06 avril 2008
Adieu les déficits budgétaires: Matenda et Muzito lâchent un boom, 29 milliards d’excédent !
Ils ont quitté Kinshasa samedi 5 avril, dans la soirée. Ces deux Ministres chargés respectivement des Finances et Budget sont aujourd’hui à Washington où ils participent aux assemblées de Printemps généralement organisées par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International. Derrière eux, à Kinshasa, l’essentiel est fait. 29.347.755.598,45 FC d’excédent budgétaire ont été réalisés, au total, pour le 1er Trimestre. Fin mars 2008, 30.809.244.701,73 FC leur ont permis d’absorber les déficits de novembre et décembre 2007 et de janvier et février 2008. Des efforts en cours visent à ramener le taux de change à 535 FC au lieu de 550 FC ou 560 FC/1 USD. Une nouvelle spirale de stabilisation économique est, décidément, en marche. Les prix plieront certainement l’échine devant l’avalanche de mesures arrêtées. La planche à billets ne tournera plus, rassurent-ils.
L’enjeu est de taille à Washington. La RD. Congo y a dépêché, depuis ce samedi 5 avril, deux de ses ministres en l’occurrence, Athanase Matenda Kyelu et Adolphe Muzito chargés respectivement des Finances et Budget. Peu avant de quitter Kinshasa, la capitale, ils ont mis l’accent sur les « i » concernant la situation budgétaire et monétaire du pays. Après, en effet, des déficits enregistrés, vers la fin de l’année 2007, plus précisément en novembre et décembre, le gouvernement est sorti de ses réserves, soutiennent-ils. Des mesures prises ont permis d’atténuer la teneur de ces déficits, en janvier à 6.667.660.786,26 FC et, en février à 5.206.171.682,98 FC. Le boom, s’il faut l’appeler ainsi, est venu, lui, en mars 2008 avec un montant des recettes réalisées autour de 30.809.244.701,73 FC. Celui-ci renverse les tendances, expliquent les deux ministres. Non seulement qu’il rétablit l’équilibre rompu au niveau du compte général du trésor mais, il positive, en plus, l’action gouvernementale quant aux efforts attendus au plan macro-économique pour la conclusion, en juin 2008, d’un nouveau programme avec la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International. En clair, ils annoncent qu’au premier trimestre 2008, le compte général du trésor affiche un excédent budgétaire de l’ordre de 29.347.755.598, 45 FC.
L’occasion fera, certes, le larron, pour ces deux ministres qui disent avoir engagé la RD. Congo sur une nouvelle spirale de stabilisation économique, d’affiner les discussions déjà amorcées à Kinshasa avec les experts des institutions de Bretton Woods. Nonobstant quelques effets pervers dus essentiellement à des perturbations liées aux fluctuations des cours de change sur le marché international, avec le baril de pétrole qui a pratiquement franchi la barre de 110 USD, l’avalanche de mesures arrêtées conduira à des miracles. On va assister, disent-ils, à un retour progressif à la stabilité du taux de change. L’objectif, à la fin de l’année 2008, est de le ramener à 535 FC pour un dollar américain. Les prix subiront, du coup, une perte de vitesse dès lors qu’on aura mis fin à l’engorgement du port de Matadi. Une autre chose, expliquent-ils, l’Etat n’aura plus à recourir à la planche à billets. Donc, le comportement de la monnaie sera tel que la masse circulera selon de nouveaux repères. La conférence de Goma et la guerre qui, autrefois, ont justifié le recours à cette machine appartiennent au passé. Bien d’autres raisons politiques à venir et dont les effets économiques seraient pernicieux trouveront des solutions dans le cadre du budget ainsi que de toutes les mesures d’encadrement.
