par l’exécutif national dans le courant de la journée d’hier mardi. Joseph Kabila, son ministre des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction, Pierre Lumbi, et, dans une certaine mesure, le Gouverneur André Kimbuta Yango de la ville-province de Kinshasa sont allés au contact du terrain. Kabila a procédé au lancement des travaux de réhabilitation de l’avenue de Libération, ex 24 novembre. Les travaux, ont affirmé les officiels, ne s’éterniseront pas comme il a été souvent le cas en RD Congo. Pas de démagogie. Progressivement, les 350 KM de voirie de la ville Kinshasa seront refaits. Il y avait du monde ce mardi à attendre l’arrivée de Kabila pour le lancement des travaux. En quoi consistent ces travaux ? Selon le conseiller principal du Président Kabila, Kimbembe Mazunga, ces travaux concernent le désengorgement de la chaussée en deux voies, la réhabilitation des caniveaux et drainage, l’aménagement des parkings pour les taxis ainsi que la lutte anti-érosive au niveau de la commune de Selembao et enfin l’élargissement de la chaussée Matadi. Un rond-point est prévu au croisement des avenues Victoire et Sergent Moke. Sur le plan de son utilité, la route qui va être reconstruite est un raccourci permettant de relier le centre-ville et le quartier UPN. Cette route, a-t-on appris à la Direction urbaine des Transports, traverse six communes. Une fois réhabilitée, elle contribuera au désengorgement des axes Kipasa, Delvaux et By Pass. Le coût global de travaux est évalué à 16 millions de dollars américains. Le financement provient du Fonds koweitien et du Gouvernement congolais. La durée est de 15 mois.
André Kimbuta, pour sa part, a lancé un appel à un sens de civisme. Le message consistait à mettre en garde contre le vol de matériaux et la destruction de l’ouvrage. Il a engagé l’Hôtel de Ville pour prendre en charge l’éclairage public sur le tronçon réhabilité.
Dans l’opinion, la réaction est mitigée. Les gens sont visiblement fatigués d’assister aux coups d’envoi des travaux sans que ceux-ci n’aboutissent. On souhaite que Kabila s’engage personnellement à fond. Certains ont exprimé leur crainte de voir les érosions dont les têtes sont à quelques encablures de la route Matadi emporter l’édifice. Une façon de dire qu’il était temps de s’attaquer aussi aux érosions.
Source/La Prosperité
Elections municipales et locales : le doute persiste
La tenue des élections municipales et locales est hypothétique. Et pour cause. Pas de garantie sur la mobilisation des fonds nécessaires à l’organisation et l’absence d’intérêt manifesté par la population au regard de la situation socio-économique que connaît le pays depuis les dernières élections présidentielles et législatives, d’une part. D’autre part, des confidences glanées dans les états-majors des partis et regroupements politiques il se dégage une sorte d’apathie vis-à-vis de l’organisation de ce dernier quadrant du cycle électoral en RDC.
Dans cette incertitude, le président sortant de la CEI, M. l’Abbé Apollinaire Malumalu, vient de donner de la voix. Il a affirmé lundi que les scrutins municipaux et locaux auront lieu sans toutefois rassurer quant à la mobilisation des fonds requis pour leur organisation.
La cause semble entendue sur les élections municipales et locales. Il se dégage du constat fait que électeurs et élus ne sont plus chauds à poursuivre le processus électoral entamé depuis 2006 sur un tintamarre à nul autre pareil. Surtout lorsqu’on sait que les scrutins organisés jusqu’à présent ne semblent pas avoir donné des résultats escomptés.
Pour les électeurs, la raison principale invoquée est la déception. Depuis leur investiture, leur installation et autres procédés de prise de pouvoir, les élus n’ont pas donné des garanties sur la concrétisation des promesses faites pendant la campagne électorale à tous les niveaux. Tant à Kinshasa que dans les provinces, la population se dit abandonnée de la part de leurs élus.
