30 avril 2008
Le Conseil des ministres adopte le projet d’ordonnance portant fixation du SMIG
La réunion extraordinaire du Conseil des ministres, tenue à la cité de l’Union africaine (UA), sous la présidence du Président de la République, Joseph Kabila Kabange, a adopté mardi, le projet d’ordonnance portant fixation du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) rehaussé à 3 dollars, des allocations familiales minima et de la contre-valeur du logement, présenté par la ministre de l’Emploi, travail et prévoyance sociale, Marie-Ange Lukiana.
Compte rendu de la réunion extraordinaire du Conseil des ministres du mardi 29 avril 2008
Il s’est tenu ce mardi 29 avril 2008 à la cité de l’Union africaine une réunion extraordinaire du Conseil des ministres, présidée par Son Excellence Joseph Kabila Kabange, Président de la République, Chef de l’Etat. L’ordre du jour a comporté les points suivants : 1. Points d’informations ; 2. Examen des dossiers économiques ; 3. Audition des rapports ; 4. Examen et adoption d’un projet d’ordonnance.
I. Points d’informations
S’agissant des points d’informations, le ministre d’Etat chargé de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité a présenté au Conseil des ministres l’état actuel du territoire national. La situation reste calme. Par ailleurs, le conseil a noté :
- la poursuite normale de la campagne électorale pour les législatives partielles prévues le 11 mai 2008 à Befale, dans la province de l’Equateur ;
- la poursuite également des travaux de la Commission mixte technique Paix et Sécurité dans le cadre du Programme AMANI ;
- la poursuite de la campagne de sensibilisation des éléments FDLR pour leur retour volontaire au Rwanda dans le cadre de la mise en œuvre du plan de Nairobi ;
- enfin, la poursuite de l’opération d’identification, recensement et regroupement des éléments « Mbororo » dans la province Orientale.
Quant à la situation sécuritaire, le vice-ministre de la Défense nationale et des anciens combattants a noté un calme relatif en dépit de quelques situations suivies de très près.
Dans les zones opérationnelles du Nord et du Sud-Kivu, quelques escarmouches sont signalées entre les FARDC et les dissidents Maï-Maï d’une part et, d’autre part, les éléments FDLR rwandais.
Enfin, le ministre des Relations avec le Parlement a fait le résumé des activités parlementaires de la session présente.
II. Examen des dossiers économiques
Le Conseil des ministres a suivi les exposés sur la hausse des prix des biens de consommation et la crise alimentaire, du ministre d’Etat chargé de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité, de celui chargé de l’Agriculture et du développement rural ainsi que du ministre de l’Economie nationale et industrie.
Après débats et délibérations, le conseil a renvoyé le dossier à la Commission économique et technique pour finalisation en vue des mesures concrètes.
Le conseil a ensuite suivi la présentation par le ministre des Finances du rapport de la mission effectuée à Washington avec le ministre du Budget dans le cadre des Assemblées du printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.
Le conseil a pris acte des encouragements des institutions financières internationales à l’endroit du gouvernement congolais pour les efforts accomplis en faveur du retour à la paix, de la stabilité ainsi que de la stabilisation du cadre macro-économique, gage pour atteindre le point d’achèvement, objectif fondamental en vue de la recherche de l’économie nationale.
Le conseil a également noté qu’un financement complémentaire a été consenti par la Banque mondiale à la RDC en faveur du projet Désarmement, démobilisation et réinsertion, du projet compétitivité et développement du secteur privé et du projet de gouvernance.
En ce qui concerne le cadre macro-économique, dossier présenté par le ministre des Finances et celui du Budget, le conseil a noté avec satisfaction le relèvement du niveau des recettes du Trésor public et la maîtrise des dépenses de l’Etat.
III. Audition des rapports
Le ministre de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité a présenté le rapport de la mission effectuée par une délégation ministérielle à Goma à la suite du crash de l’avion de la compagnie aérienne Hewa Bora.
En attendant le rapport d’enquête pour identifier les raisons de cet accident, le gouvernement entend prendre des mesures appropriées pour prévenir ce genre de catastrophes.
Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale a, pour sa part, présenté le rapport du périple qui a conduit successivement le Chef de l’Etat, Président de la République à Pretoria, Lusaka, New Delhi et New York.
En effet, après le sommet extraordinaire de la CEEAC sur le Tchad, le Chef de l’Etat a co-présidé avec son homologue Thabo Mbeki, du 31 mars au 3 avril 2008 à Pretoria, les travaux de la 5ème session de la Grande commission mixte RDC–RSA.
