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VIGILANCE RDC

un lieu d'échange et de partage sur ce qui fait l'actualité en RDC. Nous souhaitons ainsi établir une passerelle entre les Congolais, les amis du Congo et tous ceux qui veulent oeuvrer pour influer sur la destination de la RDC.

05 mai 2008

Affaire Snel-MagEnergy : les Députés tranchent ce mercredi

Courant

Quels sont les tenants et les aboutissants de l’accord Snel-MagEnergy sur la réhabilitation des Turbines G25-G28 ? Combien chaque partenaire devait gagner dans ce partenariat ? Qui a bloqué l’exécution des travaux ? Pourquoi le délestage continue de battre le record à Kinshasa et en provinces ? Georges Kyriakos, Vice-Président de MagEnergy, a donné de la voix hier lundi 5 mai 2008. Le comité Yengo de la Snel au banc des accusés.
C’est demain mercredi 7 mai que la ministre du Portefeuille, Jeannine Mabunda, et son collègue de l’Energie, Salomon Banamuhere, seront devant les Députés à l’Assemblée nationale pour répondre à la question orale de l’honorable Takizala Masoso et à la motion d’information de Kanku Bukasa wa Tshibuabua. Le Comité de Gestion de la Snel dirigé par Yengo sera aussi au Palais du Peuple. Il ne pouvait en être autrement du moment que les débats porteront sur les stratégies à mettre en œuvre pour tirer la Snel par le haut et remonter son niveau de production. Il se fait, cependant, que, pour citer un collaborateur de Jeannine Mabunda, l’interpellation des deux ministres de tutelle de la Snel intervient dans un contexte très particulier. Une agitation est signalée à la suite des distances que prend la Snel vis-à-vis de certains de ses partenaires. Notamment MagEnergy Inc, une filiale du Groupe MagIndustries de droit canadien, avec laquelle la Snel a signé un protocole d’accord en avril 2005. Quels sont les tenants et les aboutissants de cet accord ? Pourquoi la Snel a-t-elle pris ses distances ?
Pour fixer l’opinion, Georges Kyriakos, ci devant Vice-Président de MagEnergy, a animé une conférence de presse hier lundi 5 mai 2008, à son siège de la Gombe.
Sur quoi portait l’accord ?
Georges Kyriakos rappelle que le protocole d’accord d’avril 2005 s’est vu confirmé et concrétisé par la signature d’une convention de mise à disposition de Usd 9 M signée le 3 novembre 2005 et modifiée par deux avenants signés les 18 avril 2006 et 7 septembre 2006 pour un montant total de Usd 23,6 M. Cette convention correspond à la première phase du projet et a pour objet une intervention d’urgence sur certaines installations d’Inga II et le site d’Inga dans son ensemble ainsi que la fiabilisation du groupe G23. Intervention confirmée par un ingénieur indépendant du projet et par les techniciens de la Snel. Le but était d’assurer la stabilité d’approvisionnement nécessaire à la RDC durant l’exécution des travaux de réhabilitation.
Qu’a fait MagEnergy depuis ?
MagEnergy, affirme son Vice-Président, a finalisé l’étude de faisabilité technique et bancable des travaux de réhabilitation. MagEnergy a élaboré les cahiers des charges administratives et techniques relatifs aux contrats de travaux, a levé les fonds nécessaires à la réhabilitation, a démarré le processus de sélection de l’entreprise devant s’occuper des travaux dans le cadre du lancement d’un Appel d’Offre International pour lequel les plus grands noms de l’industrie électromécanique ont déjà manifesté leur intérêt.
