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La mort a frappé de nouveau en RDC. Après le crash de l’avion Antonov à Kingasani à Kinshasa, la République démocratique du Congo vient d’enregistrer une autre catastrophe aérienne. Un DC 9 de la compagnie Hewa Bora s’est écrasé hier mardi au décollage de la piste de Goma. Le bilan officiel n’est pas encore établi. Mais les premiers éléments d’information avancent déjà un bilan de plus de 80 morts.

Un avion de type DC 9 s’est écrasé hier mardi 15 avril à Birere, un quartier populaire de la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Selon les premier éléments fournis par la Régie des voies aériennes, RVA, l’ avion qui appartient à la société aérienne Hewa Bora venait de décoller de la piste de Goma en partance vers Kisangani avec à son bord 94 passagers. L’aéronef s’est écrasé après avoir raté son décollage. Il venait d’effectuer 100 mètres avant de commencer à raser tout son passage.

Le crash s’est produit dans un quartier populaire, Birere, bondé et à une heure de pointe. On ne connaît pas encore les causes exactes de ce nouveau drame. Toutefois, interrogé par Radio Okapi, un rescapé affirme que la crevaison d’un pneu serait à la base de cette catastrophe.

Il témoigne en ces termes : « J’étais sur le chemin de retour vers Kinshasa parce que ma mission était finie. Quand l’avion a fait le taxi pour son décollage, il y a eu crevaison. Nous l’avons entendu de l’intérieur. L’avion avait déjà atteint la vitesse de décollage. Après la crevaison, il a commencé à freiner. Tellement que la vitesse était déjà grande, on s’est retrouvé là où vous voyez, contre l’obstacle. Quand l’avion a touché, je ne sais pas ce qu’il a touché, j’ai replié en arrière et j’ai trouvé une ouverture. C’est là que je me suis lâché. C’était juste dans une maison que l’avion avait déjà écrasée. A partir de là, l’avion est passé. Moi je suis resté ». Témoignage émouvant d’un véritable immaculé.

LE BILAN POURRAIT S’ALOURDIR

En attendant le communiqué officiel, le bilan varie selon les sources. Surtout qu’à la Direction générale de Hewa Bora à Kinshasa, on ne pouvait y accéder, la Police ayant barricadé toutes les entrées.

Qu à cela ne tienne. A en croire les premiers éléments d’information en notre possession, ils font état de 79 morts et 11 survivants. La RVA abordée par Radio Okapi renseigne qu’il y avait à bord de l’avion 94 passagers. Il y aurait 5 survivants dont le pilote, un membre d’équipage et deux petits enfants, en plus de cet immaculé qui a fait le récit du crash dans les lignes précédentes. BBC Africa, selon son correspondant sur place, relève qu’il y aurait 6 survivants dont le pilote et le co-pilote, et que dans l’avion il y avait 80 passagers.

Toutefois, ces bilans ne sont que provisoires. Car, pour toute personne qui connaît la ville de Goma, le quartier Birere accuse une importante population. Et au bout de cette piste de l’aéroport de Goma, s’étalent des maisons d’habitation, des boutiques, ainsi qu’un marché. S’il est vrai que le crash s’est produit à une heure de pointe, vraisemblablement le bilan ne pourrait que s’alourdir. Un accident qui rappelle à bien des gens le drame de Type K à Kinshasa, avant celui de Kingasani ya Suka.

En réaction à ce drame, l’Assemblée nationale a suspendu la plénière d’hier mardi après avoir observé une minute de silence en mémoire des victimes. Par la même occasion, l’Assemblée nationale a demandé au gouvernement de se réunir en urgence pour prendre des mesures d’assister la population du Nord-Kivu. Une cellule de crise a été mise sur pied à cet effet au Palais du peuple.

Effectivement, de son côté, le gouvernement s’est réuni en urgence. Dans un communiqué remis à la presse, il fait état de cette catastrophe qui vient d’endeuiller une fois de plus la République démocratique du Congo et a décidé de mettre sur pied une cellule de crise. En attendant les conclusions de cette cellule, le gouvernement a adressé ses vives condoléances aux familles éprouvées.

LE GOUVERNEMENT REJOINT PAR LE DRAME

En attendant la conclusion de la mission d’enquête qui sera instituée comme d’habitude, force est de dire que le gouvernement vient d’être rejoint par cette nouvelle catastrophe. L’on se souviendra que lors du crash de Kingasani ya Suka, un débat houleux avait eu lieu à l’Assemblée nationale. Il portait sur les mesures de sécurité de l’espace aérien congolais ainsi que les conditions de délivrance des permis de navigation aérienne en plus des mesures de sécurité et techniques des aéronefs empruntant justement cet espace.

Au terme de ce débat caractérisé par l’interpellation d’un ministre d’Etat près la présidence de la République et le ministre des Transports et Communications précipitamment révoqué, des recommandations pertinentes avaient été faites. A ce jour, l’on est encore sur le boulevard des voeux pieux.

D’autre part, l’état de l’aéroport de Goma est connu de tous. En effet, avec la dernière éruption du volcan Nyragongo, cet aéroport a été envahi par les laves, réduisant ainsi la longueur de sa piste. Ce qui constitue un véritable problème à tous les avions tant pour l’atterrissage que le décollage, surtout les gros porteurs à grand rayon d’action. L’on supposerait que l’avion DC 9 de Hewa Bora a été certainement confronté à cette situation et il n’a pas pu éviter le drame après crevaison.

Par ailleurs, depuis le 9 avril 2008, la société aérienne Hewa Bora est sur « la liste noire des avions interdits de vols vers l’Union européenne ». Auparavant, les avions de cette société auraient été retenus en Afrique du Sud pour des problèmes techniques et de solvabilité.

Avec cette décision, aucun avion congolais ne peut plus entrer dans l’espacé aérien européen, car ne remplissant pas les conditions de sécurité exigées par la réglementation internationale en matière d’aviation civile. La question que l’on doit se poser maintenant est celle de savoir si au plan local, Hewa Bora a été soumis à la même rigueur ? La Commission d’enquête nous fixera là-dessus.