Il ressort de cette mission que la Banque de développement de l’Afrique australe (DBSA) a consenti un financement conséquent au profit des projets suivants :
- construction du barrage hydroélectrique de Katende à Kananga ;
- forage des puits en renforcement de la desserte en eau potable à travers les 11 provinces de la République ;
- acquisition des locomotives, wagons et engins de manutention en faveur de l’ONATRA pour désengorger le port de Matadi ;
- acquisition des locomotives, wagons et engins de manutention portuaire en faveur de la SNCC portuaire pour améliorer le transport des biens et des personnes, et renforcer les échanges commerciaux entre les provinces desservies par son réseau ferroviaire ;
- développement immobilier et touristique du site de Maluku ;
- réhabilitation et extension du Grand Hôtel Kinshasa en vue de renforcer la capacité hôtelière, immobilière et touristique de la ville de Kinshasa.
Le Chef de l’Etat a ensuite participé, en sa qualité de Président de la CEEAC, au premier forum Inde–Afrique à New Delhi, du 8 au 9 avril 2008. Au cours de cette rencontre internationale, d’importants accords ont été conclus en faveur d’un partenariat dynamique.
En marge des contacts officiels, des grands groupes industriels indiens ont manifesté le désir de venir investir en RDC dans le domaine des infrastructures et des industries.
A Lusaka en Zambie, le Chef de l’Etat a participé, le 12 avril 2008 au sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de la SADC sur le Zimbabwe.
Enfin, toujours en sa qualité de Président en exercice de la CEEAC, le Chef de l’Etat s’est rendu, du 15 au 18 avril 2008, à New York où il a pris une part active à la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le rôle des organisations régionales dans le maintien de la paix et de la sécurité internationale.
A l’issue des travaux, la résolution 1809 (2008) a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité. Par cette résolution, le Conseil de sécurité se déclare « résolu à prendre des mesures efficaces » en vue de préserver davantage les relations entre les Nations Unies et les organisations régionales notamment entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine dans le maintien de la paix en Afrique.
IV. Examen et adoption d’un projet d’ordonnance
Enfin, Mme la ministre de l’Emploi, travail et prévoyance sociale a présenté le projet d’ordonnance portant fixation du Salaire minimum interprofessionnel garanti, des allocations familiales minima et de la contre-valeur du logement. Le conseil l’a examiné et adopté après débats et délibérations.
Il s’agit de Bosco Ntaganda dit, Terminator, ancien chef adjoint de l’état major général de FPLC, la branche militaire de l’UPC.
Il s’agit de Bosco Ntaganda dit, Terminator, ancien chef adjoint de l’état major général de FPLC, la branche militaire de l’UPC. Actuellement, selon la CPI, il est chef d’état-major présumé du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda, un groupe armé en activité au Nord Kivu. Selon la chambre qui délivre le mandat, il est reproché à Bosco Ntaganda d’avoir joué un rôle essentiel dans l’enrôlement et la conscription d’enfants âgés de moins de 15 ans
29 avril 2008
Kabila poignardé dans le dos
Le lancement des travaux de construction d’une autoroute reliant le poste frontière de Kasumbalesa et la ville de Lubumbashi a été salué par tous les Congolais comme un signal fort du démarrage des cinq chantiers du chef de l’Etat. Que d’espoirs cela a-t-il suscités dans l’opinion en termes de désenclavement d’une partie non moins importante du pays, notamment les provinces du Katanga, des deux Kasaï et du Maniéma ! Sur le plan social, cette autoroute va créer de nouveaux emplois directs et indirects pendant et après les travaux et va donner un coup de pouce aux investissements provenant de tous les horizons. Certes, tous les feux des caméras ont été braqués sur la capitale de la province du Katanga, mais il ne reste pas moins vrai que les recettes générées par cette voie des communications en termes de droits de péage seront revues à la hausse pour le bonheur du trésor public. Selon des sources généralement bien informées, à l’heure actuelle et dans l’état où se trouve cette route, les recettes varient journellement entre 80.000 et 100.000 dollars Us. Ces travaux, a-t-on appris, seront exécutés par des équipes chinoises dans le cadre d’un financement de l’ordre de 6,5 milliards des dollars Us.
