07 avril 2008
Le Kivu abandonné
La guerre qui s’est installée depuis plus d’une décennie à l’Est de la RDC est en train de prendre la forme d’une pieuvre. Les initiatives de paix se succèdent au même rythme que l’émergence de nouveaux foyers de tension. En toile de fond, les mêmes revendications politico-identitaires. Pendant ce temps, les approches pour une solution définitive divergent, selon que l’on se trouve à Goma, à Kinshasa ou à l’extérieur du pays. Dans cette situation de ni guerre ni paix, le Kivu semble abandonné par le régime de Kinshasa.
Une situation de ni guerre ni paix prévaut, depuis quelque temps, dans les deux Kivu, plus particulièrement dans le Nord-Kivu. Situation dont les protagonistes semblent bien s’accommoder. Aujourd’hui, beaucoup de choses n’ont pas tellement changé en dépit d’un certain nombre d’efforts fournis pour ramener définitivement la paix dans cette partie de la RDC.
Le lancement officiel des travaux du programme « Amani » s’est effectué récemment à Goma sur fond de contestations et de revirements de certaines parties signataires de l’Acte d‘engagement de Goma (de janvier 2008). Des sources dignes de foi ont confié au Potentiel que le CNDP de Laurent Nkunda ferait le figurant aux travaux du programme « Amani » au chef-lieu du Nord-Kivu. Il y prend part juste pour sauver les apparences.
Selon nos sources, le chef du CNDP qualifierait le programme « Amani » de ‘’machin’’, dont les objectifs ne seraient plus clairement définis à ses yeux. Laurent Nkunda ne croirait plus en l’aboutissement heureux de la démarche enclenchée par les structures issues de la Conférence tenue en janvier dernier à Goma sur la paix, la sécurité et le développement de deux provinces du Kivu.
Laurent Nkunda continue à camper sur ses revendications maintes fois exprimées par le passé. Le cantonnement de ses troupes et leur intégration dans les FARDC restent conditionnés par la neutralisation des FDLR et le rapatriement des populations congolaises d’origine tutsi réfugiées dans les pays voisins. Concernant le brassage des éléments du CNDP, Laurent Nkunda pose des conditions qui se démarquent des autres parties au programme « Amani ». Il exige que ses éléments éligibles au brassage soient déployés à Walikale et Rutshuru. En clair, celles-ci ne peuvent quitter leurs bases arrière actuelles. Aux yeux des observateurs, cette revendication n’est pas moins une reconduction de la trop controversée opération de mixage. Mais sous une nouvelle forme.
Dans le même registre de protestation, l’on fait état du retrait du Pareco des travaux de « Amani ». Ce groupe Maï Maï serait mécontent de la part belle réservée au CNDP relativement aux postes de responsabilité au sein du programme « Amani ». Il soupçonne le gouvernement de faire le jeu du CNDP alors que ses officiers attendent vainement leur intégration dans les FARDC et la reconnaissance de leurs grades.
De là à dire qu’un obstacle se forme en filigrane à la mise en application du programme Amani, il n’y a qu’un pas. Cela relance la méfiance et la suspicion, attitudes qui n’augurent rien de bon par rapport à l’objectif de paix accepté par tous. Des forces négatives, nationales et étrangères, écument à l’Est avec tout ce que cela comporte comme cohorte de malheurs…
LE MAL : FDLR OU NKUNDA ?
Il faut bien avoir le courage de reconnaître qu’il n’y a pas grand-chose qui puisse rassurer pour…longtemps. Les clignotants continuent à indiquer que le danger est encore là. Il plane sur la région tout entière et il suffit d’un petit rien pour que les groupes armés reprennent du « service ». Le gouvernement ferait fausse route en sombrant dans une sorte d’autosatisfaction de mauvais aloi. Surtout quand on sait pertinemment bien que l’on n’a pas évacué toutes les virtualités nées de plusieurs années de guerres.
Là où le gouvernement voit Laurent Nkunda comme le mal, sinon le baudet à mettre hors d’état de nuire, la communauté internationale y voit plutôt les FDLR. Or, ces derniers constituent une équation complexe. Autant leur retour au Rwanda est souhaité par tous, autant personne ne sait leur offrir des garanties sécuritaires concernant leur réintégration dans la vie politique et sociale de leur pays d’origine. Car, il est difficile d’affirmer ce jour que le régime de Kigali serait disposé à organiser dans les meilleurs délais un dialogue inter rwandais. D’autant qu’il continue à suspecter des génocidaires dans les rangs des FDLR.