La Convention de Partenariat Public Privé
Georges Kyriakos a ajouté que par la suite, après des mois de négociations, et sur approbation du Conseil d’Administration de la Snel, le 25 août 2007, une Convention de Partenariat avait été signée le 14 septembre 2007.
Convention légitimée
La conclusion du partenariat entre la Snel et MagEnergy a été reconnue par le Gouvernement qui a suivi de près la transparence du processus. Pour preuve, cette convention, qui portait sur la réhabilitation des groupes G25, G26, G27 et G28, a fait l’objet du Conseil des ministres du 19 octobre 2007 qui l’a référée à la Commission économique et financière. Le 27 novembre, la Commission rendait ses conclusions émettant au Premier ministre, Antoine Gizenga, un avis favorable.
Quand MagEnergy accuse le Comité Yengo
MagEnergy ne va pas par le dos de la cuillère pour accuser la Snel d’avoir systématiquement violé le protocole d’accord. La mauvaise foi est apparue au grand jour lorsque, le 21 février 2008, la Snel a lancé dans la presse congolaise un avis d’Appel public à manifestation d’intérêt sur le financement des groupes G27 et G28 d’Inga II. Georges Kyriakos déclare que l’émission de l’avis public à manifestation d’intérêt est en contradiction totale avec le texte des accords qui lient la Snel et MagEnergy et préjudiciable aux droits de MagEnergy en ce qu’il préconise la rupture du contrat et l’arrêt des travaux en cours. Selon les experts, chaque mois perdu dans la mise en vigueur de la Convention Snel-MagEnergy augmente le risque d’arrêt des turbines. Depuis la signature de la Convention, en septembre 2007, le prix de l’acier a déjà augmenté de 65%. La Snel perd par mois de retard dans la réhabilitation de G27 autour de 3.250.000 Usd. Un simple calcul, depuis septembre 2007, la Snel a perdu 22.750.000 Usd. Les Députés sont-ils au courant de toutes ces pertes ? Le déficit d’informations sur le partenaire MagEnergy dont le seul précédent commercial reste le financement en cours du groupe 23 d’Inga II, l’opacité alléguée sur la capacité financière de MagEnergy, l’absence de garantie ; la complexité de la convention qui, telle que libellée, est à la fois une convention, un contrat de partenariat et un accord d’exploitation et de maintenance ; ce sont là les facteurs majeurs qui rendent difficilement applicable la convention et mettent en danger les intérêts de la Snel. MagIndustries pèse, en capitalisation boursière, CAD 544, 000,000. Plus de 2000 employés. L’entreprise a investi, les 5 dernières années, dans le secteur privé 5,8 milliards en Afrique. On signale, par ailleurs, que dans le cas de la Convention Snel-MagEnergy, la rémunération du partenaire financier est faite sans risques pour le bénéficiaire, la Snel. Le pourcentage de production projetés : 80% Snel contre 20% MagEnergy. Cette dernière ne pose aucune condition du droit bancaire, aucune garantie souveraine, pas d’hypothèque ni de concession particulière exigée. MagEnergy tire un revenu normal de la Convention. La hauteur très élevée du coût financier à la valeur marchande de l’énergie à livrer à MagEnergy est évaluée à Usd 650.000.000 alors que le coût de réhabilitation est estimé à 145.142.857 Usd. Comme résultat net sur 15 ans, la Snel tirera 2.128.680.000 USD. MagEnergy, sur 15 ans, n’aura comme résultat net qu’un montant de 52.834.960 USD assorti d’un engagement de prise en charge du coût de la manutention et des frais connexes.