D’ailleurs, elle ne s’en cache pas. L’insécurité, la vie chère, le renvoi aux calendes grecques du barème de Mbudi, les érosions, les violations des droits de l’homme, les violences faites aux femmes, les bruits de bottes, le recrutement des enfants dans les groupes armés, sont le lot quotidien de souverain primaire qui avait fondé tout son espoir en ses représentants, réputés légitimes.
Le front social gronde, les grèves se succèdent dans tous les secteurs publics. Du coup, le reste du processus électoral risque d’être une illusion.
Curieusement, le président de la CEI, M. l’Abbé Apollinaire Malumalu, est convaincu du contraire. Il affirme que le processus électoral ira jusqu’à son terme. Invité lundi 24 mars 2008 à une rencontre des femmes organisée par la division électorale et la section Genre de la Monuc, M. l’Abbé Apollinaire Malumalu,a saisi cette opportunité pour rassurer l’opinion quant à la tenue effective des élections municipales et locales.
Le président sortant de la CEI a indiqué que son organisation comptait sur l’appui du PNUD concernant la mobilisation des ressources matérielles et financières. Il a estimé le coût global du projet à 120 millions USD. 86 millions USD seront financés par les Nations unies tandis que le gouvernement congolais pourrait participer à hauteur de 25 millions USD, à débourser par des dotations mensuelles. Le reste du financement pourrait être pris en charge par d’autres partenaires, non encore identifiés. Du côté du gouvernement, rien de rassurant quand on sait ses priorités.
Il ressort clairement que le coordonnateur national du programme Amani tient beaucoup aux promesses des bailleurs de fonds. Il n’a rien dit sur le « retrait » de l’Union européenne du processus alors qu’elle en a été le grand bailleur avec une bagatelle de plus de 400 millions USD.
Contrairement à ce qu’affirme le président de la CEI, des observateurs avisés font remarquer que l’organisation des scrutins municipaux et locaux s’annonce plus fastidieuse que les législatives nationales et provinciales.
Par ailleurs, nombreux sont les électeurs qui ont perdu leurs cartes. La possibilité d’en avoir de nouvelles est jusque là écartée. D’autant que la CEI n’est pas en mesure de pouvoir y répondre. L’on rappelle que le matériel de la CEI, notamment les ordinateurs et autres véhicules, a été soit volé soit détruit. Une partie de ce matériel a été prêtée au gouvernement togolais ; aucune information n’a été livrée sur son remboursement.
Tous ces éléments mis ensemble font planer le doute sur la tenue effective des élections municipales et locales avant la fin de cette année.
Source : Le Potentiel/Kinshasa
25 mars 2008
Matadi : Kabila retourne ce mardi à Kinshasa
Aucun compte rendu n’a filtré de la réunion conjointe conseil des ministres et conseil de sécurité présidée lundi par le chef de l’Etat. Le porte -parole du gouvernement provincial du Bas-congo, Dieudonné Pambu Ntima, a laissé entendre que Joseph Kabila aimerait voir s’appliquer la décision d’interdiction des activités du Bundu dia Kongo (BDK), mais aussi la mise en route rapide des actions sociales décidées en faveur de la province du Bas congo. Ces actions concernent notamment l’adduction d’eau et d’électricité ainsi que la réfection de certaines routes principales.
Le chef de l’Etat a également reçu les notables, les confessions religieux et les milieux d affaires, Nkuti ya Longo, s’exprimant au nom des notables du Bas Congo, affirme qu’ils ont parlé avec le chef de l’Etat sur le retour rapide de la paix dans le Bas Congo. Ces notables affirment avoir condamné les méthodes utilisées par le mouvement politico-religieux BDK. Néanmoins, ils estiment que le dialogue ne doit pas être rompu avec ce groupe.
