poubelle

Depuis quelques jours, des équipes, vêtues de combinaisons vertes, s’emploient à balayer certaines artères et avenues de quelques communes de Kinshasa. On est tenté de les confondre avec les agents de l’Hôtel de ville chargés de l’assainissement. La présence d’un Européen qui coordonne les travaux de collecte des déchets pousse les plus curieux à vouloir en savoir un peu plus. En regardant de plus près, ils découvrent que les combinaisons et casquettes des balayeurs sont frappées du drapeau de l’Union européenne et du logo du Programme d’assainissement urbain de Kinshasa (PAUK). Le but de ce projet, dont la convention de financement a été signée le 13 novembre 2007 pour un montant de 22 millions d’euros, est de lutter contre la pauvreté. Les habitants des communes de la Gombe, de Barumbu et Kinshasa sont concernés par ce projet.

La zone géographique du projet couvre les deux bassins versants de Bitshaku-tshaku et du fleuve Congo. Il s’agit de réaliser, dans cette partie de la capitale, le curage et la réhabilitation des réseaux de drainage, d’assurer la gestion des déchets ménagers (collecte primaire, reprise et transfert, traitement). A ceci, il faut ajouter le renforcement des capacités institutionnelles de principaux acteurs centralisés et décentralisés.

QUE FAUT-IL ATTENDRE DU PAUK ?

Côté assainissement liquide, le réseau de drainage des eaux pluviales et usées sera réhabilité et rendu opérationnel. Il s’agit de 10.700 m pour le bassin versant du fleuve Congo et 33.500 m pour celui de Bitshaku-tshaku. Cette opération se réalisera en maximisant l’impact sur les populations et la société civile par le recours à une méthodologie HIMO, haute intensité de la main-d’œuvre. Cette façon de travailler permettra aussi d’impliquer une main-d’œuvre importante et participer, tant soit peu, à la réduction du chômage.

Quant aux déchets solides, trois opérations sont à réaliser. Il s’agit de nettoyer les espaces publics et d’initier la collecte primaire, la reprise et le transfert des déchets ménagers. Les ordures seront ainsi collectées auprès de 250.000 habitants, sur une superficie de 1.130 ha. Les matières valorisables sont mises à la disposition des parties prenantes des filières de recyclage ou valorisation. Les matières organiques et plastiques sont particulièrement concernées.

A noter qu’il a été procédé à l’achat du matériel et des équipements nécessaires à la collecte et au transfert des déchets solides. Sur une liste non exhaustive, on peut citer les équipements des tireurs de chariots et manutentionnaires, les poubelles, bennes, camions porte benne, pelles hydrauliques, pousseurs compacteurs, etc.

Pour permettre au PAUK de s’acquitter de sa mission, le site contrôlé de Mitendi, exutoire des résidus de curage et des déchets solides a été choisi par l’Hôtel de ville de Kinshasa. Ce choix est justifié par sa capacité de réduire les impacts négatifs sur la pollution de la nappe phréatique et les vecteurs de maladies. Pour les besoins spécifiques du programme, le site aménagé devra pouvoir recevoir 30 000 tonnes de déchets par an, pour une superficie de 5 ha. Le site sera clôturé et gardé, le compactage des déchets et leur couverture quotidienne assurés. Cette décharge (Centre d’enfouissement technique) sera aménagée avec un traitement des eaux ruisselantes (lagunage) de façon à ne pas polluer la nappe captive et les eaux de surface.

LES PREMIERES ACTIONS DU PAUK

Pour donner le ton, 300 cantonniers du PAR II/PAUK répartis en quinze équipes de vingt personnes chacune, s’activent à curer le collecteur de l’avenue de la Démocratie (ex-Huileries), dans sa partie située entre les avenues Kabambare (voir Rond-point Huileries) et Hôpital (devant le Centre de recherches géologiques et minières – CRGM). Pour le début du mois d’avril, six équipes composées chacune de vingt ouvriers ont commencé le curage des avenues des Marais, Marché, Plateau, Dima et une partie de l’avenue Kasa-Vubu, dans sa partie comprise entre Dima et Bokassa. Il sera aussi procédé à la réfection du collecteur de l’avenue Bas-Congo. Les équipes du PAUK s’attelleront par la suite au curage de l’avenue Kasaï, des collecteurs du Camp Onatra et des avenues Kabinda, Disasi, Galassi-Damo. Le curage s’accompagnera de la réhabilitation des réseaux d’assainissement pluvial. L’ensemble des activités du projet, notamment grâce à l’utilisation de la méthodologie HIMO, permettra de donner du travail – et donc des revenus – à un nombre important de personnes.

Le PAUK vient, par ailleurs, de commencer l’évacuation de la montagne d’immondices de l’ancien marché Type K. Cette intervention tombe à point nommé car, l’avenue Lwambo Makiadi était sur le point d’être obstruée. Le responsable du volet déchets solides au PAUK évalue ces immondices à près de 2.000 m3.

A l’aide d’une pelle chargeuse et de plusieurs camions, l’équipe du PAUK estime que quatre jours en moyenne suffisent pour évacuer ces immondices vers un centre indiqué par l’Hôtel de ville de Kinshasa. Les travaux sur la prolongation de l’aérodrome de N’Dolo ont été précédés par le nettoyage de la partie située le long du boulevard Triomphal et le stade des Martyrs et d’autres interventions sur les avenues Kabinda, Kabambare et ailleurs. Le PAUK balaye jusque devant les parcelles des particuliers. Les jeunes, les plus courageux n’hésitent pas à s’associer à l’équipe du PAUK, rejoignant ainsi le point de vue du coordonnateur Maurizio Filippi : «Nous travaillons, les autorités de la ville, vous et nous pour que Kinshasa redevienne Kin-la-belle.» Mieux que quiconque, le logo du PAUK explicite cette volonté avec la belle fleur qui jaillit d’une poubelle.