MLC

Le week-end s’annonce chaud, en RD. Congo. François Muamba qui invite les fédérations Provinciales du Mlc à se mobiliser précise, toutefois, que chacune d’elles, a l’initiative de rassemblements. A Kinshasa, la capitale, le rendez-vous est fixé pour ce samedi. « Nous continuons à demander sa liberté provisoire. Bemba n’est pas un bandit de grand chemin. Le détenir au motif qu’il pourrait fuir n’a pas de sens », déclare-t-il, en réaction à la décision de la chambre du conseil de Bruxelles rendue hier, après-midi.
Bemba reste détenu à la prison de Saint-Gilles, dans une des agglomérations bruxelloises. Il y passera autant de jours que nécessitera la procédure de son extradition. Selon les estimations les plus optimistes du parquet fédéral belge, il en a pour un à deux mois. La procédure est longue et complexe. Elle est entourée de multiples préalables. D’abord, pour qu’elle soit vidée, la CPI doit transmettre à la justice belge le mandat d’arrêt définitif. Le premier mandat émis le 23 mai dernier, n’aura servi qu’à son arrestation. Une fois cette étape achevée, la justice belge statuera de nouveau pour lever la dernière option en vue de son extradition à la Haye, au Pays-Bas, siège de la Cour Pénale Internationale.
La chambre du conseil de Bruxelles, juridiction devant laquelle Jean-Pierre Bemba Gombo a comparu hier, dans la matinée, a, après délibérations, rejeté sa demande de liberté provisoire. La décision est intervenue à l’issue d’une audience qui s’est déroulée à huis clos.
Les efforts de la défense
Les avocats de Bemba se sont divisés en mille morceaux pour démontrer des irrégularités dans la procédure. Lors du premier interrogatoire, par exemple, ils ont relevé que M. Bemba n’avait pas été assisté par un avocat. Ils ont expliqué, par ailleurs, que Bemba avait des attaches solides en Belgique si bien qu’il fallait écarter toute hypothèse de fuite. Il a une maison à Bruxelles et ses enfants étudient en Belgique. Là aussi, la Chambre est restée sceptique.
Et après ?
Pour la suite, ils promettent de poursuivre la procédure. Me Kilolo Musamba, l’un de ses avocats, a laissé entendre que ce n’est qu’une partie remise. Il a avancé l’idée de rechercher cette liberté provisoire moyennant quelques garanties. Dans ce cadre, le paiement d’une caution n’est pas exclu, pour atteindre cet objectif. Normalement, cette chambre du Conseil de Bruxelles est limitée dans son entreprise. Sa mission, à cette phase, est de vérifier la conformité de la procédure. Le fond de l’affaire relève plutôt du ressort exclusif de la Cour Pénale Internationale. Pour Me Kilolo, Bemba aurait dû être entendu sans subir la privation de liberté. « Il se dit prêt à donner des éléments nouveaux au Procureur de la CPI », sur ce dossier. Mais les avocats ne sont pas au bout de l’imagination. Ils disposent également d’une ultime issue ; celle d’interjeter un appel pour faire casser cette décision. Le droit belge permet
au parquet fédéral d’user, à son tour, du même droit. Un fait à signaler. Hier, la police belge postée au palais de justice de Bruxelles, n’a pas laissé entrer les fidèles de Bemba au sous-sol où est située la salle d’audience. Ils ne l’ont pas même pas vu.
François Muamba mobilise les fédérations du Mlc
C’est une réaction musclée. François Muamba Tshishimbi, le Secrétaire Général, a encore foi en l’avenir de Bemba. Il râle et promet des manifestations. Déjà, il mobilise toutes les fédérations du parti à travers le pays. A Kinshasa, le rendez-vous est fixé pour ce samedi 31 mai. A l’Equateur, José Makila, craignant d’éventuels dérapages, interdit les marches de soutien. Il reste qu’ailleurs, ce mot d’ordre soit entendu. Le week-end s’annonce, en effet, chaud, voire très chaud. La décision de la chambre du conseil de Bruxelles servira de prétexte à tout.
Les cadres dirigeants du Mlc devraient veiller à ce que les manifestations annoncées ne les éclaboussent pas davantage. Il s’agit là, d’un nouveau pari pour le parti de JP Bemba. L’épreuve est âpre. Autant qu’elle ressuscite le spectre d’une guerre de succession au sein du parti, autant qu’elle extériorise ses capacités mobilisatrices, en cette période douloureuse. Les responsabilités des uns et autres, dans les faits reprochés à Bemba, seront-elles oubliées ou partagées ? Luis Moreno-Ocampo a ouvert, décidément, une boite à pandore. Le mandat contre Bemba n’est, apparemment, qu’un petit arbre qui cache la forêt.