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Le lancement des travaux de construction d’une autoroute reliant le poste frontière de Kasumbalesa et la ville de Lubumbashi a été salué par tous les Congolais comme un signal fort du démarrage des cinq chantiers du chef de l’Etat. Que d’espoirs cela a-t-il suscités dans l’opinion en termes de désenclavement d’une partie non moins importante du pays, notamment les provinces du Katanga, des deux Kasaï et du Maniéma ! Sur le plan social, cette autoroute va créer de nouveaux emplois directs et indirects pendant et après les travaux et va donner un coup de pouce aux investissements provenant de tous les horizons. Certes, tous les feux des caméras ont été braqués sur la capitale de la province du Katanga, mais il ne reste pas moins vrai que les recettes générées par cette voie des communications en termes de droits de péage seront revues à la hausse pour le bonheur du trésor public. Selon des sources généralement bien informées, à l’heure actuelle et dans l’état où se trouve cette route, les recettes varient journellement entre 80.000 et 100.000 dollars Us. Ces travaux, a-t-on appris, seront exécutés par des équipes chinoises dans le cadre d’un financement de l’ordre de 6,5 milliards des dollars Us.

Les Chinois partenaires de la MIBA

Reste que les chinois ne se limitent pas uniquement au Katanga. Grâce au soutien de Joseph Kabila, ils ont jeté leur dévolu sur le Kasaï en mettant sur la table le projet d’un contrat garantit par la MIBA pour un financement atteignant plusieurs milliards de dollars Us. Ce financement porte aussi sur les infrastructures et servira à la relance de cette société minière dans le cadre d’un partenariat sur des gisements de chrome, de nickel, du cuivre, du fer et d’autres minerais situés dans les deux provinces, mais faisant partie de la concession de la MIBA. Des études de faisabilité ont été réalisées par une équipe conjointe composée des experts de deux parties au contrat sur des cartes minières qui existent depuis longtemps et que le Quotidien de l’avenue colonel Lukusa avait eu la primeur de rendre publiques il y a dix ans.

Des infrastructures de base
Les premiers chantiers miniers concernent les gisements situés dans deux localités, à savoir Nkonko et Lutshatsha au Kasaï Occidental. Et pour cela, les Chinois ont déjà commencé les études de la construction d’une ligne de chemin de fer qui va relier la grande ligne traversant l’Angola pour le port de Lobito. Pour désenclaver les deux Kasaï, les Chinois projettent de construire une autoroute traversant l’ensemble du Kasaï et et reliant celui-ci aux provinces du Katanga, du Bandundu et du Maniema. Des travaux qui demandent un tonnage important des matériaux dont notamment le ciment. C’est pour cette raison que deux cimenteries devraient être construites pour appuyer ces travaux et bien d’autres et faire ainsi des économies en devises étrangères.
Côté énergie, les partenaires chinois prévoient deux solutions avantageuses. Notamment le soutirage de l’énergie électrique à partir de la ligne Inga-Shaba de l’ordre de 200 Mégawatts et le renforcement de la centrale de Tshiala dont la production va passer de 18 à 30 Mégawatts. Cela suffit pour alimenter les principales villes du Grand Kasaï et de nombreuses localités, mais bien entendu les sites d’exploitation des mines qui constituent l’objet primordial de ce contrat de plusieurs milliards de dollars Us.

Le chef de l’Etat poignardé dans le dos

Mais au moment où ce dossier qui bénéficie du soutien actif du Chef de l’Etat est en train d’être finalisé par les deux parties, l’on apprend que certains caciques veulent saborder l’initiative présidentielle en remontant à la surface un pays membre de la SADC porteur d’un projet qui n’apporte aucune solution aux vrais problèmes qui se posent aussi bien à la Miba, au centre du pays dans son ensemble, qu’en termes d’ouverture des différentes provinces congolaises les unes aux autres.
Le projet de contrat avec ce pays membre de la SADC qui bénéficie des appuis de certains poids lourds du régime en place ne prévoit pas la construction des infrastructures de base à caractère socio-économique. En outre, ce financement risque de connaître le sort peu enviable de ceux dont la moitié a été engloutie à Kinshasa dans diverses opérations de ristourne ou d’appui à tel ou tel besoin urgent. La crainte formulée par les observateurs se situe à ce niveau-là, car le débiteur sera obligé de rembourser la totalité du crédit qu’il n’a pas du reste consommé totalement.
La question que tout le monde se pose est celle de savoir comment on peut se dire kabiliste et travailler activement contre l’action de celui-ci en faveur du développement intégré de la République ? Comment peut-on chanter à longueur des journées le triomphe de cinq chantiers et oeuvrer en même temps pour l’échec de ceux-ci ? Les Brutus ont manifestement les reins insensibles et il faut espérer qu’on les obligera à changer d’avis. L’échéance de 2011 est à ce prix.

source : Le Phare/Kinshasa