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Tragédie dans la rivière Lukaya : dix adeptes de "La Révélation" meurent noyés

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L’ombre de la mort qui rôde dans la ville de Kinshasa depuis le crash de l’Antonov 21 sur le quartier populaire de Kingasani en novembre 2007, vient de faire de nouvelles victimes en frappant, cette fois, des milieux religieux. Précisément, la jeune secte religieuse dénommée Centre évangélique «Révélation» dont l’activisme des dirigeants attire aujourd’hui beaucoup de jeunes-filles et garçons, pour la plupart sans emploi et en quête de refuge dans la spiritualité.

Sur boulevard Ezo n° 40 bis, quartier Yolo sud, commune de Kalamu, où est installé ce centre évangélique, un hangar sert de temple et accueille à longueur de journée plusieurs services religieux dont des veillées de prières. Ce qui fait dire aux voisins que l’« entreprise religieuse » prospère en fonction des talents des gagneurs d’âmes.
C’est dans cette communauté religieuse que le sort cruel a choisi de faucher des vies innocentes, des jeunes à peine sortis de l’adolescence et qui voulaient s’évader dans la nature et méditer sur leur devenir incertain.

Une balle à la base de l’hécatombe

Les peureux d’entre eux préféraient se reposer sur des pagnes étalés sous des arbres touffus et grignoter quelques amuse-gueules. On ne saura pas ce qui s’est réellement produit par la suite, mais à en croire un des rescapés, tout est parti d’une jeune fille qui ne savait pas nager.
Elle commet l’erreur de vouloir récupérer une balle perdue dans la réserve d’eau naturelle située à côté de l’Hôtel Nif, sur le flanc de la Lukaya. Mal lui en prit car elle chuta dans l’eau alors même qu’elle ne savait pas nager. Pour des gestes désespérés, elle attira l’attention d’un jeune homme, membre du groupe. Celui-ci se jeta à l’eau très rapidement, rejoignit la fille. c’est alors que le drame se produisit. La fille s’accrocha au jeune homme avec l’énergie du désespoir. Jusqu’au point de l’étouffer. Ce fut la panique !
Fqce 0 ce d2veloppe;ent dangereux de la situation, d’autres jeunes excursionnistes tentèrent le sauvetage, dira un autre rescapé, des trémolos dans la voix. Encore sous le choc, il revoit la scène de ces noyades en cascade contre lesquelles ils n’ont pu rien faire.
En dépit des cris de détresse, les pêcheurs qui traînaient dans les parages, pagayèrent en toute hâte pour rejoindre le lieu du sinistre. Trop tard ! On compta les vivants, ils n’étaient plus que 41. Dix ne répondaient pas à l’appel. L’excursion-spiritualité venait de tourner au drame. Des pleurs et des larmes parmi les rescapés, surtout que le chef de la délégation demeurait lui aussi introuvable. Si certains membres de la secte ont décidé de quitter immédiatement le lieu du cauchemar pour aller alerter les familles des disparus à Kinshasa, les autres acceptèrent d’attendre à Kasangulu, non seulement pour continuer des recherches, mais aussi répondre aux besoins de l’enquête judiciaire ouverte par la police et les autorités locales.

La liste des victimes

Parmi les noyés, on compte trois filles et sept garçons. Il s’agit de :
1. Shiko Munsi, chef de la délégation, habitant sur avenue Kikueta n°80, commune de Makala
2. Mlle Divine Mabunda, résidant sur avenue Luete, quartier Yolo-Sud, commune de Kalamu
3. Mlle Nathalie Mbuyi, domiciliée sur l’avenue Tubi bis, quartier Foire, commune de Lemba
4. Mlle Mode Ndombe, demeurant sur avenue Lubizi n° 69, quartier Foire, commune de Lemba
5. M. Prince Mikunzi, habitant sur avenue Kipata n° 43, quartier Uelé, commune de Makala
6. M. Molière Franklin, résidant sur avenue Lobo n°91, commune de Ngaba
7. M. Junior Mwembia, domicilié sur avenue Lokutu, quartier Yolo sud, commune de Kalamu
8. M. Alain Mambwe, demeurant sur avenue Kimwenza n°33, quartier Kauka, commune de Kalamu
9. M. Héritier Mbala, habitant sur avenue Mbole n°1, quartier Yolo sud, commune de Kalamu
10.M. Malos Imanga, résidant sur avenue Mbole n° 27 bis, quartier Yolo sud, commune de Kalamu.

Depuis qu’est survenu ce drame, avons-nous appris hier dimanche, les dix corps disparus, ont finalement émergé des ceux et ont été ramenés à Kinshasa. Une forte délégation constituée des membres de cette secte religieuse, ainsi que des familles des disparus, a fait le déplacement du Bas-Congo, afin d’identifier les corps retrouvés non loin du lieu de la noyade.


Excursion et spiritualité au rendez-vous de la mort

Au sein du centre évangélique « La Révélation », les cultes et veillées de prières étaient devenus si routiniers qu’un jour, un jeune cadre proposa l’idée de coupler tourisme et spiritualité en dehors de la ville de Kinshasa. Shiko Munsi parvint à convaincre ses dirigeants et à arracher le consentement de nombreux fidèles. Le pasteur titulaire Brown Bomalika n’y trouva rien à redire, estimant que cette idée valait bien la chandelle.
Le montant des frais de participation fixé, plusieurs excursionnistes s’inscrivirent sur la liste. Ils furent 51 adeptes retenus pour le voyage de Kasangulu, situé à près de 50 kilomètres de Kinshasa.
Comme pour faire sérieux, une autorisation de sortie leur fut délivrée par le bourgmestre de la commune de Kalamu, avec comme mission : tourisme et encadrement de la jeunesse chrétienne. Ce sauf-conduit a été visé par le Chef de Cité de Kasangulu.
Mercredi 30 avril, Shiko Munsi , le chef de la délégation et sa suite, prirent alors place à bord d’un bus. Après une trentaine des minutes, ils débarquèrent à Kasangulu, heureux d’abandonner momentanément la pollution de la ville, les tracasseries et les contrariétés de la vie.
Kasangulu est un coin où la verdure favorise l’évasion et la détente, contrastant avec la ville de Kinshasa où les bâtiments ravagent les espaces verts et remplacent les arbres.
A peine leurs bagages et valisettes installés dans des dortoirs de fortune, la fatigue du voyage leur inspira la baignade dans la rivière Lukaya.
C’était le mystérieux rendez-vous avec la mort. Voilà que les excursionnistes, amoureux des rivières et des piscines, dont certains en maillots de bain, les autres en culotte et chemise, se jettaient dans la Lukaya