Les Chinois partenaires de la MIBA
Reste que les chinois ne se limitent pas uniquement au Katanga. Grâce au soutien de Joseph Kabila, ils ont jeté leur dévolu sur le Kasaï en mettant sur la table le projet d’un contrat garantit par la MIBA pour un financement atteignant plusieurs milliards de dollars Us. Ce financement porte aussi sur les infrastructures et servira à la relance de cette société minière dans le cadre d’un partenariat sur des gisements de chrome, de nickel, du cuivre, du fer et d’autres minerais situés dans les deux provinces, mais faisant partie de la concession de la MIBA. Des études de faisabilité ont été réalisées par une équipe conjointe composée des experts de deux parties au contrat sur des cartes minières qui existent depuis longtemps et que le Quotidien de l’avenue colonel Lukusa avait eu la primeur de rendre publiques il y a dix ans.
Des infrastructures de base
Les premiers chantiers miniers concernent les gisements situés dans deux localités, à savoir Nkonko et Lutshatsha au Kasaï Occidental. Et pour cela, les Chinois ont déjà commencé les études de la construction d’une ligne de chemin de fer qui va relier la grande ligne traversant l’Angola pour le port de Lobito. Pour désenclaver les deux Kasaï, les Chinois projettent de construire une autoroute traversant l’ensemble du Kasaï et et reliant celui-ci aux provinces du Katanga, du Bandundu et du Maniema. Des travaux qui demandent un tonnage important des matériaux dont notamment le ciment. C’est pour cette raison que deux cimenteries devraient être construites pour appuyer ces travaux et bien d’autres et faire ainsi des économies en devises étrangères.
Côté énergie, les partenaires chinois prévoient deux solutions avantageuses. Notamment le soutirage de l’énergie électrique à partir de la ligne Inga-Shaba de l’ordre de 200 Mégawatts et le renforcement de la centrale de Tshiala dont la production va passer de 18 à 30 Mégawatts. Cela suffit pour alimenter les principales villes du Grand Kasaï et de nombreuses localités, mais bien entendu les sites d’exploitation des mines qui constituent l’objet primordial de ce contrat de plusieurs milliards de dollars Us.
Le chef de l’Etat poignardé dans le dos
Mais au moment où ce dossier qui bénéficie du soutien actif du Chef de l’Etat est en train d’être finalisé par les deux parties, l’on apprend que certains caciques veulent saborder l’initiative présidentielle en remontant à la surface un pays membre de la SADC porteur d’un projet qui n’apporte aucune solution aux vrais problèmes qui se posent aussi bien à la Miba, au centre du pays dans son ensemble, qu’en termes d’ouverture des différentes provinces congolaises les unes aux autres.
Le projet de contrat avec ce pays membre de la SADC qui bénéficie des appuis de certains poids lourds du régime en place ne prévoit pas la construction des infrastructures de base à caractère socio-économique. En outre, ce financement risque de connaître le sort peu enviable de ceux dont la moitié a été engloutie à Kinshasa dans diverses opérations de ristourne ou d’appui à tel ou tel besoin urgent. La crainte formulée par les observateurs se situe à ce niveau-là, car le débiteur sera obligé de rembourser la totalité du crédit qu’il n’a pas du reste consommé totalement.
La question que tout le monde se pose est celle de savoir comment on peut se dire kabiliste et travailler activement contre l’action de celui-ci en faveur du développement intégré de la République ? Comment peut-on chanter à longueur des journées le triomphe de cinq chantiers et oeuvrer en même temps pour l’échec de ceux-ci ? Les Brutus ont manifestement les reins insensibles et il faut espérer qu’on les obligera à changer d’avis. L’échéance de 2011 est à ce prix.
source : Le Phare/Kinshasa
28 avril 2008
Congo: quand les soldats de la paix font du trafic d'armes
Après les accusations de torture contre les soldats français engagés dans l'opération Artemis, voici que les troupes indiennes et pakistanaises de l'ONU sont soupçonnées de trafic d'armes.
L'affaire est révélée par une enquête de la BBC diffusée ce lundi soir. Fin 2007, une enquête interne des Nations unies avaient classé le dossier, "en l'absence de preuves concordantes".
Réputée pour ses enquêtes au long cours, l'émission Panorama de la BBC livre le résultat de dix-huit mois d'enquête entre les forêts du Kivu, en République démocratique du Congo et les couloirs du siège de l'ONU à New-York. Travail de terrain et confidences "off the record" émanant "d'insiders" des Nations-Unies. Tout cela pour conclure que:
"Des soldats de la paix pakistanais, dans la ville de Mongbwalu (Est), ont été impliquées dans un trafic d'or illégal avec la milice FNI [Front nationaliste intégrationniste, ndlr], leur livrant des armes pour qu'elle garde le périmètre des mines.
