Kinshasa

Kinshasa est sale, Kinshasa se meurt, Kinshasa n’offre aucune garantie sécuritaire à sa population…, telle est l’image que présente actuellement cette ville qui, outre son statut de capitale de la République démocratique du Congo, est aussi le chef-lieu de province-ville de Kinshasa. Déplorant la manière dont est gérée cette ville, plus d’un observateur estiment que le système actuel de gestion est à repenser.

Au jour d’aujourd’hui, un Kinois qui se rappelle du beau vieux temps se dit, non seulement gêné, mais confus de vivre dans la ville de Kinshasa. Victime de la mauvaise gouvernance qui caractérisent la plupart de ses dirigeants, il se sent abandonné à son triste sort et ne sait à quel saint se vouer.

Que fait l’exécutif provincial de la ville de Kinshasa ? Où vont les recettes que génère l’autorité urbaine ? Quid de l’amélioration des conditions de vie de la population kinoise ? Qui mettra fin à l’insécurité grandissante dans la ville de Kinshasa ? Autant de questions auxquelles on attend des réponses de la part de l’actuelle autorité urbaine qui a des comptes à rendre à la population à l’issue de son mandat. Apparemment, les élus qui trônent à la tête de la ville de Kinshasa ne prennent pas leurs responsabilités à cœur ou dorment sur leurs lauriers.

DES ACTIONS SANS IMPACT

Aussitôt entré en fonction, l’actuel exécutif provincial de la ville de Kinshasa avait promis monts et merveilles pour l’amélioration des conditions de vie de la population kinoise. Tous les secteurs étaient pris en compte, à savoir la santé, l’éducation, la lutte contre l’insécurité, la vie cher, le transport, etc. Au fil des temps, le constat qui se dégage est qu’à travers les actes qu’ils posent, les dirigeants de la ville de Kinshasa font plutôt du marketing politique.

A aucun moment, par exemple, nous n’avons été informé d’un lot de médicaments de leur part remis à l’hôpital général de référence de Kinshasa. Et pourtant, cet établissement hospitalier relève de leur juridiction.

L’Etat n’ayant toujours rien prévu au budget 2008, les enseignants de la République démocratique du Congo réclamaient, au début de l’année scolaire en cours, l’application du barème de « Mbudi » avant de reprendre les cours. Bien que la rétrocession des 40 % à la territoriale ne soit pas encore d’application, certaines provinces s’étaient organisées à leur manière. C’est le cas de la ville de Kinshasa où une prime spéciale de transport a été accordée aux enseignants. Mais, pour combien de temps ? Car, depuis décembre 2007, cette motivation spéciale a été simplement renvoyée aux oubliettes. Encore une promesse dont la réalisation s’est arrêtée en chemin.

Sur le plan de la sécurité, le Kinois est abandonné à son triste sort. Les sous-commissariats de police installés à travers la ville ne l’inspirent pas confiance. Au lieu d’assurer la protection de paisibles citoyens, ces services se plaisent plutôt à trancher des palabres et à garder les véhicules des particuliers pour des raisons faciles à deviner.

Que dire de la recrudescence du banditisme dans la ville de Kinshasa lorsqu’on ne cesse de rassurer les gens de l’intensification des patrouilles nocturnes.

S’agissant de la lutte contre l’insalubrité, on a la nette impression que c’est du cinéma présenté par l’autorité urbaine de la ville de Kinshasa. La brigade de salubrité est déployée dans la seule commune de la Gombe et non dans les vingt-trois autres où le problème de propreté se pose avec acuité.

L’amélioration des conditions de transport est aussi l’une des promesses faites à la population kinoise. Et pour la concrétisation, les quelques bus importés ne satisfont pas aux besoins de la population. Les tarifs des voitures achetées par l’autorité urbaine et qui servent de taxis ne sont pas à la portée de toutes les bourses.

Avec les quelques aspects évoqués, il y a lieu de croire en la mauvaise gestion de la ville de Kinshasa. L’exécutif provincial est donc appelé à repenser son système s’il tient à sa crédibilité et honorabilité.