Cette situation a le désavantage de favoriser un statu quo qui profite aux pilleurs des richesses de la RDC, mais aussi à ceux qui sont soupçonnés d’avoir un agenda caché pour la partie Est du Congo. En témoigne cette réplique de Philip à Haj dans le dernier roman de John Le Carré « Le chant de la mission », (page 214), paru en septembre 2007 aux éditions du Seuil : « - Rien que des théoriciens avant-gardistes, des néo-conservateurs en vue, des sommités de la géopolitique. Le genre de types qui se réunissent dans des stations de ski pour décider du destin des nations. Ce n’est pas la première fois qu’ils se penchent sur le Congo oriental et qu’est-ce qu’ils y voient ? L’anarchie comme résultat probable de prochaines élections, les Chinois qui grattent à la porte pour rafler toutes les matières premières. Alors, que faire ? Les Congolais n’aiment pas les Américains, et c’est réciproque. De leur côté, les Rwandais méprisent les Congolais, ils sont disciplinés et surtout efficaces. Alors, le plan des Américains ; c’est de consolider la présence économique du Rwanda au Congo oriental jusqu’à la rendre incontournable. Ce qu’ils veulent, concrètement, c’est une annexion en douceur, et ils comptent sur un coup de main de la CIA ».
C’est autant dire que les deux provinces du Kivu ne méritent pas d’être abandonnées par le gouvernement. Des signaux forts sont attendus de la part des parties signataires de l’Acte d’engagement de Goma. Dans cet exercice, les premiers pas doivent provenir du gouvernement de la République. C’est par cette voie que peut être finalisé le plan de désengagement des forces en présence ainsi que les modalités pratiques du brassage, de démobilisation et de réinsertion sociale des éléments et cadres militaires civils des groupes armés et mouvements politico-militaires.
En tout état de cause, si l’élite congolaise ne prend pas conscience de ce danger qui se profile à l’horizon, les puissances occidentales et leurs multinationales, qui ont des ambitions de morceler la RDC afin d’en exploiter ses richesses, réaliseront leur projet datant de la guerre déclenchée en 1996.
source : le Potentiel
La Mission médicale chinoise de N’Djili bloquée dans son fonctionnement
«Les malades congolais qui attendent des soins des médecins chinois d’un côté, et de l’autre, les médecins chinois déjà sur place qui attendent que le gouvernement congolais leur autorise de se mettre au travail conformément au protocole d’accord liant les deux parties. Telle est la situation qui prévaut depuis près de deux mois à l’«Hôpital d’amitié sino-congolaise» de la commune de N’Djili. Situation qui provoque, non seulement un manque à gagner important, mais est aussi à la base des morts qui auraient pu être sauvés, s’il n’y avait pas blocage».
Que se passe-t-il à l’«Hôpital d’amitié sino-congolaise» de N’Djili, cette imposante infrastructure médicale, don du peuple chinois au peuple congolais? Pourquoi les médecins de la Mission médicale chinoise n’y travaillent-ils pas encore, alors qu’ils sont sur place depuis plus d’un mois et que les populations de toutes les communes de la capitale veulent les voir à l’œuvre ?
Autant de questions auxquelles le chef de la Mission médicale chinoise, le Dr professeur Xilin Zhao, et le médecin directeur de l’Hôpital d’amitié sino-congolaise, le Dr. Joseph Natiti, ont bien voulu répondre à un groupe de journalistes de l’Agence Chine nouvelle, de l’Agence congolaise de Presse, du quotidien Le Potentiel et du journal l’Observateur qui s’est rendu lundi à cet hôpital.
Selon le Dr. Xilin Zhao, cette mission comprend 17 médecins, à côté de 41 médecins congolais, représentant presque toutes les disciplines médicales, sauf l’oto-rhino-laryngologie. Même la médecine chinoise, l’acupuncture, y est représentée par deux acupuncteurs.
Treizième mission chinoise à être envoyée en RDC en dix ans, et la première après les troubles qui ont caractérisé le Congo, cette mission a été formée en 2006, en marge de la construction de l’Hôpital d’amitié sino-congolaise de N’Djili, inauguré en septembre 2007.
Ses membres, dont l’âge moyen est de 50 ans - trois ayant même dépassé la soixantaine -, viennent de la province chinoise de Hebei. Ils ont été sélectionnés sur base de leurs expériences et soumis à une formation en langue française.
Mais après leur formation, ils ont dû attendre un an, pour que le gouvernement congolais leur trouve des logements à Kinshasa, où ils sont arrivés en deux vagues. La première de six personnes avec le chef de la mission en octobre 2007, et la dernière le 12 mars 2008.
LE BLOCAGE
Le chef de la Mission médicale chinoise s’est cependant étonné de constater que malgré les accords entre les deux gouvernements, les autorités nationales congolaises ne se sont pas préoccupées de logements des médecins chinois. C’est plutôt le gouverneur de la ville de Kinshasa et son ministre de Santé qui s’en sont chargés.
Ce qui le peine le plus est plutôt le blocage fait pour empêcher les médecins chinois de commencer leur travail à l’hôpital.
Selon lui, le protocole d’accord signé le 6 février 2008, dit, en son article 4, que c’est la partie congolaise qui doit faciliter, auprès des ministères et autres institutions du pays, l’obtention des documents devant permettre aux médecins chinois d’exercer.
