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VIGILANCE RDC

un lieu d'échange et de partage sur ce qui fait l'actualité en RDC. Nous souhaitons ainsi établir une passerelle entre les Congolais, les amis du Congo et tous ceux qui veulent oeuvrer pour influer sur la destination de la RDC.

27 mai 2008

Arrestation de Jean-Pierre Bemba : marches de soutien à Kinshasa et Gemena

BEMBA_Marche

Des milliers de militants et partisans du MLC, munis de banderoles, calicots et autres drapeaux de leurs partis, ont participé à cette marche. Elle a commencé au siège du MLC pour se poursuivre au palais du peuple, afin d’y déposer un mémo au Sénat. La plénière de la chambre haute du parlement, qui avait déjà démarré, a été interrompue, afin de permettre au bureau de cette institution de recevoir les cadres du MLC. Pendant ce temps, une grande foule attendait dehors. Aucun incident n’a alors été signalé.

Pour le secrétaire général du MLC, François Mwamba, cette marche vise à inciter les autorités belges à libérer, le plus tôt possible, leur président. Delly Sessanga estime qu’il n’est pas nécessaire que les membres du MLC de Kinshasa descendent jusqu’en Belgique. Il affirme qu’en Belgique aussi des marches sont organisées pour proteste contre l’arrestation de Jean-Pierre Bemba. Jean-Lucien Busa et Thomas Luhaka persistent et signent qu’ils ne se fatigueront pas jusqu’à ce que justice soit faite. Pour eux, la manifestation d’aujourd’hui n’est que le début d’une longue série.

Pendant ce temps, au centre–ville de Kinshasa, les commerces et bureaux ont été fermés précisément dans le périmètre de l’ambassade de Belgique, ainsi qu’au niveau de la place de change Le château. Aucune manifestation n’a eu lieu à cet endroit précis, mais on a remarqué un déploiement des policiers dans le rayon de l’ambassade.

Gemena : les militants du MLC sont aussi descendus dans les rues
Sur les calicots des manifestants, on pouvait lire : libérez sans conditions le sénateur Jean-Pierre Bemba. Jusqu’à la mi-journée, toutes les activités sont restées paralysées. Marchés, boutiques et écoles n’ont pas ouverts.

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RD Congo - Manifestation

Kinshasa

Des centaines de milliers de manifestants sont descendus dans la rue mardi à Kinshasa, pour réclamer, par une marche de protestation, la libération du sénateur Jean-Pierre Bemba, arrêté samedi à Bruxelles, a constaté APA.

Les manifestants, essentiellement des militants et sympathisants du Mouvement de libération du Congo (MLC), le parti de M. Bemba, sont partis du siège du parti pour aboutir au Palais du peuple (siège du parlement de la RDC) où un mémorandum devait être remis aux présidents des deux chambres du parlement.

La manifestation visait à inciter les autorités belges à libérer le plus tôt possible. Bemba.

Le sénat (chambre haute du parlement) a dû interrompre sa plénière à l’arrivée des manifestants pour permettre aux cadres du MLC d’être reçus par les présidents du sénat, Léon Kengo wa Dondo et de l’assemblée nationale (chambre basse), Vital Kamerhe à qui ils ont remis un mémorandum dans lequel ils réclament la libération de leur leader par la justice belge.

Le secrétaire général du MLC, François Muamba a invité le parlement à user de son pouvoir pour la libération de M. Bemba, soulignant que ce dernier ne peut pas être traité comme un ‘’bandit de grand chemin’’.

En réponse, le président du sénat a rassuré qu’il suivait de très près le déroulement de l’affaire à Bruxelles, avant de promettre qu’il va poursuivre son action vis-à-vis de la procédure.

Pour sa part, le président de l’Assemblée nationale a souhaité voir la procédure en la matière être respectée tant sur le plan national qu’international.

