Belgique

Ça bouge entre la Belgique et la RDC. Au plus fort de la polémique née des déclarations de Karel De Gucht sur la défaillance de l’Etat congolais, la Belgique déplace Dominique Struye de Swielande, en poste à Washington, pour remplacer l’ambassadeur Johan Swinnen à Kinshasa. La presse belge parle de la surprise du mouvement diplomatique annuel. Dominique Struye de Swielande vient-il jouer au sapeur-pompier ou aurait-il la mission de précipiter, pour reprendre les propos du quotidien flamand Het Belang Van Liinburg, la chute de Kabila qu’il traite d’orgueilleux, peut-être pour avoir rappelé aux Belges leurs promesses non tenues ?
Karel De Gucht, ministre belge des Affaires Etrangères, va bientôt approuver la nouvelle répartition des postes diplomatiques pour son pays. La presse belge qui se fait l’écho de la nouvelle note deux changements importants et stratégiques. La nomination de Dominique Struye de Swielande, jusque-là ambassadeur de Belgique à Washington, qui vient à Kinshasa en remplacement de Johan Swinnen qui est dépêché à Vienne en Autriche. L’autre poste le plus important à pourvoir était la Représentation permanente auprès de l’ONU à New York confié à Jan Grauls.
S’il n’y avait pas eu ce discours musclé de Karel de Gucht face au Président Joseph Kabila, la nomination serait, dans une certaine mesure, passée sous silence. Certes que les services de l’Ambassade du Royaume de Belgique à Kinshasa se seraient chargés de rédiger un communiqué que les médias congolais balanceraient sans se faire prier. La venue annoncée de Dominique Struye de Swielande intervient dans un contexte où les relations entre le Gouvernement de Belgique et celui de la RDC sont quelque peu tendues. Les déclarations des acteurs de cet énième couac diplomatique ne trompent pas. Quand bien même le Président Kabila et le Premier ministre belge Leterme, disent, en hommes d’Etat, qu’il n’y a pas eu d’incident. Karel de Gucht a maintenu, hier dimanche 27 avril 2008 à Bukavu, ses accusations sur la défaillance de l’Etat congolais, l’impunité et la corruption. C’est signe que la position du ministre belge des Affaires Etrangères est bien celle arrêtée par l’ensemble du Gouvernement de Belgique. Autrement dit, les ministres belges ont eu le temps de décider de la nouvelle politique. Leterme déclare devant le Parlement de son pays : ‘‘La façon dont les choses se déroulent là-bas (ndlr RDC) est préoccupante en matière de bonne administration, de l’organisation d’un Etat de droit et de lutte contre la corruption. Il y a trop peu d’avancées. Sans cela, ce pays ne se relèvera jamais’’.

Pourquoi fait-on des problèmes à Kabila ?
La question est sur toutes les lèvres à Kinshasa. De deux choses l’une, dit-on. Aucun Congolais, victime de la prédation, n’est prêt à tolérer les frasques du pouvoir. Mais que des Belges ou autres occidentaux qui ont, longtemps avec cynisme, fermé les yeux sur les pillages des ressources de la RDC ; on pense ici au Rapport du panel de l’ONU, aux fameux contrats léonins, et à tous les abus de tout genre, se soient levés tout d’un coup doit faire réfléchir. Depuis quand les marchands blancs sont-ils devenus sensibles à la misère des Congolais ? C’est peut-être depuis que les Belges se demandent s’il y a encore quelque chose à attendre du « Congo chinois ». Ici réside toute la cruelle ironie.
Dans une interview au journal belge Le Soir, Kabila estime que la Belgique ne lui pardonne pas d’avoir sollicité les milliards chinois pour construire 3000 Km de routes, des hôpitaux, des écoles, etc.
C’est l’enjeu du jeu.