Mais aujourd’hui, alors que ces médecins sont déjà sur place, on leur demande d’obtenir des numéros matricules auprès de l’Ordre national congolais de médecins, avant d’exercer leur profession. Celui-ci, à son tour, exige des diplômes et autres certificats d’études avant de leur octroyer des numéros matricules.
Selon lui, la Chine a envoyé plus de 50 missions médicales dans plusieurs pays d’Afrique, mais «on n’a jamais demandé certificats, diplômes et autres documents». Même pour les missions médicales chinoises antérieures envoyée en RDC. Pourquoi alors aujourd’hui ?
Toutefois, il a estimé que si ces documents avaient été exigés lors des négociations du protocole d’accord et pendant que ces médecins se trouvaient en Chine, il aurait été plus facile de les fournir.
Qu’on les demande alors que les médecins chinois sont déjà sur place à Kinshasa, après avoir perdu plus d’une année d’attente «c’est vraiment désagréable », s’est-il exclamé. Surtout que ces médecins ne sont pas payés par le gouvernement congolais, mais par le gouvernement chinois. Ici, ils ne bénéficient que du logement et du transport.
«Nous ne travaillons pas pour gagner de l’argent, mais pour renforcer l’amitié en soignant les populations. Nous ne gagnons rien », s’est écrié le Dr Xilin Zhao, visiblement découragé.
Situation que déplore également le docteur Joseph Natiti, médecin directeur de l’Hôpital d’amitié sino-congolaise, puisque la plupart des malades qui viennent pour se faire soigner demandent si les médecins chinois ont déjà commencé le travail. Et chaque fois qu’ils apprennent que ce n’est pas encore le cas, ils rebroussent chemin. Ce qui occasionne un manque à gagner.
Pour lui, l’absence des médecins chinois à l’hôpital, et qui sont les seuls à savoir utiliser certains équipements fournis par la Chine, empêche de faire fonctionner ces derniers, tels que les scanners qui risquent de s’abîmer, faute d’utilisation. Un grand handicap pour l’hôpital.
Bien plus, leurs homologues chinois leur ont demandé de dresser la liste d’équipements qui manquent. Ce qu’ils ne peuvent que s’ils travaillaient ensemble.
La balle est donc dans le camp du gouvernement central qui a, soit mal négocié l’accord pour qu’il y ait un tel malentendu, soit se détourne maintenant de ses obligations. On ne peut comprendre qu’après un accord de gouvernement à gouvernement, la partie chinoise bute aujourd’hui sur le problème d’inscription au tableau de l’ordre de médecins. Une question qui peut se régler entre les deux gouvernements et non entre la Mission médicale chinoise et l’ONM.
source : le Potentiel/kinshasa
Le Président Joseph Kabila attendu lundi au sommet du Forum Inde-Afrique à New Delhi
Le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, prendra part, en sa qualité de président de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale ( CEEAC), du 08 au 09 avril 2008 à New Delhi, en Inde, où il est attendu lundi après-midi, au sommet du Forum Inde-Afrique, aux côtés de ses pairs africains et Chefs de gouvernement représentant les communautés économiques régionales d'Afrique, des membres du NEPAD avec le Premier ministre de la République de l'Inde, Dr. Manmohan Singh.
Les Chefs d'Etat africains et de gouvernement réunis à New Delhi comptent, à en croire les organisateurs, initier à cette occasion, un processus de délibération et de discussion en vue de redéfinir et de stimuler les partenariats, " vieux de plusieurs décennies " et les liens de civilisation entre le continent africain et l'Inde. Ce partenariat sera basé sur les principes fondamentaux de l'égalité, du respect mutuel et des bénéfices réciproques.
Les deux parties renforceront au même moment la confiance et la compréhension entre leurs peuples respectifs.
L'Afrique et l'Inde, affirme -t-on de même source, sont engagées envers le multilatéralisme, la réforme des institutions internationales, la promotion du pluralisme et de la démocratie, le respect des Droits de l'Homme et des libertés fondamentales, la lutte contre le terrorisme, le combat contre le trafic illicite des armes légères, la non-prolifération des armements nucléaires et autres armes de destructions massives, la lutte contre la drogue et, de manière plus importante, la poursuite d'un développement durable étayé par la justice sociale, l'éradication de la faim et de la pauvreté et la protection de l'environnement.
Les ministres Antipas Mbusa Nyamwisi des Affaires étrangères et de la coopération internationale et André Philippe Futa de l'Economie nationale ont précédé, dimanche, le Président de la République dans la capitale indienne. Le ministre de la Santé publique Victor Makwenge Kaput est, quant à lui, attendu lundi pour le sommet de New Delhi.
Plusieurs opérateurs économiques congolais oeuvrant dans les domaines de l'agriculture, du pétrole, du bois, de la pêche et autres ont précédé le Chef de l'Etat dans la capitale indienne dans le cadre de ce sommet.
Source : ACP/Kinshasa