Les manifestations avaient commencé dans la province de l’Equateur (Nord-ouest de la RDC) où après la ville de Mbandaka lundi, les militants et sympathisants du MLC sont descendus dans les rues Gemena (une autre ville de la province, un des fiefs de l’ancienne rébellion du MLC) pour manifester leur soutien à M. Bemba.

Toutes les activités ont été paralysées à Gemena, selon Radio Okapi, une station parrainée par la Mission onusienne en RDC (Monuc).

Dans une déclaration politique dimanche, le MLC clame une totale innocence de son président national, Jean-Pierre Bemba, et constate avec regret la politisation de la procédure judiciaire initiée par le procureur de la CPI.

Le parti de M. Bemba demande ainsi aux autorités judiciaires et politiques belges de considérer la démarche du procureur près la CPI comme strictement politique et par conséquent de relâcher son leader.

Sénateur et opposant congolais, M. Bemba a été arrêté samedi à Bruxelles suite à un mandat de la Cour pénale internationale (CPI)

Ancien chef de la rébellion du MLC (1999-2003), il serait pénalement responsable de quatre chefs de crimes de guerre et de deux chefs de crime contre l’humanité commis par ses troupes sur le territoire centrafricain pendant la période du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003.

Les troupes du MLC sont accusés d’être entrées à Bangui à la demande du régime de l’ancien président Ange Félix Patassé alors menacé par la rébellion de François Bozizé, actuel président centrafricain.

M. Bemba a quitté Kinshasa le 11 avril 2007 grâce à une autorisation du sénat pour un séjour médical de 60 jours au Portugal plusieurs fois prolongé à la demande de l’intéressé qui conditionnait son retour au pays par des garanties de sécurité personnelle. Les 22 et 23 mars 2007, les éléments de sa garde rapprochée s’étaient affrontés en pleine capitale contre les forces loyalistes.

KIT/of/APA
27-05-2008

Posté par Kongolais à 21:59 - Echos de Kinshasa - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Cour pénale internationale : Affaire Bemba : définition des crimes et nature des peines

bemba_grattantC’est dans le souci d’éclairer la lanterne de l’opinion que Le Phare se fait l’obligation d’expliquer, à l’aide des règles des procédures prévues par la Cour pénale internationale (CPI), les deux crimes imputés à Jean-Pierre Bemba, à savoir les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. A ce sujet, pour les crimes de guerre, pour les crimes contres l’humanité, des peines sont bien prévues. Chaque crime correspond à des chefs d’accusations. La Cour prévoit une peine allant de 30 ans à une prison à vie, « si la gravité du crime et la situation personnelle du condamné le justifient », note l’article 77 du Statut de Rome de  la Cour. A la peine d’emprisonnement, la Cour peut ajouter une amende fixée selon les critères prévus par le règlement de procédure et dé preuve, un autre document qui complète le Statut de Rome. Aussi, elle pourra, par ailleurs, envisager « la confis­cation des profits, biens et avoirs tirés directement ou indirectement du crime, sans préjudice des droits des tiers de bonne foi ». Un point important à signaler : lorsqu’une personne est reconnue coupable de plusieurs crimes, la Cour prononce une peine pour chaque crime et une peine unique indiquant la durée totale d’emprisonnement. Cette durée ne peut être inférieure à celle de la peine individuelle la plus lourde et ne peut être supérieure à 30 ans ou à celle de la peine d’em­prisonnement à perpétuité.

Chapitre II : Compétence, recevabilité et droit appli­cable

Article 6 : Crimes relevant de la compétence de la Cour

1. La compétence de la Cour est limitée aux crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la commu­nauté internationale. En vertu du Statut, la Cour a compétence à l’égard des crimes suivants : a) Le crime de génocide ; b) Les crimes contre l’hu­manité ; c) Les crimes de guerre ; d) Le crime d’agression.