"Des soldats de la paix indiens opérant autour de la ville de Goma ont négocié directement avec les milices responsables du génocide rwandais, aujourd'hui présentes dans l'est de la RDC. Les Indiens ont échangé de l'or, acheté de la drogue aux milices, et, avec un hélicoptère de l'ONU, se sont rendus dans le parc national des Virunga, où ils ont échangé des munitions contre de l'ivoire."
Une première enquête de l'ONU classe l'affaire, faute de "preuves concordantes"
A l'apparition des premiers soupçons, l'an dernier, l'ONU déclenche une enquête interne. Enquête rapidement enterrée, puisque les conclusions ne permettent pas de rassembler des "preuves concordantes" de ces trafics.
Au cours de son enquête, la BBC a pu rassembler ces "preuves concordantes", en retrouvant notamment deux chefs miliciens aujourd'hui incarcérés à Kinshasa. Kung Fu, surnom du général Mateso Ninga, avoue du fond de sa cellule:
"Oui, c'est vrai, ils nous ont donné des armes. Ils disaient alors que c'était pour la sécurité du pays. Ils nous ont dit que désormais, nous les aiderions à sécuriser cette région."
Mieux: une source "proche de l'enquête onusienne" a affirmé aux reporters britanniques qu'il leur avait été déconseillé de poursuivre trop avant leurs recherches.
L'explication est simple: le Pakistan étant à l'heure actuelle l'un des plus gros contributeurs de troupes aux opérations de maintien de la paix de l'ONU, il ne fallait pas s'aliéner la bonne volonté d'Islamabad.
Interrogé, le représentant personnel du secrétaire général de l'ONU pour la RDC, a opposé un démenti formel. Avec un sens aiguë de la formule diplomatique, Alan Doss s'est fendu d'un:
"Les chefs miliciens sont des chefs miliciens. Ils ont toujours leurs propres intérêts. Tout ce que je peux dire, c'est que notre enquête n'a pas confirmé ces faits."
Nyamilima : une coalition Maï-Maï - FDLR attaque l'armée congolaise
Selon les habitants sur place, c’est en pleine cité de Nyamilima que les FARDC de la 6e brigade intégrée ont combattu contre les Maï-Maï et les FDLR pendant 30 minutes, à partir de 19h00. Les responsables de la 6e brigade intégrée précisent que ces groupes armés ont attaqué l’état major des FARDC située sur une colline de cette cité. Mais, les FARDC ont utilisé des mitraillettes pour faire face à cette avancée composée uniquement des FDLR vers leurs positions. Les FDLR, contraints d’abandonner la lutte, se sont repliés dans le parc de Virunga, d’où ils étaient venus, indique le commandant de la 6e brigade intégrée. Le même responsable ne donne aucun bilan de cette attaque.
Selon les habitants de Nyamilima, un élève de 18 ans a été blessé par balle au niveau de la cuisse. Ils confirment aussi le pillage de plusieurs habitations dans les quartiers Tumaini et Kivisire de Nyamilima, par ces hommes armés. Pour les habitants, il s’agit des FDLR coalisés aux Maï-Maï du mouvement de la révolution populaire du Kivu.
Ce Lundi, aucune activité commerciale n’est exercée à Nyamilima. Même les agriculteurs ne sont pas allés aux champs, indiquent des sources sur place. Selon le responsable de la 6e brigade intégrée, cette attaque des FDLR sur leur position intervient après l’arrestation lundi dernier par les FARDC, du Colonel Jean Claude Muhire, chef FDLR. Le Colonel Jean Claude Muhire est en effet accusé du meurtre de 10 soldats FARDC, à Nyamilima, au mois d’octobre 2007. Il serait aussi responsable de la mort d’une femme, il y a de cela 10 jours. Le chef FDLR est enfin poursuivi pour plusieurs exactions à l’endroit des civils.
Source : radio Okapi/Kinshasa
accords de Nairobi, l’application en souffrance
Ces accords signés le 9 novembre 2007 entre la RDC et le Rwanda devaient régler la question de la présence des groupes armés illégaux présents dans l’Est du Congo, notamment les FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda). Depuis lors, le processus marque le pas.
Selon le communiqué conjoint signé entre les deux pays, la RDC devait fournir au Rwanda un plan détaillé de désarmement et de rapatriement des FDLR présents sur son territoire au 1er décembre 2007. Ensuite, une campagne de sensibilisation devait être menée par la Monuc et le gouvernement congolais au près des FDLR pour pousser ces derniers à un désarmement volontaire suivi d’un un retour volontaire dans leur pays ou du choix de rester sur le territoire congolais sous statut de réfugié.L’option militaire ne devant intervenir qu’après la période de sensibilisation.
