jkabila_barbe_cravateTrois juges sont actuellement incarcérés au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa. Ils sont accusés de faux en écriture et usage de faux pour avoir modifié une ordonnance de mise en liberté provisoire. Et ce, en vue de faciliter la libération, en dehors des heures de service, et sans aucun procès verbal, d’un inculpé poursuivi de viol. La justice congolaise qui se met en marche à travers ses différentes réformes vient de frapper un grand coup avec l’arrestation et le transfert, au Cen­tre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa, de trois juges et d’un greffier du Tribunal de Grande instance Kalamu.

Si leurs noms sont pour le moment tenus secrets, c’est simplement parce que la justice doit suivre son cours normal.

Mais il faut dire que c’est à la suite du rapport du président du Tribunal de Grande instance de Kalamu au procureur général près la Cour d’appel de la Gombe que ces trois juges et un greffier du siège ont été entendu par l’avocat général près cette Cour. Avant qu’un mandat d’arrêt provisoire soit émis à cet effet. C’est depuis le mercredi 13 mai 2008 qu’ils ont été transférés au Centre pénitentiaire et de réédu­cation de Kinshasa (CPRK) en attendant la fixation de l’affaire en chambre de conseil.

Il vous souviendra que le chef de l’Etat ne s’est pas fait prier deux fois, le 6 décembre 2007, pour dénoncer tous les abus dont se rendent coupables les hommes de la loi. Il a donné le ton de l’assainissement de l’ap­pareil judiciaire par ce coup de balai avec la mise à la retraite de certains hauts magistrats.

A cet effort, s’ajoute l’ac­tion du ministre de la Justice et Droits humains qui, dès sa prise de fonction, Me Mutombo Bakafwa Nsenda a pris le bâton en main pour assainir le secteur de la justice. Cela s’est confirmé avec sa prestation à l’Assemblée nationale où il a proposé à la représentation nationale 4 projets de loi relatifs à la réforme du sec­teur de la justice.

On se souvient également que lors de sa visite d’inspection du Centre pénitentiaire et de réé­ducation de Kinshasa au mois d’avril dernier, le ministre Mutombo est allé droit au but en décidant la mise en place d’une commission d’enquête pour dé­celer toutes les irrégularités de procédure dans la détention des détenus.

Cette commission qui a procédé aux operations de vérification a conclu en début mai à la libération de 174 détenus. Le coup d’envoi de cette opération a été donné au CPRK par le vice-­ministre des Droits humains, Me Claude Nyamugabo, qui à lui ­même entreprend une tournée de tous les cachots de la capitale et n’a pas manqué de fustiger tous les abus qui s’y commettent.

Source : Le potentiel