2. La Cour exercera sa compétence à l’égard du crime d’agression quand une disposition aura été adoptée conformément aux articles 121 et 123, qui dé­finira ce crime et fixera les conditions de l’exercice de la compétence de la Cour à son égard. Cette disposition devra être compatible avec dispositions pertinentes de la Charte des Nations Unies.

Article 7 : Crimes contre l’humanité

1. Aux fins du Statut, on entend par crime contre l’humanité si l’un des actes ci-­après lorsqu’il est commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systéma­tique lancée contre toute population civile et en con­naissance de cette attaque : a) Meurtre ; b) Extermination ; c) Réduction en esclavage ; d) Déportation ou transfert force ; e) Emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamen­tales du droit international ; f) Torture ; g) Viol, esclavage sexuel, prostitution forcée, grosses­se forcée, stérilisation for­cée ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable ; h) Persécution de tout grou­pe ou des motifs d’ordre politique, religieux ou sexiste au sens des critères univer­sellement reconnus comme inadmissibles en droit in­ternational, en corrélation avec tout acte visé dans le présent paragraphe ou tout crime relevant de la compé­tence de la Cour ; i) Disparitions forcées de personne ; j) Crime d’apartheid ; k) Autres actes inhumains à caractères analogues cau­sant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé physique ou mentale. (…)

Article 8 : Crimes de guerre

1. La Cour a compétence à l’égard des crimes de guerre, en particulier lorsque ces crimes s’inscrivent dans le cadre d’un plan ou d’une politique ou lorsqu’ils font partie d’une série de crimes analogues commis sur une grande échelle.

2. Aux fins du Statut, on entend par « crimes de guerre » : a) Les infractions graves aux Conventions du 12 août 1949, à savoir que des ac­tes ci-après visent des per­sonnes ou des biens proté­gés par les dispositions de conventions de Genève : i) L’homicide intentionnel ; ii) La torture ou les traite­ments d’expériences biologi­ques ; iii) Le fait de causer inten­tionnellement de porter gravement atteinte à l’intégrité physique ou à la santé ; iv) La destruction et l’appro­priation de nécessités militaires et exécutées de façon illicite et arbitraire ; v) Le fait de contraindre un prisonnier protégé à servir dans les forces d’une puis­sance ennemie ; vi) Le fait de prisonnier de guerre ou toute autre per­sonne protégée régulière­ment et impartialement ; vii) La déportation ou le transfert illégal ou la déten­tion illégale ; viii) La prise d’otages ;
b) Les autres violation gra­ves des lois et conflits ar­més internationaux, à savoir, d’un quelconque des actes ci­après : i) Le fait de diriger inten­tionnellement des attaques contre la population civile en tant que telle ou contre des civils qui ne participent pas directement aux hostilités ; ii) Le fait de diriger inten­tionnellement les  biens de ca­ractère civil c’est-à-dire des objectifs militaires.

Article 76 : Prononcé de la peine

1. En cas de verdict de cul­pabilité, la chambre de première instance fixe la peine à appliquer en tenant comp­te des conclusions et élé­ments de preuve pertinents présentés au procès.

2. Sauf dans les cas où l’article 65 s’applique et avant la fin du procès, la Cham­bre de première instance peut d’office, et doit à la demande du Procureur ou de l’accusé, tenir une audience supplémentaire pour pren­dre connaissance de toutes les nouvelles conclusions et de tous nouveaux éléments de preuve pertinents pour la fixation de la peine confor­mément au Règlement de procédure et de preuve.

3. Lorsque le paragraphe 2 s’applique, la Chambre de première instance entend les observations prévues à l’article 75 au cours de l’audience supplémentaire visée au paragraphe 2 et, au besoin, au cours de tou­te nouvelle audience.

4. La sentence est pronon­cée en audience publique et, lorsque cela est possible, en présence de l’accusé. (…)

Chapitre VII : Les peines

Article 77 : Peines applicables

1. Sous réserve de l’article 110, la Cour peut prononcer contre une personne dé­clarée coupable d’un crime visé à l’article 5 du Statut l’une des peines suivantes : a) Une peine d’emprisonne­ment à temps de 30 ans au plus ; ou b) Une peine d’emprison­nement à perpétuité, si l’extrême gravité du crime et la situation personnelle du condamné le justifient.