De son côté, le gouvernement rwandais avait pris l’engagement dans ce même communiqué, de ne pas soutenir les groupes armés présents dans l’Est de la RDC, en particulier le CNDP de Laurent Nkunda, et de veiller à ce qu’aucun groupe armé ne s’approvisionne au travers de ses frontières. Entre-temps, Kigali devait fournir à la RDC une liste des individus qu’il considère comme génocidaires d’avril 1994. Seulement la liste élaborée par le gouvernement rwandais compte 6 000 individus, exactement le nombre des éléments FDLR actuellement présents dans l’Est de la RDC. Ce qui constitue, selon Alain Hutchinson, député belge du Parlement européen, un sérieux blocage au processus du retour volontaire des Hutu rwandais. Selon la Monuc, un tête-à-tête Kabila Kagama était prévu à New York en marge d’une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu au cours de ce mois d’avril. Mais le président rwandais ne s’y est pas rendu.
Un comité de suivi du communiqué de Nairobi composé de représentants de l’Onu et de l’Union européenne a été mis en place pour le suivi de l’exécution des accords signés.
27 avril 2008
La Belgique change d’ambassadeur à Kinshasa
Ça bouge entre la Belgique et la RDC. Au plus fort de la polémique née des déclarations de Karel De Gucht sur la défaillance de l’Etat congolais, la Belgique déplace Dominique Struye de Swielande, en poste à Washington, pour remplacer l’ambassadeur Johan Swinnen à Kinshasa. La presse belge parle de la surprise du mouvement diplomatique annuel. Dominique Struye de Swielande vient-il jouer au sapeur-pompier ou aurait-il la mission de précipiter, pour reprendre les propos du quotidien flamand Het Belang Van Liinburg, la chute de Kabila qu’il traite d’orgueilleux, peut-être pour avoir rappelé aux Belges leurs promesses non tenues ?
Karel De Gucht, ministre belge des Affaires Etrangères, va bientôt approuver la nouvelle répartition des postes diplomatiques pour son pays. La presse belge qui se fait l’écho de la nouvelle note deux changements importants et stratégiques. La nomination de Dominique Struye de Swielande, jusque-là ambassadeur de Belgique à Washington, qui vient à Kinshasa en remplacement de Johan Swinnen qui est dépêché à Vienne en Autriche. L’autre poste le plus important à pourvoir était la Représentation permanente auprès de l’ONU à New York confié à Jan Grauls.
S’il n’y avait pas eu ce discours musclé de Karel de Gucht face au Président Joseph Kabila, la nomination serait, dans une certaine mesure, passée sous silence. Certes que les services de l’Ambassade du Royaume de Belgique à Kinshasa se seraient chargés de rédiger un communiqué que les médias congolais balanceraient sans se faire prier. La venue annoncée de Dominique Struye de Swielande intervient dans un contexte où les relations entre le Gouvernement de Belgique et celui de la RDC sont quelque peu tendues. Les déclarations des acteurs de cet énième couac diplomatique ne trompent pas. Quand bien même le Président Kabila et le Premier ministre belge Leterme, disent, en hommes d’Etat, qu’il n’y a pas eu d’incident. Karel de Gucht a maintenu, hier dimanche 27 avril 2008 à Bukavu, ses accusations sur la défaillance de l’Etat congolais, l’impunité et la corruption. C’est signe que la position du ministre belge des Affaires Etrangères est bien celle arrêtée par l’ensemble du Gouvernement de Belgique. Autrement dit, les ministres belges ont eu le temps de décider de la nouvelle politique. Leterme déclare devant le Parlement de son pays : ‘‘La façon dont les choses se déroulent là-bas (ndlr RDC) est préoccupante en matière de bonne administration, de l’organisation d’un Etat de droit et de lutte contre la corruption. Il y a trop peu d’avancées. Sans cela, ce pays ne se relèvera jamais’’.
Pourquoi fait-on des problèmes à Kabila ?
La question est sur toutes les lèvres à Kinshasa. De deux choses l’une, dit-on. Aucun Congolais, victime de la prédation, n’est prêt à tolérer les frasques du pouvoir. Mais que des Belges ou autres occidentaux qui ont, longtemps avec cynisme, fermé les yeux sur les pillages des ressources de la RDC ; on pense ici au Rapport du panel de l’ONU, aux fameux contrats léonins, et à tous les abus de tout genre, se soient levés tout d’un coup doit faire réfléchir. Depuis quand les marchands blancs sont-ils devenus sensibles à la misère des Congolais ? C’est peut-être depuis que les Belges se demandent s’il y a encore quelque chose à attendre du « Congo chinois ». Ici réside toute la cruelle ironie.
