26 mai 2008
Le Premier ministre belge calme le jeu
Ce n’est pas encore le point de non retour entre la République démocratique du Congo et la Belgique. Preuve ? Les déclarations, mi-figue mi raisin, du Premier ministre belge, Yves Leterme, qui s’emploie à calmer le jeu. « On ne peut pas rester insensible à certaines choses qui se passent au Congo, mais il est vrai qu’on n’arrivera pas à avancer si on continue à se lancer des invectives. Je ne dis pas que c’est le cas pour l’instant, mais veillons à ce que les relations soient normalisées », a dit le chef du gouvernement belge. Un cabinet de crise a été mis en place à Bruxelles pour examiner la situation découlant des déclarations du ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht.
« Je veux rétablir la relation de confiance entre la Belgique et le Congo au cas où celle-ci était en danger. Nous avons des relations privilégiées et prioritaires avec le Congo, une responsabilité particulière en tant que pays en rapport à cette partie du monde et tout incident qui mettrait aussi en péril le travail que les Belges effectuent sur place sous l’impulsion du gouvernement est une mauvaise chose. ». Cette déclaration est de Yves Leterme, Premier ministre belge, déclaration reprise par le journal Libre Belgique dans son édition d’hier lundi. Le chef du gouvernement s’exprimait ainsi à la suite des décisions prises par le gouvernement congolais pour protester contre les dernières déclarations du chef de la diplomatie belge faite en Chine, et réaffirmées dimanche à Bruxelles. Karel De Gucht soulignait que la Belgique, pour autant qu’elle alloue entre 150 à 200 millions d’euros par an (Ndlr à diviser par 12 pour connaître le montant par mois), a « le droit moral » de s’intéresser à tout ce qui passe en RDC.
Déclaration insupportable, au regard de précédentes déclarations toutes aussi choquantes, qui a poussé le gouvernement congolais à rappeler son ambassade à Bruxelles et fermer le consulat congolais d’Anvers. Entre-temps, il a été décidé de réexaminer les termes de coopération entre la RDC et la Belgique pour en évaluer l’ampleur.
Empressons-nous de faire remarquer que selon une confidence dans l’entourage du gouvernement congolais, il a été proposé que « l’on fasse des calculs sur le montant avancé par Karel De Gucht » pour savoir qui gagne quoi ( ?). Même suggestion évoquée à l’époque de Mobutu qui faisait savoir qu’1 dollar investi au Zaïre rapportait 3 dollars à la Belgique.
LE « OUI MAIS » DE LETERME
Apparemment, l’on serait tenté de qualifier « d’ambigu » le discours du Premier ministre belge. Mais à y examiner de très près, l’on se rend à l’évidence que Yves Leterme ne condamne pas du tout son « ministre des Affaires étrangères ». Karel De Gucht est en train de dire tout haut, ce qu’une certaine Belgique dit tout bas. Il manque peut-être la forme pour rendre « diplomatiquement » le point de vue du gouvernement belge. Ce constat transparaît dans les déclarations du Premier ministre belge. Tenez. « On ne peut pas rester insensible à certaines choses qui se passent au Congo… ». Il approuve ce que Karel De Gucht dit. Donc, le fond.
Mais, il s’empresse tout de même de mettre un bémol : « … Mais veillons à ce que les relations soient normalisées ». C’est ainsi que le Premier ministre belge dévoile ce qui a été fait durant ces dernières heures depuis que le conflit a éclaté. « A mon initiative, il y aura une mise à plat. Dans les jours qui viennent, on va se concerter. On parlera du Congo ». Toutefois, en s’adressant à Bel-RTL, il n a donné aucune précision sur les modalités de cette « mise à plat », rapportent nos confrères de Libre Belgique. M. Leterme s’est contenté à affirmer que des « concertations avaient déjà eu lieu durant le week-end avec les membres du Conseil belge des ministres retreint : Affaires étrangères, Défense et de la Coopération eu développement ». Il s’agit bien sûr de trois ministres qui ont séjourné dernièrement à Kinshasa : Karel De Gucht, Charles Michel (Coopération au Développement) et Pieter De Crem (ministre de la Défense).
Mis à plat qui pourrait supposer la venue à Kinshasa du Premier ministre belge. Proposition qui avait été suggérée aux lendemains de l’incident manqué de Kinshasa du mois d’avril.
Autre fait qui retient l’attention des observateurs : le Premier ministre a demandé à M. De Gucht, en sa qualité de ministre des Affaires étrangères, ainsi qu’à l’ambassadeur de Belgique à Kinshasa, Johan Swinnen, de lui faire rapport de la situation causée par le rappel à Kinshasa de l’ambassadeur de RDC à Bruxelles, Jean-Pierre Mutamba Tshimpanga. Reste à savoir quelle crédibilité accordée à ce rapport où Karel De Gucht est à la fois juge et partie. Un autre pan de voile de cette « ambiguïté » dont nous avions fait allusion. Qu’à cela ne tienne, Yves Leterme ayant pris l’engagement de jouer au sapeur-pompier, il lui revient d’aller jusqu’au fond de sa logique. Quant au gouvernement, il lui appartient d’élever le débat pour ne plus prêter le flanc à Karel De Gucht et éviter en même temps de tomber dans le piège des incohérences internes belges, entre les Flamands et les Wallons.
CAS BEMBA : UNE AFFAIRE DE LA CPI
Il est un fait que la tension entre Kinshasa et Bruxelles est montée d’un cran, juste au moment où la justice belge mettait la main sur le sénateur Jean-Pierre Bemba. Une coïncidence frappante qui a poussé certains analystes à qualifier « cette arrestation de gage envers le président Joseph Kabila », Bruxelles voulant ainsi calmer « la colère de Kabila ».