Pour Dieudonné Pambu Ntima, porte-parole du gouvernement provincial du Bas Congo, il n y a plus de dialogue entre l’exécutif provincial et le BDK, car ce dernier n’existe pas juridiquement. Les milieux d’affaires souhaitent que l’Etat prenne ses dispositions pour que la sécurité et la paix règnent pour favoriser la circulation des biens et des services. Ils ont aussi plaidé pour une réduction de certaines taxes qui pèsent selon eux sur leurs affaires.
RDC : Bumbu : l’électricité rétablit au quartier Dipiya après une année
L’électricité vient d’être rétabli au quartier Dipiya, dans la commune de Bumbu, après une année d’interruption. Cette interruption a préjudicié la population. Les activités commerciales ont sensiblement diminué. Ceux qui les exerçaient ont été obligés, soit de mettre la clef sous le paillasson, soit de poursuivre leurs activités en affrontant des difficultés de tous ordres. Tel est le cas de ceux qui sont dans le secteur de la vente de boissons au détail ou qui détiennent des moulins à manioc. Certains ménages ont recouru à la braise, dont le prix n’était pas à la portée de toutes les bourses, pour préparer leur nourriture, et à la bougie pour éclairer leurs maisons la nuit. A la faveur de l’obscurité, les hommes à main armée non autrement identifiés et autres délinquants extorquaient téléphones portables, bijoux et argent aux passants, la nuit venue. Tout comme ils pénétraient les propriétés d’autrui pour voler, violer et parfois tuer les occupants, laissant les familles sous le choc. Cela n’est qu’un mauvais souvenir, espère la population qui a orga
Contrats miniers : le volte-face du gouvernement
La revisitation des contrats et conventions signées par des entreprises publiques et d’économie mixte dans le secteur minier, dont la plupart ont été taxés de « léonins », reste une gageure pour maints observateurs. La volonté du gouvernement, d’aller jusqu’au bout du processus enclenché, serait mise à rude épreuve. Au cours d’un point de presse hier lundi en son cabinet, le ministère des Mines, Martin Kabwelulu, est presque intervenu pour colmater les brèches, insistant sur les équilibres à rétablir et des réajustements à opérer. Plus question de résilier unilatéralement les contrats mis en cause par la commission. Un changement de langage qui laisse percevoir une sorte de volte-face dans le chef du gouvernement. Lui – en tout cas, le même ministre des Mines - qui n’avait pas hésité, en juin 2007, au lancement des travaux de la commission, de tout mettre en œuvre pour « faire respecter l’Etat congolais ». Bien plus, la composition du panel chargé de la poursuite du processus de revisitation des contrats miniers laisse un arrière-goût de la politisation du dossier. Entre juin 2007 et mars 2008, le gouvernement aura souffler le chaud et le froid dans la revisitation des contrats et conventions minières. Ce qui justifie aujourd’hui son revirement.
Après maints commentaires suscités par la publication jeudi dernier du rapport final de la commission de revisitation des contrats et conventions minières, c’est le tour aujourd’hui du ministre des Mines, Martin Kabwelulu, de monter au créneau pour remettre les pendules à l’heure. Il était temps pour le numéro un des Mines congolaises d’entrer dans la danse au regard du grand remous provoqué par le rapport rendu public la semaine dernière sur le site web de la Cellule technique de planification et de coordination minière.
Surprise ! L’homme, qui affichait il y a quelques jours une ferme détermination d’aller au bout de la logique de revisitation pour rétablir l’Etat congolais dans ses droits, s’est totalement rebiffé. Pire, il est allé jusqu’à vanter le Code minier de 2002 qu’il avait, pourtant, sévèrement critiqué quelques jours auparavant, à l’ouverture des 5èmes journées minières, organisées à Kinshasa du 12 au 17 mars 2008.
Qu’est-ce qui serait passé entre-temps ? C’est tout le mystère du scénario qui entoure désormais le processus de revisitation des contrats et conventions minières signées par des entreprises publiques et d’économie mixte dans le secteur des mines.