Dans une interview au journal belge Le Soir, Kabila estime que la Belgique ne lui pardonne pas d’avoir sollicité les milliards chinois pour construire 3000 Km de routes, des hôpitaux, des écoles, etc.
C’est l’enjeu du jeu.
Snel : cure de choc contre les délestages à Kinshasa
La haute direction de la Société Nationale d’Electricité (Snel) a décidé l’arrêt « volontaire », depuis mercredi, de la centrale de Zongo. C’est ce qui explique les fortes perturbations que l’on enregistre dans la partie Ouest de Kinshasa ( Cité Maman Mobutu, Cité Verte, Ozone, Gombe, Ngaliema).
Selon une source sûre contactée par Le Phare, la mise à l’arrêt momentanée de la centrale hydroélectrique de Zongo, pour une période d’environ 14 jours, s’inscrit dans l’optique de l’amélioration imminente de la desserte de la capitale en énergie électrique. En effet, ce temps mort va être mis à profit pour des travaux de réhabilitation d’un second groupe sur les cinq que compte cette centrale, laquelle fonctionnait jusque-là avec un seul groupe.
L’équipe d’ingénieurs et techniciens de la Snel s’activent donc à Zongo autour du « pivot » reconditionné récemment en Afrique du Sud et de ses annexes. Dans deux semaines, lorsque le premier et le second groupes de Zongo seraient mis en marche, cette centrale électrique serait en mesure de produire environ 30 mégawatts, ce qui représente le 1/3 du déficit d’Inga en énergie électrique à Kinshasa, lequel s’élève à 100 mégawatts. Pour couvrir les besoins de la capitale, il faut attendre la construction d’une deuxième ligne de conduite du courant entre Inga et Kinshasa, un projet déjà inscrit au budget d’investissement du gouvernement.
Mais, déjà avec 30 mégawatts attendus de Zongo, soutient notre source, la desserte de Kinshasa en électricité pourrait se normaliser dans deux semaines. Et le phénomène de « délestages » ferait moins de victimes.
S’agissant de la partie Est de la ville (Matete, Lemba, Ndjili, Masina, Kimbanseke), qui se trouve durement frappée par des délestages, cette situation est consécutive à une nouvelle panne qui s’est déclarée dans le transformateur de Liminga, à la sous-station de Limete, après sa réparation réussie par des techniciens de la Snel.
Cette société a pris contact avec les ministères des Travaux Publics et Infrastructures pour examiner la possibilité de transfert, à Limete, du transformateur de réserve en souffrance à Maluku. La difficulté se situe au niveau de son poids – 60 tonnes- lequel pose problème pour la traversée des ponts de Nsele, Mikonga et Ndjili. La Snel voudrait s’assurer si une telle opération peut s’effectuer sans dommages pour les ouvrages précités.
Il est enfin précisé les travaux de réparation entamés depuis mercredi à Zongo et tous les autres qui touchent au réseau électrique de Kinshasa sont financés sur fonds propres, en attendant des pourparlers avec des partenaires pour la réhabilitation des 5 groupes de Zongo.
5 Chantiers : pressions sur la Chine
La République démocratique du Congo est entrée dans la phase cruciale de sa reconstruction. Il s’agit de la mise en action de grands travaux sous l’étiquette des « 5 Chantiers ». En même temps de la reprise du programme d’ajustement avec les institutions de Bretton Woods. Deux démarches qui sont aujourd’hui conditionnées par l’Accord de prêt que la République démocratique du Congo a signé avec la Chine. Un accord qui bouscule les relations entre la RDC et ses partenaires classiques que l’on parle aujourd’hui de plus en plus des pressions sur la Chine pour qu’ elle ne mette pas la main à la poche.
Après le lancement des travaux de l’autoroute « Kasumbalesa-Lubumbashi », dans la province du Katanga, l’on s’attend à l’ouverture d’autres chantiers dans d’autres parties de la République. Raison pour laquelle, à en croire certains recoupements, une délégation congolaise a séjourné dernièrement en Chine pour examiner les possibilités de la procédure de décaissement. Les entretiens sont encore tenus secrets et on ignore la conclusion à laquelle sont parvenues les deux parties.
Seulement voilà. Cet accord de prêt entre la RDC et la Chine suscite de nombreuses agitations dans les milieux financiers occidentaux. Aussi, apprend-on que des pressions sont exercées actuellement sur la Chine pour qu’elle ne libère pas les fonds nécessaires au profit de la République démocratique du Congo. L’on propose à la Chine de s’imposer un temps d’observation pour évaluer l’évolution du processus politique en République démocratique du Congo pour entourer cet accord de plus de garantie. Les pressions sont tellement grandes que la délégation congolaise qui était sur place en Chine a mis plus de temps que prévu.
