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L’Etat fragile, c’est la notion sur laquelle M. Athanase Matenda Kyelu, Ministre des Finances, s’est longuement évasé, lors des assemblées annuelles 2008 du Groupe de la Banque Africaine de Développement. Il conduisait à Maputo, au Mozambique, une délégation constituée de son collègue du Budget, M. Muzito, et du Gouverneur de la Banque Centrale, M. Jean-Claude Masangu Mulongo. Tout en dissociant « l’Etat effondré » ou « l’Etat failli » de « l’Etat fragile », Athanase Matenda Kyelu a plaidé pour l’assouplissement des règles et procédures de mise en œuvre des projets.
En deux jours, soit du 14 au 15 mai 2008, la délégation de la RD. Congo s’est entretenue avec Donald Kaberuka, le Président de la Banque Africaine de Développement. Elle a eu, en outre, des échanges fructueux avec une série de partenaires. Selon une dépêche parvenue à La Prospérité, hier dans la soirée, cette mission de Matenda, Muzito et Jean-Claude Masangu, à Maputo, au Mozambique, était d’une grande importance pour la RD. Congo. C’est une mission qui intervient à un moment où la RDC en quête des partenaires. C’est la raison pour laquelle Matenda, Ministre des Finances, a, lors de son exposé, expliqué la notion de l’Etat fragile qui, à son avis, est liée à l’insuffisance des moyens ou à l’incapacité, pour un Etat, de faire face à ses prérogatives régaliennes. Cette notion n’est nullement à confondre avec celle de « l’Etat effondré » ou de « l’Etat failli ». Plus loin, il en a indiqué des pistes de solution. Les pays fragiles ont besoin de disposer d’un cadre général d’assistance. La Banque africaine de Développement devrait concevoir une nouvelle stratégie en vue d’assouplir les règles et procédures de mise en œuvre des projets notamment, pour la passation des marchés et la gestion financière.
De quoi s’agit-il ?
Il importe de rappeler que ces Assemblées annuelles 2008 du groupe de la Banque africaine de Développement se sont déroulées à Maputo, la capitale du Mozambique, du 14 au 15 mai 2008. Deux jours d’intenses délibérations, entérinant le rapport annuel du groupe ainsi que son programme opérationnel pour 2008. Ces Assemblées se sont déroulées dans un contexte marqué par une flambée soudaine du cours du pétrole et une augmentation record des prix agricoles, provoquant des tensions dans plusieurs pays africains. La délégation de la République Démocratique du Congo à la 43ème assemblée annuelle du conseil des gouverneurs de la BAD et à la 34ème assemblée annuelle du conseil des gouverneurs du Fonds africain de développement a regagné Kinshasa hier dimanche. Elle était conduite par le ministre des Finances, M. Athanase Matenda Kyelu, qui est en même temps gouverneur près cette institution financière internationale. MM. Adolphe Muzito et Jean Claude Masangu, respectivement Ministre du Budget et Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) faisaient également partie de la délégation. Après Beijing, en Chine, l’année dernière, la présente assemblée a eu comme thème principal : « Favoriser une croissance partagée : urbanisation, inégalité et pauvreté ».Un thème qui reflète l’intérêt accru pour la BAD d’atteindre ses objectifs de lutte contre la pauvreté ainsi que pour la promotion d’un développement économique et social équilibré. Dans son allocution intitulé : « Gérer les nouvelles menaces pour soutenir le rythme », M. Donald Kaberuka, Président de la BAD, a reconnu que l’ordre du jour des assemblées était très chargé. « Nous avons des questions statutaires importantes à examiner, à commencer par la revue de la performance opérationnelle et financière de la banque, ainsi que les résultats obtenus », a-t-il indiqué, tout en soulignant qu’il s’agit d’un moment privilégié pour marquer une pause, et évaluer la situation politique du continent et déterminer ensemble ce que nous devons faire pour accélérer les progrès sur terrain. Un séminaire sur les dimensions régionales des Etats fragiles a été organisé le mercredi 14 mai 2008, dans le cadre des assemblées du groupe de la Banque Africaine de Développement. La RDC, au travers de son Ministre des Finances, a été retenue parmi les rares intervenants à ces assises et ce, dans le cadre de l’Initiative Africaine Concertée sur la Réforme Budgétaire (CABRI).
Matenda explose
Dans son exposé, le ministre congolais des Finances, Athanase Matenda, a expliqué la notion de l’Etat fragile qui est, du reste, liée à l’insuffisance ou l’incapacité pour un Etat à faire face à ses prérogatives régaliennes (ordre et sécurité, fourniture des biens et services publics : santé, éduction, etc).
Toutefois, le ministre estime que cette notion est à dissocier de l’ « Etat Effondré » ou de l’ « Etat Failli ». Et dans ce dernier cas, ajoute t-il, il s’agit de la disparition pure et simple de l’appareil administratif censé régir un espace donné (cas de la somalie). Ce qui l’a poussé à proposer quelques pistes à considérer par les partenaires afin d’éviter les effets de contagion pouvant provoquer une régionalisation des conflits, des crises humanitaires, politiques, économiques, etc. Il s’agit du besoin de disposer d’un cadre général d’assistance aux pays fragiles, la nécessité de reconnaître le leadership politique et opérationnel de l’assistance aux pays bénéficiaires, l’harmonisation des stratégies :
- pays dans la région touchée, ainsi que l’assouplissement des règles et procédures de mise en œuvre des projets (passation de marchés, gestion financière). Parmi les jalons importants des assemblées annuelles 2008, citons l’admission de la Turquie comme membre non régional de la BAD, l’extension de la durée du fonds spécial du Nigeria pour deux périodes de 10 ans et la mise en œuvre d’un fonds spécial pour la reconstruction et le développement de la région des grands Lacs. Signalons par ailleurs, que les gouverneurs ont réaffirmé que le siège du groupe de la BAD demeurait à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Ils ont précisé que la relocalisation temporaire des activités de la Banque à Tunis (Tunisie) était prolongée de 12 mois supplémentaires, à partir du 3 juin 2008. Cela, avant d’annoncer que les assemblées annuelles prochaines auront lieu à Dakar, au Sénégal. L’équipe d’Athanase Matenda a eu un tête-à-tête avec le Président de la BAD, Donald Kaberuka et l’équipe pays de cette institution. Au menu, les difficultés liées à l’absorption des ressources allouées à la RDC ainsi des questions spécifiques aux projets en cours. La même équipe a également échangé avec d’autres partenaires au développement notamment, la Banque Arabe de Développement Economique en Afrique (BADEA) et le Fonds OPEP (Organisation des pays Producteurs de Pétrole). A l’ordre du jour, la reconstruction de la RDC avec l’appui de ces organisations respectives.