LE GOUVERNEMENT, SEUL MAITRE A BORD
Ni le Parlement, encore moins la Société civile, ne seront associés au processus de revisitation des contrats miniers. Le panel chargé de gérer ce dossier est composé de huit membres du gouvernement auxquels est associé le directeur de cabinet du président de la République. C’est ce qu’a annoncé le ministre des Mines au cours du point de presse animé hier lundi en son cabinet de travail. Selon Martin Kabwelulu, il s’agit d’une matière purement « technique » qui relève du gouvernement, quand bien même celui-ci serait responsable devant le Parlement.
Le ministre des Mines a, en liminaire, rappelé que l’annonce de la revisitation des contrats miniers a été faite par le Premier ministre lors de son investiture devant l’Assemblée nationale. Cette revisitation visait deux objectifs principaux, à savoir la maximisation des bénéfices à tirer par l’Etat congolais des partenariats conclus par les entreprises publiques et l’assainissement du secteur minier. Le rapport de la commission mise en place par le gouvernement pour accomplir cette tâche a révélé qu’il se posait réellement des problèmes qui ont poussé à la dénonciation desdits contrats par les ONG et la presse. Ces problèmes sont relatifs à la validité et l’équilibre des contrats ainsi qu’à des vices de procédure dans la conclusion de certains contrats miniers.
LE REVIREMENT
Martin Kabwellu a affirmé que le processus de revisitation des contrats miniers a déjà franchi trois étapes. Primo, les notifications des conclusions de la Commission ainsi que des exigences du gouvernement ont été transmises aux partenaires. Secundo, ces derniers ont déjà répondu à ces préoccupations du gouvernement. Tertio, le rapport final de la commission chargée de la revisitation a été rendu public.
S’agissant de la suite du processus, il a indiqué qu’il a été mis en place un panel dirigé par le ministre d’Etat en charge de l’Agriculture, en sa qualité de président de la commission économique et technique du gouvernement. Ce panel comprend le ministre des Mines et son vice, ceux des Finances, du Budget et du Portefeuille ; le ministre d’Etat près le président de la République et le ministre près le Premier ministre.
Aucun contrat minier n’a été classé en catégorie A, C’est-à-dire contrats viables. La plupart des contrats miniers se sont révélés sans effet sur le terrain. Seuls cinq contrats sur les 60 examinés se retrouvent dans la phase d’exploitation minière, alors que six se trouvent encore en phase exploratoire quand les 49 autres sont trafiqués dans les grandes places boursières du monde sans qu’un coup de pioche ait été donné sur terrain.
Par ailleurs, des investisseurs dans ce secteur bénéficient jusqu’à 600 % lors de la vente des produits d’exploitation, quand l’Etat congolais se contente de 5% lui alloués. Quelques dispositions du Code minier ne sont pas convenables, notamment l’article 234 qui stipule que tout produit marchand est exonéré à l’exportation.
Tous ces faits, étalés par le ministre des Mines, soutenus en rescousse par le vice-ministre, justifieraient bien l’exigence du gouvernement de renégocier ou résilier la plupart des contrats miniers.
Mais, voilà que, dans son point de presse, le ministre des Mines insiste sur des équilibres à rétablir, des réajustements à opérer dans le cadre du processus de revisitation des contrats miniers. Il révèle que nombre d’investisseurs se sont déjà mis sur la voie des exigences formulées par le gouvernement.
Du coup, le bâton brandi dans le rapport de la commission de revisitation tend à se muer en carotte. La menace, traduite sur un ton tranchant, s’est volatilisée, cédant la place à un langage plus modéré. « Tout dépend désormais des parties contractantes qui doivent se retrouver pour voir si elles peuvent arriver à l’annulation ou à la renégociation », a dit Martin Kabwelulu, s’agissant de l’éventualité de la résiliation des contrats miniers indexés par la commission de revisitation.
Que le ministre des Mines déclare dans l’échange avec la presse que le but poursuivi par le gouvernement n’est pas de renégocier ni de résilier à tout prix les contrats signés mais, au contraire, de rétablir les déséquilibres dans la conclusion des contrats miniers laisse l’impression d’un bémol.