Dernièrement à Washington, aux assemblées générales de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, l’on a assisté au même phénomène. Si l’on a reconnu les efforts déployés par la République démocratique du Congo en matière de finances publiques, efforts qui doivent être soutenus pour accéder au point d’achèvement, les responsables des institutions de Bretton Woods ont été précis dans leurs exigences. Ils tiennent à connaître le contenu des accords signés entre la République démocratique du Congo et la Chine. Ils brandissent les principes universels en matière de coopération et de prêts entre Etats au regard du taux conventionnel de remboursement. Pour eux, il est question de se rendre à l’évidence si la RDC et la Chine ont respecté ces principes et si ce prêt chinois ne va pas peser davantage sur la dette extérieure de la RDC. Dette en cours de négociation au niveau de la Banque mondiale et du FMI, ainsi que du Club de Paris pour obtenir son annulation d’au moins 9 milliards de dollars US. Selon des observateurs avertis, la Banque mondiale et le FMI conditionnent l’accès de la RDC aux facilités élargies par la transmission officielle des termes de cet accord-prêt non encore rendus publics par la RDC.
LES 5 CHANTIERS EN DIFFICULTE
Toutes ces pressions ne sont pas de nature à favoriser la reconstruction de la République démocratique du Congo le plus vite que possible. Si aujourd’hui la volonté du bloc occidental pourrait faire fléchir la Chine de ne pas mettre la main à la poche, incontestablement, les 5 chantiers du chef de l’Etat seront en difficulté. Ce qui pourrait avoir un impact négatif sérieux sur son mandat politique. Serait-ce là le but visé ? La question reste posée.
Toutefois, dans la dernière interview que le président de la République a accordée au journal Le Soir, il s’est attardé sur les contrats signés avec la Chine. Il reconnaît qu’il a déjà eu des discussions avec d’autres pays du bloc occidental et certains l’ont compris, notamment la Grande Bretagne. Il reconnaît aussi qu’au niveau des institutions de Bretton Woods, il y a eu un débat. « Mais la porte demeure ouverte, nous continuons à dialoguer avec ces institutions. Je crois que nous avons pris une bonne décision, et nous irons jusqu’au bout. La reconstruction de ce pays ne se fera pas qu’avec les Chinois. Elle se fera avec tout le monde, avec nos partenaires de bonne foi, et avant tout avec nous-mêmes », a dit le président Kabila.
Auparavant, le président Kabila avait souligné que le Congo a besoin de se développer, le plus vite possible. « Afrique du Sud, Angola, Congo-Brazzaville et tant d’autres pays ont déjà conclu des contrats avec la Chine et ces pays commencent à se développer à une vitesse incroyable. Je ne vois pas pourquoi on empêcherait la RDC d’entreprendre des initiatives pour aussi prendre à son tour son envol ».
Observation pertinente qui vaut son pesant d’or. Y a-t-il eu frustration ? La Chine serait-elle en train de marcher sur des plates –bandes des partenaires classiques ? Crime de lèse majesté ?...
COUPER L’HERBE SOUS LES PIEDS
Certains observateurs n’hésitent pas à évoquer une autre « guerre » visant à déstabiliser la République démocratique du Congo. S’il advenait que la Chine se ravise, ce serait un coup dur pour le président Kabila : ses 5 chantiers ne seront qu’un slogan, une illusion faute de moyens financiers qui, pour le cas d’espèce, sont très importants. Or, par cet arrangement, la Chine a brandi le nécessaire avec ses milliards de dollars, et sa philosophie de coopération « gagnant-gagnant ». Les conséquences seront dramatiques et la RDC risque de replonger dans la spirale de l’incertitude, de l’’instabilité, de l’insécurité. Car, le bloc occidental, avec ses conditionnalités, ne déboursera jamais un milliard pour la reconstruction de la RDC.
Il revient à l’Etat congolais de faire preuve de beaucoup d’ingéniosité pour couper l’herbe sous les pieds de tous ses détracteurs. La stratégie consisterait à donner la preuve incontestable de plus de transparence, comme l’a dit lui-même le président Kabila. L’on éviterait à certaines mauvaises langues de parler d’opacité dans la gestion de ces contrats avec la Chine. Démontrer qu’il s’agit réellement d’une question qui engage toute la République démocratique du Congo bien que l’initiative ait été encouragée, voire inspirée par le président de la République.