Posté par Kongolais à 23:38 - Echos de nos provinces - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Secteur minier : la maffia a la peau dure

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Quelques mois après la tenue à Kinshasa des Etats généraux des Mines, l’Etat congolais a toujours du mal à cerner les contours d’un secteur qui semble lui échapper. Des analyses fiables parlent des pertes annuelles évaluées à des milliards de dollars américains pour la seule province du Katanga, en ce temps où les cours du cuivre se négocient à près de 9.000 Usd la tonne sur le marché mondial. La criminalisation de l’économie nationale inquiète tous les milieux congolais et étrangers. Les faits sont scandaleux dans le secteur des mines, transformé en véritable far west. La cause principale est l’aliénation des richesses nationales par divers stratagèmes montés pour contourner certaines dispositions pertinentes du Code minier de 2002. Mais le grand perdant de ce flou artistique demeure évidemment l’Etat congolais qui, bon gré mal gré, doit se plier aux contraintes parfois humiliantes de l’extérieur pour financer les « cinq chantiers » de la République. Pourtant, la poule aux œufs d’or est bien à ses côtés et continue - par compromission certainement - à faire la part belle à la grande maffia qui a pris en otage tout le secteur minier congolais.

L’évaluation à mi-parcours du Code minier congolais, six ans après sa promulgation en juillet 2002, a été le thème central des Etats généraux des Mines organisé à Kinshasa. A cette occasion, différentes parties impliquées dans la revalorisation des ressources minières congolaises, l’Etat congolais en première ligne, se sont penchées sans complaisance sur les ajustements à opérer pour que la Rdc, pays pauvre très endetté, tire profit de ses immenses potentialités minières.

Tous - gouvernement, entreprises minières ou mandataires en mines - ont reconnu la nécessité de réajuster le tir pour faire du secteur minier un véritable levier de développement. C’est donc sur des règles de jeu clairement établies que se sont clôturés les Etats généraux des Mines. Mais, quelques mois après ces assises, annoncées cependant comme le signe d’un renouveau dans les mines, le doute persiste. Pas de changement notoire, selon les experts de ce secteur. Tout se passe comme si rien n’a été dit sur l’avenir des mines congolaises. Qui pis est, les irrégularités ou les dysfonctionnements pourtant relevés lors des assises, se sont amplifiés, laissant le secteur des mines à la merci d’une maffia dont les ramifications, au départ de Kinshasa, dépassent les frontières nationales. Bref, les mines congolaises sont prises en otage. Et, les commanditaires de ce qui a tout l’air d’un « crime économique » se recrutent dans le pays. Ils ont, à un moment de l’histoire de ce pays, négocié des contrats ou conventions minières aux clauses compromettantes. L’institutionnalisation d’une commission de revisitation des contrats miniers n’ a encore rien apporté de changement radical. Preuve que les mines congolaises ne sont encore congolaises parce que situées en RDC, leur contrôle échappe totalement à l’Etat congolais. Les manettes du mode d’exploitation se trouvent loin du pays, à Johannesburg, Toronto, Londres, New-York, etc.

DES MILLIARDS USD ECHAPPENT A L’ETAT

« La République démocratique du Congo est un pays minier qui doit absolument vivre de ses mines ». Cette précision qui ressemble à un véritable cri d’alarme est d’un haut cadre d’une entreprise publique du secteur minier. Il s’est rendu à l’évidence qu’après plusieurs missions d’inspection dans les régions minières, notamment dans les provinces du Katanga et du Kasaï oriental, l’Etat congolais est floué. Car, ne tirant aucunement profit du bon comportement des cours des métaux ou des matières précieuses et semi-précieuses sur le marché mondial.

Les grands bénéficiaires restent, en pareil cas, des entreprises minières qui jouissent d’une protection à différents échelons du pouvoir. La plupart d’entre elles opèrent en déphasage de la législation minière en vigueur en RDC. 61 d’entre elles ont été dans les mailles de la commission de revisitation des contrats miniers. Aucune d’elles n’a été jugée viable. D’autres devaient purement et simplement se soumettre à la procédure de déchéance des titres leur octroyés.

Mais, où en sommes-nous aujourd’hui ? Sur terrain, aucune avancée significative n’a été enregistrée. Preuve que les parrains de l’une ou l’autre d’entre elles se sont vite activées pour étouffer les ardeurs d’un gouvernement jugé trop regardant surtout qu’il s’agit d’un secteur où s’entrecroisent des intérêts à visages multiples.