Des vérités sur table
Tour à tour, les deux ministres abordent, chacun, sa matière, avec aisance. Adolphe Muzito compare l’inflation à l’hypertension dans un corps humain. Il explique comment lorsqu’il y a surliquidité, la monnaie s’affole sur le marché au point de perdre sa valeur interne. Il explique également comment la valeur externe de la monnaie est tributaire des circuits et flux des biens et services sur le marché international. Deux choses alors qui, une fois prises en compte, sont à même de consolider la double valeur externe et interne d’une monnaie. Muzito évoque, ici, la théorie quantitative de la monnaie et croit que cette fois-ci, c’est la bonne. Le gouvernement a pris le taureau par les cornes. Fini, plus question de dépenser plus qu’on en a produit. Pour sa part, Athanase Matenda retient que l’essentiel est qu’aujourd’hui, il a cœur le net de laisser le pays sur une note d’espoir. Le climat de stabilisation économique règne. Le cours de change, ajoute-t-il, ne subit pas d’évolution en dents de scie. Les taux officiel et parallèle gardent un écart d’un pourcent. Entre décembre 2007 et mars 2008, le taux est passé de 500 à 550 FC, le dollar américain. Soit six pourcent d’écart, dit Matenda Kyelu. Avant le 31 décembre 2008, les choses reviendront à la normale. Il suffira d’intégrer d’autres paramètres tels, les milliards chinois pour qu’on ait une nouvelle lecture des faits. Aux pessimistes, Matenda dit qu’une fois le port de Matadi désengorgé, l’offre répondra convenablement à la demande. Et, il s’en suivra inexorablement une baisse des prix des biens et services sur le marché congolais.
Un long séjour à Washington
Matenda et Muzito ont environ deux semaines à Washington. Leur retour au pays est envisagé vers le 20 avril prochain. L’importance de la mission, laisse-t-on entendre, sous-tend sa durée. Il reste à espérer qu’elle produise des effets escomptés.
source: la properité/kinshasa
RDC : attention à la grogne sociale !
Rendus vulnérables à la soudaine hausse des prix des biens de première nécessité, Guinéens, Sénégalais, Ivoiriens, Haïtiens … sont descendus dans la rue pour interpeller les pouvoirs publics. En lieu et place d’interlocuteurs valables au sein des institutions, les gouvernés ont affronté les matraques et les balles de la police. A Kinshasa, entre-temps, les prix prennent dangereusement de l’ascenseur. Le pouvoir attend d’abord les manifestations de rue pour, ensuite, accuser des manipulateurs imaginaires. Et pourtant, la cause profonde de ces perturbations peut s’expliquer et exonérer, en partie, les autorités. A la seule condition de devancer les événements.
Un feu couve sous la cendre. A Kinshasa, le litre d’essence à la pompe vient de passer de 675 francs congolais à 705. C’est un quatrième réajustement en moins de six mois. Face à ces réajustements intempestifs, dont l’incidence négative sur les prix de transport et des biens de première nécessité n’est plus à démontrer, la RDC est assise sur une bombe. A moins que le gouvernement n’anticipe pour prévenir l’explosion.
Du fait du renchérissement du prix du baril de pétrole sur le marché international, mais aussi à cause de l’action conjuguée de la spéculation, les prix intérieurs dans les pays sous-développés, tel la RDC, asphyxient les populations pauvres des centres urbains, où le pouvoir d’achat est par principe précaire. A coup sûr, les conséquences sociales ne sont que redoutables.
De Kinshasa à Lubumbashi, de Mbandaka à Bukavu, de Matadi à Kisangani, la majorité des Congolais vivent dans la précarité. Et ce, depuis des décennies. Leur espérance de vie, d’après les Nations unies, est descendue de 50 à 47 ans. Que leur reste-t-il à espérer du gouvernement tant que celui-ci ne maîtrise pas les facteurs à la base de la paupérisation générale de la population ?
UN SAC DE RIZ A 55 DOLLARS ?
Un sac de riz de 50 kg à 55 dollars à Kinshasa ? A combien reviendrait-il s’il est transporté par camion, bateau ou avion, à plus de 500 km de la capitale ? Qui pourrait se payer le luxe de manger du riz dans les prochains mois ? Comment faire face à l’insécurité alimentaire galopante qui pointe à l’horizon ? Toutes ces questions, et bien d’autres encore liées à l’alimentation des citoyens, préoccupent-elles le gouvernement ?
En Afrique de l’Ouest, les pouvoirs publics viennent d’être confrontés à l’épreuve de feu : la pénurie de riz et la flambée des prix sur le marché. En Côte d’Ivoire, au Sénégal, en Guinée, au Burkina Faso, les ventres affamés ont crié leur détresse dans la rue. Les gouvernants ont réagi plutôt avec fermeté. La police a tiré : des interpellations, des blessés et des morts ont été recensés. Etait-ce la solution ? Accuser l’opposition politique d’avoir manipulé la population affamée peut-il convaincre l’opinion publique, qui sait comment fonctionnent les Etats africains ?