Ce que le Premier ministre belge réfute. Il insiste plutôt sur l’indépendance du travail de la Cour pénale internationale, CPI. Il s’empresse en outre de préciser qu’il avait été informé samedi soir par téléphone par le ministre belge de la Justice, Jo Vandeurzen, de l’arrestation de Jean-Pierre Bemba dans sa villa de Rhodes-Saint-Genèse à la demande de la CPI. Cette juridiction à compétence internationale enquête sur des crimes commis en République Centrafricaine par les troupes de Bemba entre le 25 octobre 2002 et le 15 mars 2005. Le Premier ministre belge invite tout le monde à ne pas faire de l’amalgame.
Ceci étant, le conflit entre la République démocratique du Congo et la Belgique vient d’entrer dans une nouvelle phase. Peut-être celle de l’accalmie.
SONGOLOLO : LE TRONCON ROUTIER MINKELO-MAKOLE SERA BIENTOT REHABILITE
Longue de 75 Km, l’axe routier Minkelo-Makolo dans le secteur la Luima, en territoire de Songololo sera réhabilité. Le premier coup de pioche a été donné le samedi dernier par Deo Nkusu, Gouverneur intérimaire. La méthode de la haute intensité en main d’œuvre est celle qui sera appliquée sur cette voie de grande importance économique. ‘’La main d’œuvre locale qui sera commise aux travaux sera rémunérée’’, a –t-il rassuré. Deo Nkusu a aussi relevé la volonté du gouvernement de désenclaver les campagnes et de réhabiliter les routes nationales et provinciales.
En sus de la réhabilitation de cet axe routier, l’Administrateur assistant du territoire de Songololo a sollicité la construction d’un pont sur la rivière Kwilu. Celle-ci permettra la jonction entre le secteur de la Luima et celui de Wombo. ‘’De cette façon l’accessibilité au village Kasi, grenier agricole serait facile’’, a-t-il dit.
Pour votre gouverne, la réhabilitation de la route Minkelo permettra de gagner 35 Km. Car, ceux qui se rendent à Kasi aujourd’hui sont contraints d’emprunter la route de kimpese distante de 120 km.
Kisangani : ouverture de la conférence sur le rapatriement des FDLR
La plupart des invités à cette conférence sont présents en la salle de l’Alliance franco-congolaise. Il s’agit principalement des membres des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Parmi eux, des femmes et des enfants venus du Nord et Sud Kivu. Il y a également des officiels congolais venus de ces deux provinces congolaises ainsi que du Maniema, de Kinshasa et de la Province Orientale. Plusieurs ambassadeurs viennent également d’arriver. A leur tête, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies.
Le protocole prévoit pour ce lundi les discours d’usage. Les travaux proprement dits commenceront ce mardi 27 mai.
La Centrafrique salue l’arrestation de Jean-Pierre Bemba
Au cours d’un point de presse en fin de matinée à Bangui, le ministre de la Justice, Thierry Maleyombo, a souligné "la détermination du gouvernement de tout mettre en oeuvre pour combattre l’impunité sous toutes ses formes dans notre pays et de coopérer pleinement avec la Cour pénale internationale (CPI) pour l’aboutissement total du dossier des crimes commis par les Banyamulengués de Jean-Pierre Bemba".
Interrogé sur une éventuelle implication du président François Bozizé dans le dossier, M. Maleyombo a répondu que "c’est le président de la République lui-même qui a demandé que le dossier soit transmis à la CPI et qu’il s’expliquera, s’il est impliqué, étant un justiciable comme les autres".
Quant aux incidences de la procédure sur le Dialogue politique inclusif prévu pour juin prochain, il a confirmé que ce forum se tiendra, mais qu’il n’empêchera pas la justice de faire son travail.
Les déclarations du ministre centrafricain de la Justice interviennent alors que les réactions se multiplient à Bangui, où la rue et les colonnes de la presse se perdent en conjectures sur les prochaines cibles de la CPI.
Sous le titre "Après Bemba, à qui le tour ?", le quotidien "Le Citoyen" résume l’opinion générale en affirmant que "tous les regards se tournent vers Lomé et Tripoli où se trouvent actuellement l’ancien président Ange Félix Patassé et Abdoulaye Miskine".
Le journal pose la question de savoir si l’enquête de la CPI va s’étendre sur toute l’année 2003 ou même au-delà car, explique-t- il, "bien que la rébellion ait pris fin en mars 2003, les exactions ont continué même jusqu’aujourd’hui".
Mbandaka : manifestations contre l’arrestation de Jean-Pierre Bemba
Des milliers de militants du MLC de la ville de Mbandaka et de ses environs sont descendus dans les rues pour fustiger ce qu’ils qualifient d’« empressement de la procédure d’arrestation » de Jean-Pierre Bemba, leader de l’opposition congolaise.
Pendant la marche pacifique, les manifestants ont scandé des chansons demandant à la Cour pénale internationale de libérer sans condition Jean-Pierre Bemba. Parmi eux, des personnes de troisième âge en pleurs.
Le mot d’ordre lancé samedi soir par la fédération du MLC/Equateur a été suivi. Aucune activité dans la ville : écoles, magasins, boutiques et marchés sont restés fermés. Selon Nicolas Isofale, président fédéral du MLC/Equateur, la CPI « se substitue à une cour d’accompagnement de règlement des conflits politiques pour servir les intérêts partisans du gouvernement soutenu par l’Occident ». Partie du siège du parti, cette marche a eu comme point de chute la Monuc/Mbandaka où les manifestants ont déposé un mémorandum
