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Les capacités de la force de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) atteignent leurs limites et une augmentation de sa présence dans l'est du pays créerait un risque sécuritaire ailleurs, avertit un rapport publié cette semaine à New York.

Les ressources de la Monuc, la plus importante mission de maintien de la paix de l'ONU avec quelque 22.000 personnels, "atteignent leurs limites, ce qui crée des risques dans des zones de tension potentielle ou de tension croissante, notamment le Bas-Congo et d'autres régions", met en garde le chef de l'ONU, Ban Ki-moon, dans ce rapport au Conseil de sécurité.

Le secrétaire général affirme que l'effectif actuel autorisé de la Monuc "ne reflète pas le rôle critique que la mission est appelée à jouer aux termes des processus de Nairobi et de Goma".

M. Ban fait ainsi référence à des accords récemment conclus d'une part entre la RDC et le Rwanda voisin (Nairobi), d'autre part entre la RDC et des groupes armés congolais (Goma), dans le but de régler le problème posé par les milices armées congolaises et étrangères opérant dans l'est de la RDC, notamment dans les provinces du Nord et du Sud Kivu.

Les Kivus sont depuis longtemps une source d'instabilité en RDC, même depuis la fin de la guerre civile en 2003. M. Ban souligne que la région pourrait encore affecter la stabilité du reste du pays.

"La stabilité à long terme dans les Kivus dépendra de nombreux facteurs liés", affirme-t-il, soulignant la nécessité d'étendre l'autorité de l'Etat à travers les deux provinces et de "renforcer de manière substantielle" l'armée nationale.

Mais il a églement averti que l'amélioration de la sécurité dans l'est ne peut être assurée aux dépens d'autres régions, comme le Bas-Congo à l'ouest, où la police nationale s'est heurtée à plusieurs reprises depuis janvier, parfois très durement, au mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo (BDK).

M. Ban exhorte les autorités de RDC à "s'abstenir d'utiliser la force de manière disproportionnée".

Depuis fin février au Bas-Congo, des affrontements avec le BDK et la répression brutale de la police ont fait 27 morts selon le gouvernement, de 100 à plus de 300 morts selon des députés de l'opposition et le BDK. Selon des sources onusiennes, le bilan serait de plus d'une centaine de morts.