A l’opposé de la manière forte employée par ces pays de l’Afrique de l’Ouest, la Mauritanie et la République Centrafricaine ont eu la sagesse et le courage d’anticiper sur les événements. Conscients de la précarité des conditions de vie de leurs citoyens ainsi que de la modicité de leurs moyens d’intervention, les gouvernements ont décrété, avant les émeutes, la subvention des prix des produits pétroliers et de principaux produits de consommation courante. La bombe est désamorcée.
Il est certain que la crise va frapper nombre de pays de la planète. L’Egypte et le Haïti sont déjà passés par là. Des émeutes ont endeuillé leurs populations. La RDC ne sera pas épargnée. Car le pire est devant. Il concerne en particulier le riz. Les principaux producteurs de cette denrée deviennent précautionneux.
LE GOUVERNEMENT PYROMANE
Gros exportateurs de riz, le Vietnam et l’Inde, entre autres, ont annoncé la semaine dernière la réduction de leurs exportations. L’Egypte a annoncé un moratoire de six mois sur les exportations de son riz à compter du 1er avril. Le Cambodge a gelé ses exportations, à l’exception de celles intervenant dans le cadre de l’activité des agences gouvernementales. En Afrique, les pays consommateurs s’inquiètent qu’une hausse substantielle des prix ne génère une réaction de colère dans la population pauvre des villes, dont le revenu est traditionnellement faible. Rien qu’à Kinshasa, entre février et avril, le prix est passé de 50 à 55 dollars le sac de 50 kg ! Ce n’est qu’une étape vers les sommets de l’inaccessibilité.
Selon des chercheurs, différents facteurs contribuent à alimenter la hausse rapide des prix de riz. Il s’agit, entre autres, de l’élévation du niveau de vie en Inde et en Chine qui s’est accompagnée d’une hausse de la demande. Ironie du sort, dans le même temps, la sécheresse et d’autres problèmes climatiques ont réduit la production en Australie et ailleurs.
Ajoutons, pour le malheur de l’Afrique, que la pratique de l’agriculture traditionnelle, doublée de l’absence de réelles politiques agricoles, maintiendra longtemps le rendement de cette graminée en deçà des standards mondiaux, créant par conséquent une insécurité alimentaire permanente.
La hausse des prix des produits de consommation courante, on ne le dira jamais assez, est consécutive à divers aléas dont certains sont extérieurs. La RDC n’a pas prise sur ceux-ci, mais elle ne peut s’empêcher de réagir en responsable avant, au lieu d’attendre l’incendie pour chercher le pompier.
Pour n’avoir pas agi, comme en Mauritanie ou en Centrafrique, le gouvernement congolais risque d’être considéré, un de ces jours, comme le pyromane. Il lui sera alors impossible de faire endosser sa responsabilité à des virtuels opposants manipulateurs. Gouverner, dit-on, c’est prévoir.
source : Le Potentiel/kinshasa
Affaire BDK : Ne Mwanda Nsemi décide de saisir la CPI et les Nations Unies
Le leader du mouvement Bundu dia Kongo (BDK) va porter plainte à la Cour pénale internationale (CPI) et aux Nations Unies contre ce qu’il appelle « le massacre des populations du Bas-Congo de 2002 à 2008 ». Il l’a déclaré au cours d’une conférence de presse ce samedi à Kinshasa. Le chef du BDK accuse le gouvernement congolais de ne rien faire pour punir les coupables de ces massacres.
« L’Assemblée nationale a décidé et le gouvernement de la République s’est entêté et a fait en sorte que les décisions de l’Assemblée nationale ne soient pas appliquées. Malgré les résolutions de l’Assemblée nationale de samedi 29 mars, l’armée nationale continue ses massacres dans les secteurs de Kibanza, de Kenge et de Munguluwala à Luozi », a déclaré Ne Mwanda Nsemi.