Malheureusement, c’est la réalité du secteur minier congolais. La maffia s’enracine au point de devenir aujourd’hui un mode de gestion où l’Etat congolais n’a de revenus que des miettes exprimées soit en termes de droits superficiaires, de redevances minières, soit de droits et taxes dues à l’exportation. La grande cagnotte est partagée entre les membres du cartel, dont les grands stratèges sont bien hors des frontières nationales.

L’on voulait bien faire des mines le fer de lance de l’économie nationale, mais elles sont actuellement le symbole d’une malédiction, condamnant tout un gouvernement à la disette lorsque des particuliers se tapent des millions de dollars américains du fait de leur participation à un plan de dilapidation des ressources minières. Voilà l’état dans lequel se trouve le secteur minier congolais, fragilisé et inapte à servir de repère à la reconstruction nationale.

Que gagne un pays qui fonde le rêve de relance du secteur minier en privilégiant l’implantation sur son territoire des unités partielles de traitement des minerais ? Pourtant, c’est ce qui se passe au Katanga où l’Etat congolais est incapable d’imposer une ligne de conduite ferme à suivre par différents opérateurs miniers. A Lonshi, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière zambienne, la Compagnie minière de Sakania (Comisa) tire des minerais bruts qu’elle va exploiter dans ses usines de Ndola. A quelques kilomètres de là, toujours à Sakania, Frontier sprl, filiale de First Quantum minerals, a construit un concentrateur à près d’un kilomètre de la frontière zambienne. Les concentrés sont une fois de plus traités pour y extraire une cathode de cuivre à 99,99% en Zambie. C’est le cas pour Ruashi Mining, Anvil Mining et toutes les autres entreprises minières qui pullulent au Katanga. Mais, que gagne donc un pays qui privilégie sur son sol l’exploitation des bruts ou le traitement à stade intermédiaire de ses minerais ? Ironie du sort, ces entreprises minières opèrent en toute quiétude par le fait d’une complicité interne qui trouve son compte là où les intérêts de l’Etat sont totalement floués.

A titre d’exemple, allusion a été faite à l’exportation des concentrés, des produits miniers à l’état brut, à partir de la province du Katanga. Ces concentrés contiennent plusieurs dérivés, d’autres substances minérales. Pour le cas du cuivre, il s’agit du nickel dont la teneur estimée à 1,8 est de bonne qualité, constituant en soi des minerais. Selon une estimation faite dernièrement, une société qui a exporté ce concentré a réussi à vendre du nickel à l’étranger pour une valeur de 580 millions de dollars US. Mais puisqu’au départ il ne s’agissait que du concentré, l’Etat congolais n’a vu que du noir.

LA COMPROMISSION

Dans l’hypothèse où dix entreprises enregistrées en RDC réussissaient une telle opération chaque année, on conviendra avec nous que l’Etat congolais perd annuellement 5 milliards de dollars US. Pour un pays qui ne dispose pas d’un budget annuel de plus de trois milliards de dollars Us par an, une telle perte monstrueuse est une véritable catastrophe pour la Nation congolaise. Car en fait, selon toujours ces éléments d’investigation, ce sont des pays limitrophes qui en tirent profit. Le concentré sorti de la RDC grâce à un permis d’exploitation délivré à la légère, est traité à l’extérieur pour dégager d’autres substances minérales. Pas étonnant que l’ on apprenne que des pays non producteurs des produits précieux et semi-précieux trônent en bonne place dans le palmarès des pays exportateurs de ces minerais alors que la RDC, pays producteur, s’accroche incroyablement au bas du classement. C’est vraiment scandaleux.

Le scandale atteint son comble dans la sous-évaluation des matières précieuses. Ce qui provoque en plus une sous-estimation des ressources financières de l’Etat. Une situation qui se répercute devant le cours international. Faute de réagir en conséquence, de tailler le diamant sur place à l’image du Botswana, l’Etat congolais n’arrive pas du tout à vendre l’or, le diamant au moment opportun pour réaliser des bénéfices conséquents. Moins encore, il ne saisit point l’importance de certains minerais en vue de bénéficier des faveurs du cours du marché international. Tel est le cas du niobium et d’indium. Ces minerais qui interviennent dans la fabrication des ordinateurs, des écrans plats de télévision et téléphones portables ont vu leurs prix prendre de l’ascenseur.

Prenons le cas de l’indium. Son prix en 2001 était de 70 Usd le kg, en 2005 il se négociait à 1.000 Usd le kg. Mais puisque personne ne fait attention à ce minerai, la République démocratique du Congo n’est pas encore citée comme pays producteur. La suite est facile à deviner.

Le moment est venu pour que des décisions draconiennes soient prises. La parole est au gouvernement afin d’arrêter cette gabegie financière.

Posté par Kongolais à 23:28 - Actualités politiques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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