2. A la peine d’emprisonne­ment, la Cour peut ajouter : a) Une amende fixée selon les critères prévus par le Règlement de procédure et de preuve ; b) La confiscation des pro­fits, biens et avoirs tirés di­rectement ou indirectement du crime, sans préjudice des droits des tiers de bonne foi.

Article 78 : Fixation de la peine

1. Lorsqu’elle fixe la peine, la Cour, tient compte, conformément au Règlement de procédure et de preuve, de considérations telles que la gravité du crime et la situation personnelle du con­damné.

2. Lorsqu’elle prononce une peine d’emprisonnement, la Cour en déduit le temps que le condamné a passé, sur son ordre, en détention. Elle peut également en déduire toute autre période passée en détention à raison d’un comportement lié au crime.

3. Lorsqu’une personne est reconnue coupable de plusieurs crimes, la Cour prononce une peine pour chaque crime et une peine unique indiquant la durée totale d’emprisonnement. Cette durée ne peut être inférieure à celle de la peine individuelle la plus lourde et ne peut être supérieure à 30 ans ou à celle de la peine d’emprisonnement à perpé­tuité prévue à l’article 77, paragraphe 1, alinéa b). ( ).

source : le Phare/Kinshasa

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Peu avant son arrestation en Belgique , J.-P. Bemba était sur le point de fuir vers la Libye

jpierre_BembaOn en sait un peu plus sur l'arrestation de l'opposant congolais Jean-Pierre Bemba en Belgique samedi 24 mai. L'arrestation de Jean-Pierre Bemba a été opérée samedi soir, peu après 21 h, dans la villa que son épouse possède à Rhode-Saint-Genèse, dans la banlieue de Bruxelles. Cueilli comme un fruit mûr, le président national du MLC n'a suscité aucune résistance ni violence.

Selon la source, l'opération qui a mené à son arrestation résulte d'un mandat d'arrêt délivré par la troisième chambre de la CPI (Cour pénale internationale), saisie le 12 mai dernier d'une demande d'interpellation introduite par le procureur de la Cour internationale, fondée sur des faits de crimes de guerre commis sur le territoire de la République Centrafricaine (à Bossangoa et Mongoumba) et dénoncés le 21 décembre 2004. La décision de la IIIe chambre (Application for Request for Provisional Arrest under Article 92) a été transmise aux autorités belges le 23 mai.

Les renseignements recueillis par les services du procureur indiquaient la présence de Jean-Pierre Bemba en Belgique jusqu'au 25 mai et faisaient état d'une " crainte de fuite vers une destination inconnue ". Mais la réalité est que le candidat incontesté au poste de porte-parole de l'opposition, qui venait d'arriver en Belgique nourrissait l'intention de fuir, soit en Libye, soit en Ouganda, hors de portée de la justice internationale. Si la CPI a précipité les choses, c'est parce que ses limiers étaient informés de ce départ imminent.

Une certaine opinion pense qu'un ministre belge aurait voulu prévenir Bemba in extremis de ce qui se tramait contre lui. À Bruxelles, en effet, on encourageait l'opposant congolais, soit à regagner le Portugal, soit à rentrer au plus tôt à Kinshasa, autant pour reprendre sa place de leader de l'opposition et de sénateur au Parlement.

Déjà, à Kinshasa, dans la presse, son retour était annoncé avec beaucoup d'enthousiasme. En plus, selon une certaine source, la semaine dernière déjà, Kinshasa craignait un retour en force du " chairman " qui avait quitté le Portugal, et des hommes munis d'armes et de cartes de la ville avaient été appréhendés alors qu'ils avaient traversé le fleuve depuis Brazzaville. Ces hommes qui se trouvent aujourd'hui dans la capitale pourraient se livrer à un " baroud d'honneur ".