Dans ce cas, les mêmes observateurs estiment que le moment est venu d’informer le Parlement des termes de ces contrats. Et ce, dans un souci de transparence, de rigueur et de bonne gouvernance.
Source:Le Potentiel/kinshasa
Les Congolais ne voient pas la paix se concrétiser en RDC
Trois mois après la conclusion d'un accord de paix dans l'est de la République démocratique du Congo, des groupes armés continuent de tuer et de violer des civils et de recruter des enfants, et les affrontements opposant l'armée à des rebelles rwandais chassent des milliers de personnes de leur domicile.
Les organisations humanitaires ont exhorté la communauté internationale, qui a appuyé l'accord de paix du 23 janvier à Goma, à prendre des mesures d'urgence afin que cet accord se traduise dans les faits par une véritable sécurité pour les civils de la région.
Elles soulignent que depuis la signature de l'accord entre le gouvernement du président Joseph Kabila, les rebelles et les milices, les civils des provinces du Nord et du Sud-Kivu continuent d'endurer de terribles souffrances.
Malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur, des dizaines de personnes ont été tuées, des centaines de femmes et de jeunes filles ont été violées et des enfants sont recrutés comme combattants. La malnutrition, le choléra et le paludisme font des ravages.
"Rien n'a changé (...) Il n'y a eu aucun progrès en matière de droits de l'homme et de situation humanitaire. Il faut que ce soit davantage que des mots sur le papier", a déclaré à Reuters Anneke Van Woudenberg, chercheuse à Human Rights Watch.
Les violences au Nord et Sud-Kivu sont une subsistance de la guerre de 1998-2003 et de la catastrophe humanitaire qui en a découlé et qui a fait quelque 5,4 millions de morts, victimes pour la plupart de malnutrition et de maladie.
Les frontières est de la RDC, dans la région des grands lacs, constituent une poudrière où les tensions ethniques restent vives après le génocide de 1994 au Rwanda, qui a contribué à déclencher la guerre de 1998-2003 en RDC.
Le principal objectif de l'accord de Goma était de garantir la paix aux populations du Kivu et de permettre à plus de un million de personnes déplacées de regagner leurs foyers.
Mais ces derniers jours, des combats ont éclaté entre l'armée congolaise et des rebelles hutus des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) qui n'ont pas signé l'accord de paix et maintiennent d'importants effectifs dans l'est du Congo.
NOUVEAUX AFFRONTEMENTS
Les récents affrontements ont chassé au moins 16.000 personnes de chez elles et forcé deux agences des Nations unies à suspendre leurs opérations de secours ainsi que les distributions de vivres.
Loin d'assister à une réduction du nombre de réfugiés depuis le 23 janvier, les Nations unies estiment que 75.000 personnes supplémentaires ont été déplacées par les violences dans les deux provinces du Kivu.
"C'est vrai. Il y a eu beaucoup de violences dernièrement, mais nous en finirons bientôt avec cela", a déclaré le général Vainqueur Mayala, commandant militaire du Nord-Kivu.
Il a expliqué que les affrontements résultaient du déploiement de l'armée près de bastions des FDLR avant une offensive décisive.
Mais des ONG redoutent qu'une grande offensive gouvernementale contre les FDLR entraîne des représailles contre les civils, provoquant une nouvelle vague de réfugiés.
L'un des signataires de l'accord de Goma était le général rebelle Laurent Nkunda, qui a dirigé pendant quatre ans une insurrection pour défendre la minorité tutsie dont l'existence est selon lui menacée par les Hutus rwandais des FDLR, leur ennemi juré.
Les FDLR sont composées pour partie d'anciens militaires hutus rwandais et de miliciens Interahamwe, responsables du massacre de 800.000 Tutsis et Hutus modérés rwandais en 1994.
Un mois avant la signature de l'accord de Goma, les 4.000 hommes de Nkunda avaient réussi à repousser une offensive de plus de 20.000 soldats gouvernementaux bénéficiant d'un appui logistique de l'Onu.
Les observateurs notent que les FDLR constituent une force bien plus importante, profondément retranchée au sein de la population locale des deux Kivu.
Des diplomates rappellent qu'il a fallu trois ans pour pacifier la province d'Ituri, autre région troublée dans le nord-est du Congo, où un conflit ethnique a fait plus de 70.000 morts.
"Ce processus (dans les provinces du Kivu) va être long et complexe (...) Il implique davantage d'acteurs (qu'en Ituri), de sorte qu'il faut s'attendre à des défis", a déclaré un diplomate occidental.
Source : l'express/fr







