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La fiscalité versée à l'Etat congolais par Perenco pour 2007 était de l'ordre de 311 millions de dollars américains. Le directeur général de cette société pétrolière de Moanda au Bas Congo l’a révélé mercredi lors de la présentation du « Kalamu », son nouveau bateau de stockage. En Ituri, par contre, Les représentants des communautés tribales locales ont dénoncé l’opacité avec laquelle le gouvernement gère le dossier sur l’exploitation de pétrole au niveau du lac Albert

Pour Antoine Richard, DG de Perenco, l’acquisition du « Kalamu » permettra d'accroître la production. Ce qui va faciliter la réalisation de ses projets pour 2008, notamment auprès des populations locales.
Pour ce qui est de la dénonciation de certaines ONG et d’un député national sur la pollution des eaux de l'océan et du fleuve Congo par Perenco, le DG de cette société affirme il s’agit de rumeurs malveillantes : « Il y a effectivement des gens qui déclarent des choses sur Perenco. Ces choses n’ont strictement aucun rapport avec la réalité. Naturellement, il n’y a pas du tout la pollution dont on parle. L’huile ne stagne pas sur les eaux. Je dirais que c’est vraiment de la pure malveillance. Je ne peux que déplorer vraiment ce genre de déclaration qui n’a aucun rapport avec la réalité. Les déchets de Perenco sont des déchets industriels. On ne parle pas de déchets à base d’hydrocarbures. Rien n’est rejeté, qui contienne des hydrocarbures, dans la nature. Et j’insiste, il n’y a aucune maladie qui soit directement imputable aux activités pétrolières, ni pour les habitants de Moanda, ni d’ailleurs pour les salariés de Perenco, qui vivent sur les installations pétrolières. Nous faisons 700 consultations par mois pour les salariés de Perenco et leurs familles. Donc, je vous assure que s’il y avait la moindre pathologie liée à la proximité avec les hydrocarbures, on le saurait tout d suite. Et, il n’y en a pas. »

Ituri: la gestion du pétrole inquiète les communautés locales

Les représentants de ces différentes communautés ont dénoncé l’opacité avec laquelle le gouvernement gère le dossier sur l’exploitation de pétrole au niveau du lac Albert. Ils ont exprimé leur préoccupation ce mercredi au cours d’une réunion d’échanges des doléances émises par leurs bases à ce sujet. Sur 16 tribus du district de l'ituri, 12 ont été représentées ce mercredi à Bunia au cours de cette rencontre. Ces représentants des communautés tribales de l’ituri ont déploré la discrétion avec laquelle le gouvernement central gère la question sur la répartition des marchés de pétrole se trouvant dans le lac Albert. Dans leur rencontre, ils se sont interrogés sur une dizaine de véhicules et de canaux rapides octroyés au mois d’avril dernier par une firme internationale de pétrole aux FARDC et à la police nationale congolaise en Ituri.

Alube Ley, représentant de la communauté Alur venu de Mahagi, a exprimé l'inquiétude de sa base : « Il était dit que l’exploitation sera conjointe. Maintenant, il y a l’Ouganda qui explore seul. Les exploitants qui viennent de l’Ouganda avec les militaires ougandais chassent nos pêcheurs sur le lac. Avec tout ce que subit notre population, nous ne savons même pas à qui nous adresser, à qui tirer des informations. »

Quant au ministre des hydrocarbures, Lambert Mende déclare que le gouvernement n'a de réponses à donner qu’aux députés et aux sénateurs sur cette question, et non, « aux représentants des communautés tribales ni à la société civile de l'ituri ».

Bunia : la société civile adopte un mémo sur le pétrole

Une cinquantaine des membres de la société civile de l’Ituri ont adopté ce jeudi un mémorandum adressé au président de l’Assemblée nationale. Ce mémorandum dénonce l’opacité dont ferait preuve le gouvernement sur le dossier ayant trait à la répartition des marchés du pétrole du lac Albert à certaines firmes étrangères. Dans ce mémo, les signataires s’inquiètent du fait que le gouvernement aurait déjà attribué les marchés d’exploitation du pétrole dans le Lac Albert à deux entreprises qui seraient déjà en état de discorde entre elles