Questions : qu'est-ce que le chairman était-il en train de préparer et contre qui en se rendant soit en Libye, soit en Ouganda, pendant ses hommes armés et munis de carte de la capitale prenaient la direction de Kinshasa ? Le candidat malheureux du second tour de la présidentielle d'octobre 2006 est-il arrêté alors qu'il mijotait un beau retour à Kinshasa ? Des questions qui restent encore sans réponse.

Jean-Pierre Bemba devait être présenté dimanche soir à un juge d'instruction bruxellois chargé de lui signifier le mandat d'arrêt délivré à son encontre et lui signifier son incarcération. Cette décision de mise en détention en vue de transfèrement vers la CPI (il ne s'agit pas d'une extradition mais bien de mise à disposition d'une juridiction supranationale) sera débattue devant la Chambre du conseil de Bruxelles, en principe jeudi. La Chambre du conseil, tout comme le juge d'instruction, ne devront pas évaluer la pertinence des charges pesant sur Jean-Pierre Bemba mais se limiter, en vertu de la loi particulière applicable aux requêtes émanant des cours et tribunaux internationaux, la validité technique du mandat délivré.

Le mandat qui prive Jean-Pierre Bemba de liberté a un caractère " provisoire ". La CPI devra délivrer, endéans un délai de trois mois, un mandat définitif dont la validité, elle aussi, devra être appréciée par la chambre du conseil et, sur appel éventuel, par la chambre des mises en accusations ; la décision de cette dernière pouvant être contestée sur la forme devant la Cour de cassation. Le ministre des Affaires étrangères n'a aucun avis à donner, pas plus que de pouvoir sur la procédure initiée par la CPI.

Jean-Pierre Bemba n'est pas un inconnu pour la justice belge. En 2003, lui et son épouse avaient été condamnés par défaut à un an de prison ferme pour " traite d'êtres humains ". Ils employaient illégalement des domestiques emmenés du Congo qui obtinrent des indemnités de 110 000 euros. Le frère cadet de Bemba, Jean-Jacques, a été condamné en 2007 par la 44e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles à deux ans de prison ferme pour une série d'escroqueries.

" Des viols d'une brutalité innommable "

Selon Le Soir, Jean-Pierre Bemba et ses hommes se sont illustrés dans des actes de viols " d'une brutalité innommable ". A son parcours vient de s'ajouter cette particularité : il devient le premier homme politique et chef de guerre à être accusé de crime contre l'humanité par la Cour pénale internationale pour avoir mené une campagne de viols systématiques - en République centrafricaine. " La campagne massive de viols d'une brutalité innommable menée par Jean-Pierre Bemba et son groupe armé, le Mouvement de libération du Congo, pour terroriser les populations civiles en RCA, constitue l'élément principal de l'acte d'accusation ", confirme Béatrice Le Frapper du Hélin, directrice de la coopération internationale auprès du procureur, Luis Moreno Ocampo.

Jean-Pierre Bemba est poursuivi de deux chefs de crimes contre l'humanité (viols et tortures) et de quatre chefs de crimes de guerre en tant que supérieur hiérarchique des troupes qui se sont livrées à ces exactions entre octobre 2002 et mars 2003. À l'époque, son groupe soutenait le président Ange Félix Patassé contre les rebelles de François Bozizé qui allaient prendre le pouvoir. Bemba était " investi d'une autorité de jure et de facto pour prendre toutes les décisions tant sur le plan politique que sur le plan militaire ", affirme le mandat d'arrêt délivré par les juges de la CPI. Ceux-ci sont chargés de valider le mandat sur présentation des éléments de preuve du procureur. Ils estiment que Bemba et Patassé avaient des intérêts communs, et un plan, et que " ce plan aboutirait à la commission de crimes ".