Le leader du BDK prend le peuple congolais à témoin : « Mettez-vous à la place du peuple Kongo. On parle déjà de 5 fosses communes et de centaines de cadavres découverts au Bas Congo, jetés dans le fleuve. Tout ceci ne suffit-il pas de parler de massacres, de génocide, de crime contre l’humanité ?. »
Concernant la table ronde attendue au Bas-Congo, le chef du BDK souhaite voir ces assises aborder sans tabous toutes les questions qui se posent dans cette province.
Source : okapi/kinshasa
Valentin Mubake : « Les manifestations sanglantes du Bas-Congo sont le reflet du rejet des résultats des élections »
Le président du comité national de l’Union pour la Démocratie et le Progrès social, UDPS d’Etienne Tshisekedi a réagi ainsi dimanche à la décision de Ne Muanda Nsemi de saisir la justice internationale pour les « massacres commis dans le Bas-Congo. L’ UDPS, selon lui, se dit consternée par les événements du Bas Congo et exhorte les acteurs politiques à des concertations.
Valentin Mubakel déclare à ce sujet : «Nous avons déjà dit à l’époque que ces manifestations sanglantes n’étaient que l’expression camouflé du rejet des résultats des élections au niveau du gouvernorat du Bas-Congo. Aujourd’hui, les faits nous donnent raison. On ne peut pas comprendre que dans un pays sorti des élections dites démocratiques, libres et transparentes, on ait, un an après, BDK, Kinshasa, Nkundabatware, ça veut dire que quelque chose d’anormal se passe dans ce pays. Et c’est là que nous sommes aujourd’hui… Comment voulez-vous que dans un pays qui se dit démocratique, un parti qui a la majorité des députés provinciaux ne puisse pas sortir un gouverneur de province ? C’est anormal….»
Le président du comité national de l’UDPS exige enfin des concertations entre les acteurs politiques afin de corriger ce qui doit l’être.
Source : okapi/Kinshasa
Matadi : le port national toujours engorgé malgré la vente aux enchères
Plus ou moins 4 600 containers de 20 pieds sont toujours stockés au port de Matadi et ce, une semaine après la vente publique aux enchères de marchandises pour le désengorger, a déclaré samedi le directeur du département de port maritime de l’Onatra.
Le directeur Tito Umba di Malanda explique : « Aujourd’hui nous avons au moins 4 635 containers de 20 pieds. Ce qui augmente le nombre de containers dans le parc portuaire. Notre grande crainte est qu’à la date d’aujourd’hui, on a 6 000 containers alors que le 26 mars dernier, nous les avons diminués à 5 454. Et aujourd’hui, nous constatons une augmentation d’au moins 1181 containers. 4 665 containers ne peuvent pas sortir du port parce qu’ils n’ont reçu aucune instruction »
Pour le directeur Tito, le problème d’engorgement de ce port n’est pas lié au manque d’engins, mais à toutes les opérations de dédouanement des marchandises.
source : Radio okapi/Kinshasa
Affaire BDK : Ne Mwanda Nsemi décide de saisir la CPI et les Nations Unies
Le leader du mouvement Bundu dia Kongo (BDK) va porter plainte à la Cour pénale internationale (CPI) et aux Nations Unies contre ce qu’il appelle « le massacre des populations du Bas-Congo de 2002 à 2008 ». Il l’a déclaré au cours d’une conférence de presse ce samedi à Kinshasa. Le chef du BDK accuse le gouvernement congolais de ne rien faire pour punir les coupables de ces massacres, rapporte radiookapi.net
« L’Assemblée nationale a décidé et le gouvernement de la République s’est entêté et a fait en sorte que les décisions de l’Assemblée nationale ne soient pas appliquées. Malgré les résolutions de l’Assemblée nationale de samedi 29 mars, l’armée nationale continue ses massacres dans les secteurs de Kibanza, de Kenge et de Munguluwala à Luozi », a déclaré Ne Mwanda Nsemi.
Le leader du BDK prend le peuple congolais à témoin : « Mettez-vous à la place du peuple Kongo. On parle déjà de 5 fosses communes et de centaines de cadavres découverts au Bas Congo, jetés dans le fleuve. Tout ceci ne suffit-il pas de parler de massacres, de génocide, de crime contre l’humanité ?. »
Concernant la table ronde attendue au Bas-Congo, le chef du BDK souhaite voir ces assises aborder sans tabous toutes les questions qui se posent dans cette province.