Qu’est-ce qui pourrait expliquer tout à coup cette attitude conciliante ? Même le Code minier sur lequel il avait trouvé à redire lors des 5èmes Journées minières n’est plus du tout néfaste. « Les participants ont noté que, globalement, les principes et modalités de ce code doivent être maintenus ». De là à dire que le gouvernement a fait volte-face, il n’y a qu’un pas, qui est vite franchi.
Cette volte-face rejoint ce que le député Christophe Lutundula avait dit au temps chaud de la publication controversée du rapport de la commission de revisitation. Selon le 2ème vice-président de l’Assemblée nationale, les contrats miniers signés ne pourraient pas, pour des raisons d’Etat, être résiliés. Il avait associé cela au classement sans suite d’un dossier judiciaire, du moment que l’on en connaît les retombées politiques.
Des sources ont fait savoir à notre rédaction que quelques entreprises minières concernées par l’absence de validité et les vices de procédure dans la conclusion des contrats auraient bénéficié des béquilles politiques, réputées avoir agi au nom de l’Etat congolais. Dans ce cas, des poursuites judiciaires deviendraient difficiles, sinon compliquées.
Elles rappellent que l’on se retrouverait dans un contexte qui s’apparenterait à celui de l’époque de la Sengamines et même un plus tôt, à celui de la Sizarail.
SILENCE COMPLICE DU PARLEMENT
Au-delà de toute l’épopée du processus de revisitation ds contrats et conventions minières, lancé en grande pompe par le gouvernement en juin 2007, c’est aujourd’hui la position ambiguë du Parlement qui inquiète. Se disant, cependant représentants élus du peuple, les membre de l’Assemblée nationale tout comme ceux du Sénat affichent une indifférence indescriptible face à une action engagée par le gouvernement, aux graves conséquences sur des engagements souscrits en son temps par l’Etat congolais.
Tout se passe comme si pour le Parlement, le gouvernement – qui pilote ce processus – doit rester jusqu’à preuve du contraire boucler sa démarche quels qu’en soient les méandres. Le sujet ne préoccupe donc nullement le Parlement. Complicité ou insouciance. Difficile de se lancer sur cette voie. Toujours est-il que l’attitude du Parlement rappelle bien le sort que l’Assemblée nationale a dû réserver au rapport de la Commission Lutundula. D’où, sans doute les membres de la commission de revisitation ont tiré nombre d’informations portées dans leur rapport final. La Commission Lutundula a révélé des faits que l’on dénonce aujourd’hui au travers de la commission, de la revisitation. Mais, à l’époque, personne ne s’en est émue – le classant sans doute dans les charges et pertes diverses de la longue période de guerre qu’a connue la RDC. Aujourd’hui ne serait-ce qu’au non de la justice transitionnelle, il y a des vérités qu’il faut rétablir. Et, des gens qui ont eu, pendant une époque de l’histoire de ce pays, à assumer des charges publiques doivent impérativement répondre de leurs actes. C’est sur quoi l’on attend le Parlement agir.
La belle entrée en matière serait peut-être le processus de révisitation où le gouvernement semble avoir perdu le Nord.
Source : Le Potentiel/Kinshasa
Godefroid Mayobo : « le gouvernement congolais avait le droit de retirer l’autorisation de fonctionnement au BDK »
Godefroid Mayobo qualifie les activités non sociales de BDK d’anarchiques. « Je crois que nous devrons clarifier que la démocratie ne veut pas dire que tout le monde a les mêmes prérogatives. Il ne faut pas croire que tout le monde peut remplacer l’Assemblée nationale, le gouvernement ou faire office du chef de l’Etat. Nous n’avions pas à nous prononcer sur des situations de danger de la sécurité ou de pacification sous le territoire national ; le président de la République et le gouvernement n’étaient pas obligés de passer à des consultations qui ont un caractère de demande d’explication ou d’autorité préalable », a-t-il ajouté
A propos de l’interpellation du premier ministre, Godefroid Mayobo indique que ce dossier est déjà réglé car la demande a été jugée irrégulière par l’Assemblée nationale. Pour Godefroid Mayobo, le Palu n’a aucune précaution à prendre par rapport à ce problème. Selon lui, si une interpellation est déposée, elle concerne le premier ministre dans son action par rapport à la nation, donc elle ne devrait pas concerner seulement le Palu.