Luis Moreno Ocampo avait été saisi de l'affaire en 2004 par les autorités centrafricaines. L'enquête formelle n'a été ouverte qu'en 2007. Les juges ont commencé à étudier le dossier pour délivrer un mandat d'arrêt le 9 mai dernier. Mais tout s'est accéléré le 23, lorsque le procureur a fait " une demande d'arrestation provisoire eu égard aux risques de fuite vers une destination non connue ".

Risque d'échapper à la justice internationale

Explication de Mme Le Frapper du Helin : " Pendant longtemps, nous avons bénéficié de nombreux renseignements sur les déplacements de l'accusé, un homme qui voyage beaucoup ". Installé au Portugal après son départ du Congo, Bemba se rendait souvent à Bruxelles, mais aussi au Brésil. " Les services de renseignement portugais et belges nous ont beaucoup aidés, ainsi que ceux d'autres pays qui ne désirent pas être cités. Mais la dernière semaine, les infos se sont subitement taries ou ont changé de nature. Le risque était grand qu'il parte vers un pays qui ne reconnaît pas la compétence de la Cour, ou même au Congo, mais dans une région du pays mal contrôlée par le gouvernement. Dans les deux cas, il risquait de nous échapper ", explique la collaboratrice du procureur.

Le mandat a été délivré le 23. Bemba a été arrêté 24 heures plus tard. " Notre statut nous donne des pouvoirs, mais je dois dire que la collaboration avec la Belgique a été exemplaire ", ajoute-t-elle. Cette arrestation a été saluée de toutes parts. " C'est une grande victoire pour les victimes centrafricaines qui, depuis six ans, malgré les menaces et les stigmatisations, ne cessent de réclamer justice. La CPI leur rend enfin ce droit. C'est une avancée formidable pour la lutte contre l'impunité en Afrique et dans le monde ", se réjouit Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des droits de l'homme, qui avait attiré l'attention de la Cour sur ce cas.

" Cette arrestation en Belgique d'un puissant Congolais soupçonné de crimes de grande ampleur est une grande avancée. Ces criminels vont comprendre qu'il devient de plus en plus difficile d'échapper à leurs juges ", confie au Soir Bruno Cathala, ancien greffier de la CPI.

Dans un communiqué, Luis Moreno Ocampo a rendu hommage aux victimes : " Celles qui ont survécu à la violence et au sida. Nous ne pouvons effacer leurs blessures. Mais nous pouvons leur rendre justice. Leurs témoignages seront autant de preuves. Elles viendront raconter leur histoire à la Cour. Elles auront ce pouvoir. "

source : l'observateur/kinshasa

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La famille de Jean-Pierre Bemba appelle à la sérénité

jpierre_BembaLa famille de l'opposant congolais Jean-Pierre Bemba, incarcéré en Belgique sur mandat de la Cour pénale internationale de La Haye, a invité les Congolais à la sérénité et confié sa foi en la justice, selon le représentant du parti de M. Bemba au Benelux.

La famille de l'ancien vice-président congolais "rassure la communauté congolaise sur les conditions de détention du sénateur et sur son très bon état de santé", indique Jean Jacques Mbungani, représentant du Mouvement de libération du Congo (MLC), dans un communiqué reçu mardi par l'agence Belga.

"Ayant foi en la justice ainsi qu'au respect de la présomption d'innocence, la famille invite les Congolais à la sérénité sur la suite des événements. Ainsi, les ennemis du peuple congolais seront confondus car la vérité finira par triompher", affirme M. Mbungani au nom de la famille de M. Bemba.

Interpellé samedi soir en région bruxelloise sur mandat de la CPI, Jean-Pierre Bemba est soupçonné de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, dont des viols et actes de torture, commis par ses hommes en Centrafrique en 2002 et 2003. Ses partisans ont appelé à des manifestations le 7 juin prochain à Kinshasa, Bruxelles (dans le quartier de Matonge) et Paris.

