train

Le Gouvernement a décidé de confier certaines « grandes » entreprises congolaises à une expertise internationale privée. Le but est d’arrêter la dégradation des conditions d’exploitation et de la situation technique, opérationnelle et financière de ces importantes unités qui pour la plupart sont en faillite de fait , incapables de rendre les services de qualité aux utilisateurs.
Durant une période de 24 mois, des consultants internationaux recrutés sur appel d’offres, conduiront une mission de stabilisation avec le concours de cadres nationaux, eux aussi recrutés sur concours. Ces cadres nationaux, AGDA et ADF sont actuellement en place dans les entreprises concernées à savoir la RVA, la SNCC et l’ONATRA.
Nos entreprises pourront ainsi bénéficier d’une assistance technique fournie par des cabinets professionnels spécialisés.
L’assistance technique recherchée pour la stabilisation des activités de ces principales entreprises a un double objectif :
- l’amélioration de la gestion et la fiabilisation de leur système d’informations respectives ;

- la préparation de leur restructuration.

Parmi les entreprises concernées par le programme de stabilisation figure l’Office National des Transports « ONATRA ».
Côté Gouvernement, on ne traine pas les pieds.
Faisant siennes les recommandations du Ministère du Portefeuille, appuyé par son organe technique le Comité de Pilotage de la Réforme des Entreprises publiques COPIREP, le Gouvernement a décidé de confier la mission de stabilisation de l’ONATRA à la firme espagnole PROGOSA.
Cette décision n’est pas le fait du hasard, mais plutôt l’aboutissement d’un rigoureux processus de sélection qui a concerné pas moins de neuf cabinets internationaux spécialisés du secteur des transports, provenant de diverses pays.
C’est en effet en juin 2007 que le COPIREP à commencé l a publication de l’avis à manifestation d’intérêt pour une mission de stabilisation de l’ONATRA. La presse locale et internationale, ainsi que le site Internet du COPIREP www.copirep.org ont été mis à contribution.
La procédure de sélection a aboutit près de six mois plus tard, par le choix du Groupe PROGOSA.
Des nombreux observateurs sont d’avis que l’état de déliquescence avancée de nos entreprises publiques trouve leur origine dans une gestion calamiteuse du bien public. Il ne s’agit pas de compétence, loin s’en faut. Le mal est ailleurs, notamment dans cette propension à l’enrichissement illicite à grande vitesse. Dans la plupart des cas, le premier acte de gestion de beaucoup de nos cadres est lié à son propre confort.
Dans ces conditions, l’aboutissement de la procédure de sélection de la firme qui doit conduire la mission de stabilisation de l’ONATRA sonne comme la fin d’une époque. Et pour les autres entreprises, c’est le prélude de la fin. Surtout que pour la circonstance, PROGOSA s’est associé l’expertise de deux sous traitants, la firme française SYSTRA, et le cabinet de renommée internationale PRICE WATERHOUSE. SYSTRA apportera ses connaissances dans le domaine des chemins de fer, et PRICE WATERHOUSE veillera sur les finances.
Quand on connaît la rigueur de PWC, il n’est pas étonnant qu’une certaine presse se fasse l’écho la presse d’inquiétudes et de réserve filtrant des bureaux de directions et non de la masse des travailleurs sur le choix du Groupe PROGOSA.
Le Groupe n’en est pas à sa première expérience. En 2003, le Gabon lui confie la gestion partielle des ports d’Owendo et de Port Gentil, puis un an plus tard la gestion du port sec de Franceville.
Le Sénégal lui confie en 2004 les opérations de manutention à Dakar.
Mais déjà en 2001, POROGA avait entrepris un fructueux partenariat avec le TOGO, dans la gestion du port de Lomé.
Grâce à l’action de PROGOSA, le port de Lomé possède aujourd’hui, des infrastructures performantes et compétitives. Et l’activité s’en ressent. Entre 2002 et 2006, le trafic total du Port de Lomé est passé de 3 976 055 à 5 349 195 tonnes. Un taux de croissance d’environ 35, 90%
Le trafic « conteneurs » a gonflé rapidement, passant de 80.783 conteneurs en 2002 à 215.892 en 2006, soit 1.978.948 tonnes. Une augmentation de 167,25%
Rien d’étonnant donc que les pays de l’hinterland du TOGO, le Burkina, le Mali et le Niger le désigne comme partenaire stratégique dans la gestion des ports secs.
Alors question, pourquoi le Gouvernement congolais s’interdirait-il de s’allier une expertise qui montre de bons résultats sous d’autres cieux?
Bien plus, pourquoi ce réveil tardif de prétendus nationalistes qui ont tôt fait d’oublier que l’équipe de gestion mixte qui va bientôt présider aux destinées de l’ONATRA comprend également des cadres nationaux, recrutés par le COPIREP à l’issue d’une procédure de sélection transparente.
Enfin, pourquoi ne pas attendre de juger aux résultats ?