Franc_congolais

Ils ont quitté Kinshasa samedi 5 avril, dans la soirée. Ces deux Ministres chargés respectivement des Finances et Budget sont aujourd’hui à Washington où ils participent aux assemblées de Printemps généralement organisées par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International. Derrière eux, à Kinshasa, l’essentiel est fait. 29.347.755.598,45 FC d’excédent budgétaire ont été réalisés, au total, pour le 1er Trimestre. Fin mars 2008, 30.809.244.701,73 FC leur ont permis d’absorber les déficits de novembre et décembre 2007 et de janvier et février 2008. Des efforts en cours visent à ramener le taux de change à 535 FC au lieu de 550 FC ou 560 FC/1 USD. Une nouvelle spirale de stabilisation économique est, décidément, en marche. Les prix plieront certainement l’échine devant l’avalanche de mesures arrêtées. La planche à billets ne tournera plus, rassurent-ils.
L’enjeu est de taille à Washington. La RD. Congo y a dépêché, depuis ce samedi 5 avril, deux de ses ministres en l’occurrence, Athanase Matenda Kyelu et Adolphe Muzito chargés respectivement des Finances et Budget. Peu avant de quitter Kinshasa, la capitale, ils ont mis l’accent sur les « i » concernant la situation budgétaire et monétaire du pays. Après, en effet, des déficits enregistrés, vers la fin de l’année 2007, plus précisément en novembre et décembre, le gouvernement est sorti de ses réserves, soutiennent-ils. Des mesures prises ont permis d’atténuer la teneur de ces déficits, en janvier à 6.667.660.786,26 FC et, en février à 5.206.171.682,98 FC. Le boom, s’il faut l’appeler ainsi, est venu, lui, en mars 2008 avec un montant des recettes réalisées autour de 30.809.244.701,73 FC. Celui-ci renverse les tendances, expliquent les deux ministres. Non seulement qu’il rétablit l’équilibre rompu au niveau du compte général du trésor mais, il positive, en plus, l’action gouvernementale quant aux efforts attendus au plan macro-économique pour la conclusion, en juin 2008, d’un nouveau programme avec la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International. En clair, ils annoncent qu’au premier trimestre 2008, le compte général du trésor affiche un excédent budgétaire de l’ordre de 29.347.755.598, 45 FC.
L’occasion fera, certes, le larron, pour ces deux ministres qui disent avoir engagé la RD. Congo sur une nouvelle spirale de stabilisation économique, d’affiner les discussions déjà amorcées à Kinshasa avec les experts des institutions de Bretton Woods. Nonobstant quelques effets pervers dus essentiellement à des perturbations liées aux fluctuations des cours de change sur le marché international, avec le baril de pétrole qui a pratiquement franchi la barre de 110 USD, l’avalanche de mesures arrêtées conduira à des miracles. On va assister, disent-ils, à un retour progressif à la stabilité du taux de change. L’objectif, à la fin de l’année 2008, est de le ramener à 535 FC pour un dollar américain. Les prix subiront, du coup, une perte de vitesse dès lors qu’on aura mis fin à l’engorgement du port de Matadi. Une autre chose, expliquent-ils, l’Etat n’aura plus à recourir à la planche à billets. Donc, le comportement de la monnaie sera tel que la masse circulera selon de nouveaux repères. La conférence de Goma et la guerre qui, autrefois, ont justifié le recours à cette machine appartiennent au passé. Bien d’autres raisons politiques à venir et dont les effets économiques seraient pernicieux trouveront des solutions dans le cadre du budget ainsi que de toutes les mesures d’encadrement.
Des vérités sur table
Tour à tour, les deux ministres abordent, chacun, sa matière, avec aisance. Adolphe Muzito compare l’inflation à l’hypertension dans un corps humain. Il explique comment lorsqu’il y a surliquidité, la monnaie s’affole sur le marché au point de perdre sa valeur interne. Il explique également comment la valeur externe de la monnaie est tributaire des circuits et flux des biens et services sur le marché international. Deux choses alors qui, une fois prises en compte, sont à même de consolider la double valeur externe et interne d’une monnaie. Muzito évoque, ici, la théorie quantitative de la monnaie et croit que cette fois-ci, c’est la bonne. Le gouvernement a pris le taureau par les cornes. Fini, plus question de dépenser plus qu’on en a produit. Pour sa part, Athanase Matenda retient que l’essentiel est qu’aujourd’hui, il a cœur le net de laisser le pays sur une note d’espoir. Le climat de stabilisation économique règne. Le cours de change, ajoute-t-il, ne subit pas d’évolution en dents de scie. Les taux officiel et parallèle gardent un écart d’un pourcent. Entre décembre 2007 et mars 2008, le taux est passé de 500 à 550 FC, le dollar américain. Soit six pourcent d’écart, dit Matenda Kyelu. Avant le 31 décembre 2008, les choses reviendront à la normale. Il suffira d’intégrer d’autres paramètres tels, les milliards chinois pour qu’on ait une nouvelle lecture des faits. Aux pessimistes, Matenda dit qu’une fois le port de Matadi désengorgé, l’offre répondra convenablement à la demande. Et, il s’en suivra inexorablement une baisse des prix des biens et services sur le marché congolais.
Un long séjour à Washington
Matenda et Muzito ont environ deux semaines à Washington. Leur retour au pays est envisagé vers le 20 avril prochain. L’importance de la mission, laisse-t-on entendre, sous-tend sa durée. Il reste à espérer qu’elle produise des effets escomptés.

source: la properité/kinshasa