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Kisangani : les Fdlrs disent non au retour par la force au Rwanda, oui à la relocalisation

Militaire

La conférence sur la mise en œuvre des engagements du communiqué conjoint de Nairobi est ce mardi 27 mai 2008 à sa deuxième journée. Mais les Fdlrs posent Certains préalables en ce qui concerne leur retour au Rwanda

Lundi 26 mai 2008, les rebelles hutus rwandais du Rassemblement pour l’Unité et la Démocratie, RUD ont déclaré être prêts pour le désarmement. Mais ils souhaitent leur relocalisation dans un autre site congolais non frontalier avec le
Rwanda pour ceux qui ne sont pas encore prêts au retour. En plus, ils demandent au Gouvernement congolais et à la communauté internationale de ne pas les envoyer de force au Rwanda. Ils estiment que le régime en place à Kigali n’est pas ouvert au dialogue. Le docteur Augustin Dukuze, porte parole du RUD donne des précisions à ce sujet : « Si on désarme, il faut absolument que, d’une part, le gouvernement de la République Démocratique du Congo n’envoie pas les gens désarmés par force au Rwanda. On n’est pas contre que les gens rentrent au Rwanda volontairement. Il y a des personnes qui veulent rentrer, ils peuvent rentrer. Mais ce qu’on demande à la communauté internationale et à la République Démocratique du Congo, est qu’au moment où les gens vont être démobilisés, désarmés, qu’ils ne soient pas envoyés par force au Rwanda. D’autre part, ceux qu’ils veulent être relocalisés, qu’ils le soient à des endroits viables »

De leur côté, les autorités congolaises estiment qu’il n’y a pas de conditions préalables au désarmement. Ceux qui souhaitent rester au Congo doivent choisir d’aller sur un site d’hébergement. Séraphin Ngwej, ambassadeur itinérant du Chef de l’Etat donne la position du gouvernement congolais : « Non, il n’y a pas des préalables du tout. Nous disons premièrement que les groupes armés rwandais, tous, dans leur majorité, aiment leur pays. C’est généralement à partir de la brousse que certains extrémistes parce que probablement génocidaires, les prennent en otage. Mais quand ils quittent ce milieu, ils ont la possibilité de se déterminer pour rentrer sur une base volontaire. Mais ceux qui ne le pourraient pas, ou qui voudraient s’accorder un certain temps pour décider, effectivement, le gouvernement de la République Démocratique du Congo leur offre la possibilité d’être relocalisé en attendant qu’ils formulent le besoin de rentrer dans leur pays. »

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Kananga : la centrale de Katende et le sous tirage sur Inga, 2 projets retenus pour l’électrification de 2 Kasaï

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Le ministre de l’Energie a présenté lundi à Kananga ces deux projets choisis au cours de l’atelier sur l’électrification de deux Kasaï. Pour les participants à ces travaux, le communiqué final n’a pas clarifié la date du démarrage des travaux

Les fonds pour la construction de la centrale de Katende sont négociés avec les Indiens, les Chinois et les Sud Africains. Ces derniers disponibilisent 110 millions de dollars. La production estimée sera de 62 mégawatts.

Dans le communiqué final de l’atelier, l’option est levée pour le sous tirage sur la ligne Inga à partir de Tshimbulu. Une option motivée par la demande de certaines entreprises dont les besoins en électricité sont estimés à 200 mégawatts. La réalisation de ces travaux nécessite 200 millions de dollars, selon l’expertise d’une société suédoise, ABB.

Selon le ministre Salomon Banamwere, les deux projets sont complémentaires, même si l’on démarrait l’un avant l’autre. Le ministre a aussi invité la population à s’investir dans la création des micros projets d’électrification, car, pour lui, les deux Kasaï disposent de plus 300 mégawatts d’énergie.

Jean Martin Munkokole député national élu du Kasaï Oriental s’est dit embarrassé. Pour lui, l’espoir des Kasaï devrait renaître avec la date du démarrage de travaux. C’est une précision qui, selon lui, n’a pas été donnée.