Binza-Delvaux : reprise des travaux de réhabilitation sur la route de Matadi
La réhabilitation des infrastructures routières reste une priorité pour le gouvernement. Cependant dans la capitale, ces travaux connaissent parfois un arrêt brusque sans aucune explication. C’est le cas du tronçon compris entre Delvaux et Top Top, dans la Commune de Ngaliema. Ici, la population explique que les travaux ont repris suite au passage du chef de l’Etat, en partance pour Matadi.
Un habitant de cette commune déclare : « Après le passage du chef de l’Etat vendredi à 5h, nous avons subitement vu les gens de l’entreprise Stever Construct venir avec leurs engins, alors qu’ils avaient déjà abandonné les travaux depuis deux mois. Le chef de l’Etat avait constaté qu’il y avait abandon du travail. Les journaliers de cette société nous ont dit que le chef de l’Etat leur avait dit qu’il devait rentrer le dimanche et ils faisaient tout pour que les travaux prennent fin avant le retour du chef de l’Etat ».
De son côté, le directeur général de l’entreprise Stever Construct, Liévin Nkuna, justifie plutôt que cette reprise des travaux par l’acquisition des matériels qui faisaient défaut il y a quelques mois. « Ce n’est pas parce que le chef de l’Etat était passé ici que nous avons repris le travail. Nous travaillions normalement comme dans d’autres chantiers. Nos deux fournisseurs ne nous avaient pas fournis des matériels. L’un était em panne et l’autre em grève. Après la route de Matadi, nous irons réhabiliter les routes de de Gramalic, Bangala et de l’université ».
Si une attention particulière n’est pas accordée aux problèmes des infrastructures routières, certains coins de la ville de Kinshasa risquent de rester impraticable.
22 mars 2008
Affrontements à Kinshasa : une année après, les impacts demeurent
Le 22 mars 2007, des combats ont opposés en plein centre ville de Kinshasa, les FARDC aux éléments commis à la garde du Sénateur Jean Pierre Bemba. Selon certaines sources, ces combats de 2 jours ont fait plus de 200 morts. Une année après ces événements, radiookapi.net a fait le tour des endroits qui ont constitué les champs de tirs lors de ces affrontements.
Sur le boulevard du 30 juin, certains immeubles portent encore les traces de ces combats. Des trous trahissant l’impact des balles sont encore visibles sur le bâtiment des Nations Unies, sur l’immeuble abritant les services de la société Vodacom, de même que sur l’immeuble de la fédération congolaise des football (Fecofa), pour ne citer que ceux-là.
A la résidence où vivait Jean-Pierre Bemba, principal champ de tir, les impacts sont très perceptibles. Les vitres volées en éclat n’ont jamais été remplacées. Une partie de la toiture n’existe plus à cause de l’incendie déclanchée ce jour là, et des trous sont encore visibles dans les murs de la résidence.
Certains immeubles ont pu être totalement réhabilités. C’est le cas de la Banque internationale pour l’Afrique au Congo (Biac). D’autres ne le sont toujours pas. Le cabinet d’avocat Me Kalenga, situé eu 7e niveau de l’immeuble Interpol par exemple. Selon Me Kafwa, collaborateurs de Me Kalenga, plusieurs lettres ont été adressées au ministère de l’Urbanisme et Habitat pour solliciter la réparation du bureau. Les experts du ministère sont descendus sur les lieux pour une évaluation, mais aucune action ne s’en est suivie.