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Bukavu : Joseph Kabila reçoit syndicats et autorités de l’Enseignement

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Depuis tôt ce mardi matin, le chef de l'Etat a accordé des audiences en sa résidence temporaire de La Botte, notamment aux responsables des universités et instituts supérieurs, aux syndicats des enseignants ainsi qu'aux confessions religieuses. Selon son service de protocole, le programme du chef de l'Etat prévoit également une descente dans les territoires les plus proches de la ville de Bukavu.

Selon son service de protocole, le programme du chef de l'Etat prévoit également une descente dans les territoires les plus proches de la ville de Bukavu. Pour rappel, Joseph Kabila séjourne au chef-lieu du Sud Kivu depuis lundi après-midi. Il a lancé officiellement les travaux de construction de la route Bukavu-aéroport de Kavumu, longue de plus de 30 kilomètres. Ces travaux qui prendront 10 mois, selon l'office des routes, sont exécutés par des ingénieurs chinois.

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Bukavu : arrivée de Joseph Kabila pour lancer les travaux sur la route de Kavumu

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Le président de la République Démocratique du Congo, Joseph, Kabila est arrivé à Bukavu ce lundi 26 mai. C'est à 11h50 qu'il a foulé le sol bukavien. Il a été accueilli au bas de la passerelle par le gouverneur de province Louis Léonce Muderhwa, ainsi que les notabilités de la province

La cérémonie ad hoc a été présidée par le président de la république Joseph Kabila arrivé à la place de l’indépendance aux environ de 13 heures 30. Les travaux exécutés par l’entreprise chinoise des travaux de ponts et chaussées comprendront l’asphaltage de 35 km de route et l’allongement de 500 m de la piste de l’aéroport ainsi que la modernisation de l’aérogare de Kavumu. Selon le ministre des Travaux publics et infrastructures du gouvernement central, les travaux de réhabilitation de la route et de l’aéroport se feront sur base d’un financement sino-congolais.

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RDC: M. Leterme va prendre contact avec le président Kabila

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Le conseil des ministres restreint a convenu lundi soir que le Premier ministre Yves Leterme prendrait contact rapidement avec le président congolais Joseph Kabila afin de normaliser les relations - tendues - avec la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris de très bonne source.

M. Leterme (CD&V) devrait faire rapport de ce contact avec les autorités congolaise dès le "kern" prévu mercredi matin, a-t-on ajouté de même source à l'issue d'une réunion de près de trois heures au 16 rue de la Loi. Cette réunion était organisée à la demande de plusieurs partis de la majorité gouvermentale, inquiets de la tournure de la nouvelle crise avec Kinshasa, causée, selon les autorités congolaises, par des déclarations du ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht (Open Vld), qui avait évoqué un "droit moral" de la Belgique sur son ancienne colonie. Selon un des participants, le gouvernement a reconnu le "caractère sérieux" de la crise, qui s'est traduite vendredi par le rappel en consultation de l'ambassadeur congolais en Belgique, Jean-Pierre Mutamba Tshampanga, et la fermeture de consulat de la RDC à Anvers. Dans la notification de cette décision, parvenue lundi à Bruxelles, le gouvernement congolais demande aussi la fermeture des consulats de Belgique à Lubumbashi (Katanga, sud-est) et à Bukavu (sud-Kivu, est), avec le retour "à bref délai" des diplomates qui l'occupent à l'ambassade à Kinshasa, selon une source informée. Lundi matin, M. Leterme avait annoncé son intention de procéder à une "mise à plat" et une à normalisation des relations avec la RDC, qui est, selon le gouvernement, le principal partenaire de la Coopération belge. Pour tenter de renouer le dialogue avec Kinshasa, le chef du gouvernement fédéral va donc appeler dès mardi les autorités congolaises, et M. Kabila en particulier, en lui disant notamment que "la Belgique ne souhaite pas la rupture".

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